Grâce aux plateformes scolaires, favoriser le développement dans l'ouest de la RCA
Un investissement pluriannuel et multisectoriel a apporté des changements durables pour les enfants qui se remettent du conflit.
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« Ce que je veux pour la Centrafrique, c’est l’élever tout en haut en construisant beaucoup d’écoles ». Diana a seulement 11 ans et ses mots révèlent l’espoir qui habite la jeunesse du quartier Difolo à Berberati à l’Ouest de la République centrafricaine, dans la région de l’Equateur.
Il y a quelques années, à seulement quelques encablures de la petite maison où elle vit avec sa mère, ses frères et ses sœurs, deux vastes bâtiments blanc et bleu sont sortis de terre pour accueillir 2 500 élèves, du préscolaire au CM2.
Chaque salle de classe a été équipée de bancs, de tableaux noirs et de chaises. En parallèle, les enseignants ont participé à des formations pour offrir aux élèves une formation complète, de qualité. Les élèves, eux, ont reçu des kits scolaires, incluant un cartable, des cahiers, des stylos et toutes les fournitures nécessaires à leur instruction.
Désormais, toutes les conditions sont réunies pour que les enfants, Diana et ses camarades, étudient dans les meilleures dispositions. Avant, ils devaient parcourir plusieurs kilomètres pour atteindre des classes surpeuplées.
« Désormais les élèves viennent massivement à l’école, auparavant ils vadrouillaient dans le quartier. nous confie Béatrice Sonia-Kallo, la directrice de l’école Difolo 1. Cette année, Les parents ont tout fait pour ramener tous les enfants à l’école. Je suis tellement ravie car le lieu des enfants, c'est au niveau des écoles ».
Depuis plus de vingt ans, en Centrafrique, les services sociaux de base se détériorent suite à une succession de crises politico-militaires. Elles entraînent des mouvements de population importants. Par conséquent, dans la région de l’Équateur, la démographie a explosé exerçant une pression supplémentaire sur des infrastructures déjà fragilisées.
Malgré un contexte toujours instable, l’UNICEF, appuyé par le gouvernement allemand via le BmZ et par l’intermédiaire de la Banque de développement KfW est intervenu.
Depuis fin 2018, un ambitieux programme a permis la construction de 234 salles de classe, la formation de 716 enseignants et la distribution de 54 000 kits scolaires, faisant de l’école le cœur d’un développement durable. L’approche de ce programme est multisectorielle, intégrée. En intervenant dans le domaine de l’éducation, on opère aussi dans les secteurs de la nutrition, de l’eau et l’assainissement, tout en impliquant la communauté tout entière. Ainsi, c’est tout l’environnement de l’enfant qui est abordé pour lui permettre d’améliorer ses conditions d’émancipation.
« Je suis tellement contente que les enfants reviennent à l’école. Je suis fière. C’est leur lieu et désormais c’est à nous de prendre nos dispositions pour bien protéger cette maison », ajoute Béatrice, soulagée.
Justement, pour maintenir en état l’espace scolaire, la Directrice peut compter sur le soutien de la communauté. Portés par leur optimisme, les parents d’élèves se mobilisent en effet au sein de la plate-forme Kundukwa dont l’objectif est de préserver et de développer les infrastructures scolaires, comme l’explique Papsy Mamadou-Sah, animateur de l’association à Berberati : Nous faisons la sensibilisation, la mobilisation communautaire et au sein de l’école, on fait le nettoyage, on lave les salles de classe et les latrines. Tout ça, là, c'est pour œuvrer pour le développement de notre pays. C'est l'école qui peut vraiment éclairer la pensée pour garantir de connaître les règles de la société et d’être un bon citoyen. Donc c'est pour cela que c'est l'école seule qui peut vraiment garantir la paix dans notre pays ». Ainsi, à Difolo, c’est un nouvel élan qui anime les populations depuis que le programme intégré a démarré voilà 7 ans. Cinq autres départements de la région sont également concernés, ne laissant ainsi personne de côté, même dans les zones les plus reculées.
Ndengueli
Au bout d’une tumultueuse route en terre, entre Berberati et Nola, à la lisière de la réserve de gorilles de Dzanga-Sangha se trouve un village isolé où vivent des populations autochtones. Là, une école flambant neuve a remplacé un hangar en bois délabré : « Ici, les conditions de formation étaient déplorables, il y a un an nous avions recensé 33 élèves, aujourd’hui, on en dénombre 444, c’est 13 fois plus ! Donc construire des bâtiments scolaires crée un appel d’air et encourage les parents à mettre leurs enfants à l’école », réagit Alain-Didier Rama-Bessin, responsable par intérim de l’UNICEF dans la région Équateur.
De plus, à Ndengueli, comme dans toutes les écoles construites ou rénovées dans le cadre du programme intégré, l’UNICEF et le gouvernement allemand ont mis un point d’honneur à installer des points d’eau et des latrines individuelles améliorées, accompagnés de séances de sensibilisation. Ils permettent à l’ensemble des élèves d’évoluer dans des conditions d’hygiène dignes, en particulier les jeunes filles qui pouvaient manquer jusqu’à une semaine de cours lors des périodes menstruelles, « les adolescentes ne manquent plus un jour d’école, c’est un impact très très positif du programme » constate Alain-Didier.
L’eau et l’assainissement fait partie intégrante du programme mis en place par l’UNICEF et le gouvernement allemand. Ce volet est l’une des trois composantes d’une intervention globale qui inclut aussi l’éducation et la nutrition. Autour de l’école, s’est donc greffé un approvisionnement en eau qui dépasse le cadre scolaire. Au total, dans les trois départements, 339 forages et des centaines de mini système d’adduction en eau ont été construits ou réhabilités pour permettre à 130 000 personnes d’avoir accès à une ressource vitale, en qualité et en quantité suffisante : « Aujourd'hui, l'accès à l'eau potable par ces communautés est devenu une réalité. Nous avons mis l’accent sur les enfants pour diminuer les maladies liées à la mauvaise qualité de l’eau, comme les maladies diarrhéiques mais cela profite aussi à toute la communauté. Le taux d'accès à l'eau potable est passé de 30 à 37 % » nous confie Serge Mesmin Feïgoudozoui, Directeur Régionale des Ressources Hydrauliques.
Au bout d’une tumultueuse route en terre, entre Berberati et Nola, à la lisière de la réserve de gorilles de Dzanga-Sangha se trouve un village isolé où vivent des populations autochtones. Là, une école flambant neuve a remplacé un hangar en bois délabré : « Ici, les conditions de formation étaient déplorables, il y a un an nous avions recensé 33 élèves, aujourd’hui, on en dénombre 444, c’est 13 fois plus ! Donc construire des bâtiments scolaires crée un appel d’air et encourage les parents à mettre leurs enfants à l’école », réagit Alain-Didier Rama-Bessin, responsable par intérim de l’UNICEF dans la région Équateur.
De plus, à Ndengueli, comme dans toutes les écoles construites ou rénovées dans le cadre du programme intégré, l’UNICEF et le gouvernement allemand ont mis un point d’honneur à installer des points d’eau et des latrines individuelles améliorées, accompagnés de séances de sensibilisation. Ils permettent à l’ensemble des élèves d’évoluer dans des conditions d’hygiène dignes, en particulier les jeunes filles qui pouvaient manquer jusqu’à une semaine de cours lors des périodes menstruelles, « les adolescentes ne manquent plus un jour d’école, c’est un impact très très positif du programme » constate Alain-Didier.
L’eau et l’assainissement fait partie intégrante du programme mis en place par l’UNICEF et le gouvernement allemand. Ce volet est l’une des trois composantes d’une intervention globale qui inclut aussi l’éducation et la nutrition. Autour de l’école, s’est donc greffé un approvisionnement en eau qui dépasse le cadre scolaire. Au total, dans les trois départements, 339 forages et des centaines de mini système d’adduction en eau ont été construits ou réhabilités pour permettre à 130 000 personnes d’avoir accès à une ressource vitale, en qualité et en quantité suffisante : « Aujourd'hui, l'accès à l'eau potable par ces communautés est devenu une réalité. Nous avons mis l’accent sur les enfants pour diminuer les maladies liées à la mauvaise qualité de l’eau, comme les maladies diarrhéiques mais cela profite aussi à toute la communauté. Le taux d'accès à l'eau potable est passé de 30 à 37 % » nous confie Serge Mesmin Feïgoudozoui, Directeur Régionale des Ressources Hydrauliques.
Au sein des centres de santé, le programme intégré mené par l’UNICEF et le gouvernement allemand, a ajouté, au démarrage de sa phase 2 en 2021 une dimension nutrition.
En effet, les conditions sécuritaires, aggravées par le changement climatique ont favorisé l’augmentation des cas de malnutrition des enfants de moins de 5 ans dans le pays. Fidèle à son mandat, l’UNICEF intervient tant dans la prévention par le biais de sensibilisations et de démonstrations culinaires que dans la détection et la prise en charge des enfants malnutris. Grâce aux efforts des familles et des personnels soignants, la situation nutritionnelle s’est donc grandement améliorée. Pour le Dr Clotaire Balafoundi, Médecin Chef du District sanitaire de Sangha-Mbaéré, « ce projet a eu un impact positif sur les enfants. Aujourd'hui, 82 % sont guéris et sont en bonne santé. Et donc ça, c'est déjà quelque chose qui me permet de pouvoir croire effectivement que d'ici cinq dix, quinze, 20 ans, si on continue comme ça avec l’appui du gouvernement et des partenaires, on aura un avenir meilleur ».
La participation de l’ensemble des parties prenantes est l’une des clés de la réussite de ce programme. L’implication et la bonne coordination des responsables, des communautés et des partenaires humanitaires rendent ce programme durable.
Déjà, aujourd’hui, après plusieurs années, les résultats impressionnent. L’approche intégrée a permis un changement holistique que ce soit à l’échelle régionale qu’sà l’échelle individuelle.
A Balembé, près de Bouar, dans le département de Nana-Mambéré, l’approche intégrée a bouleversé le quotidien d’Antoinette, mère de cinq enfants : « Avant dans le village, il n’y avait pas d’eau. Nous allions dans la brousse avec un bidon de 20 litres pour en trouver. L’eau aussi était de mauvaise qualité et provoquait des maladies diarrhéiques. Tout cela entraînait beaucoup de fatigue. L’école était à deux kilomètres, et cela démotivait les enfants. Aussi, il n’y avait pas d’hôpital, on ne pouvait pas se soigner. Aujourd’hui, c’est différent. Il y a un centre de santé, une école et de l’eau juste à côté. Nos vies ont complètement changé. Mes enfants eux ont la chance d’avoir une école à proximité. Dans le futur, ils pourront m’aider et avoir un métier. Tout a changé. Je sais que notre avenir désormais sera meilleur, car ce projet a vraiment tout changé. »