Construire son futur, un manuel à la fois

Une approche intégrée entre l’éducation et l’eau, l’assainissement et l’hygiène.

Giovanni Zambello
Djamila-Line, 15 ans, avec son nouveau sac à dos scolaire
UNICEF CAR 2020 Sonlo
21 janvier 2021

Djamila-Line est une jeune fille centrafricaine de 15 ans qui rêve de devenir enseignante.

« Eduquer mes élèves, et les aider à devenir enseignants, docteurs et sages-femmes afin de s’occuper de leurs familles, est une noble mission » dit-elle.

Ce rêve fait maintenant un pas de plus vers la réalité : Djamila-Line bénéficie aujourd’hui de meilleures conditions d’étude et de vie grâce à l’appui de l’UNICEF. Elle affiche fièrement le cartable qu'elle a reçu, et qui contient des cahiers, des bics et des crayons.

Djamila-Line raconte qu'avant le début du projet dans sa ville natale de Bouar, une ville à 452 km au nord-ouest de la capitale centrafricaine Bangui, sa famille devait payer beaucoup de frais pour qu’elle et ses cinq frères et sœurs puissent aller à l'école et recevoir une éducation.

Beaucoup de ces dépenses ont maintenant été réduites.

Daniel Gobende, directeur de l'école fréquentée par Djamila, explique comment l’apport en matériels scolaires et didactiques concourent à la hausse du taux de fréquentation scolaire et au maintien des enfants à l’école. 

« Depuis que ce projet a démarré, le taux de fréquentation scolaire des élèves a augmenté, car ces derniers sont encouragés par les kits scolaires » dit Monsieur Gobende.

Il remarque également que le maintien des élèves à l'école et que le taux d’abandon et de grossesses précoces ont chuté.

Grâce à une approche intégrée entre l’éducation, l’eau, l’assainissement et l’hygiène, le projet a également amélioré la vie d’enfants et adolescents comme Djamila-Line, qui ont maintenant accès à l’eau potable directement à l’école et ne sont donc plus obligés de faire des kilomètres pour aller puiser de l’eau à la source. 


Pour Djamila-Line, dont l'école est située à 500 mètres de chez elle, cela signifie également moins de risques d'agression sur le chemin. Désormais, Djamila-Line peut se consacrer plus sereinement à ce qu'elle aime le plus : apprendre.

kenel devant le point d eau UNICEF_KfW a bouar
UNICEF CAR 2020 Sonlo

Kenel, 13 ans, natif du quartier Haoussa dans la ville de Bouar, fréquente une école située à quelques mètres de chez lui. Son rêve est de devenir un cadre de bureau, de former un foyer et de gagner l’argent pour subvenir aux besoins de sa famille. 

Il se souvient qu’auparavant sa famille était quelques fois incapable de supporter les frais de ses fournitures scolaires et celles de ses frères et sœurs, et en même temps de payer leur assurance.

« L’UNICEF nous donne gratuitement les fournitures. Et cela permet à nos parents de verser nos assurances scolaires » dit Kenel

Nelly-Mirabelle Sado, directrice de l'école et tutrice de Kenel
UNICEF CAR 2020 Sonlo

Nelly-Mirabelle Sado, directrice de l'école et tutrice de Kenel, raconte davantage comment auparavant, il y avait beaucoup de cas d’absentéisme et déperdition scolaire.

"Depuis ce programme, les élèves sont maintenus à l’école, surtout les filles. Il y a plus d’inscription de nouveaux élèves à l’école Haoussa à cause des nouveaux bâtiments". dit-elle

Dès qu’un point d’eau a été installé à l’école, la vie a changé non seulement pour les élèves, les enseignants, et les directeurs, mais également pour toute la communauté vivant à proximité de leur école, qui ont désormais un accès plus facile à l’eau potable.

« Cela nous évite des parasites, car l’eau est saine et propre alors qu’auparavant on devait aller puiser de l’eau au quartier ou à la source, très loin de l’école » dit Kenel

L’accès à l’eau a un impact positif à la fois sur la santé, en réduisant les maladies diarrhéiques liées à l’eau malsaine et sur l'apprentissage des élèves en réduisant les retards en classe, et permettant une augmentation du volume horaire des apprentissages.

« Pendant la récréation, ils restent dans la cour de l’école pour boire de l’eau, s’ils ont soif. Cela leurs évite des risques d’accidents et les rentrées tardives en classe des élèves post recréation. Aussi, les femmes qui préparent dans le cadre des cantines scolaires utilisent cette eau qui est proche, propre et saine », conclut Mme Sado.