Après un mois de traitement, Osias est guéri de malnutrition aigüe sévère compliquée de tuberculose

L'UNICEF appuie la prévention et le traitement de la malnutrition aigüe sévère en République centrafricaine.

Naïm-Kaélin Zamane
Enfant souffrant de malnutrition aigüe sévère
UNICEFCAR/2018/Njiokiktjien
16 avril 2019

Lorsque Osias arrive à l’Unité Nutritionnelle du centre de santé de Bégoua, dans la banlieue de la capitale centrafricaine, à la mi-mai, il est très affaibli et respire à peine. Très amaigri, le ventre et les membres gonflés par les œdèmes, l’enfant de quatre ans a du mal à respirer. Il pèse à peine 5 kg.

Les examens pratiqués par les agents de santé sont sans appel : le petit garçon souffre de malnutrition aigüe sévère compliquée de tuberculose.

Lutter contre la malnutrition aigüe sévère
UNICEFCAR/2018/Njiokiktjien

Sa mère, Clara Kenga, raconte : 

«Un jour , mon enfant a cessé de manger. Ses cheveux sont devenus gris et son ventre et ses membres ont gonflé. Je l’ai amené à l’hôpital et il a été hospitalisé. Deux fois de suite, il a été hospitalisé. Mais à chaque fois que je le ramène à la maison, il retombe dans la malnutrition».

La vie n’est pas facile pour la famille, raconte Clara. Pendant la crise, mon mari a été tué par des hommes armés. A l’époque, je vivais à Yaloké, à plus de 225 km de Bangui.

«J’ai décidé de descendre à Bangui, où je n’ai aucun soutien. La vie est difficile. Même trouver à manger, c’est un problème».

C’est sans doute cette précarité qui explique que le suivi de l’enfant à la maison soit difficile.

Les enfants souffrant de malnutrition
UNICEFCAR/2018/Njiokiktjien

Clara, qui allaite sa dernière fille âgée de moins d’un an, a du mal à veiller à ce que le petit Osias prenne bien ses rations et ses médicaments.

Cette troisième hospitalisation, pourtant, va rapidement porter ses fruits. Osias , commence à boire le lait thérapeutique puis, après quelques jours, il est suffisamment solide pour commencer à consommer du plumpy-nut, une pâte à base d’arachide qui guérit les enfants malnutris.

Le 28 juin 2018, la période critique est dépassée.

Selon la Major de l’UNT, Esther Lydie Gobo,

«Osias a dépassé largement son poids cible qui est de 10 Kg».

Sa mère ne cache pas son soulagement :

«La situation de Osias avait tout bloqué dans ma vie. Je ne pouvais rien faire que de rester à côté de lui. Mais aujourd’hui, je vais reprendre mes activités. Je suis soulagée parce qu’Osias est guéri de sa maladie».

Les enfants peuvent guérir de malnutrition
UNICEFCAR/2018/Zamane

Aujourd’hui, la mère de Osias rêve d’un avenir radieux pour son enfant :

«Mon vœu est qu’un jour, mon enfant devienne médecin et prenne soin des autres enfants. Je prierai Dieu pour que cela se réalise».

Pour Esther Lydie Gobo,

«Osias fait partie des centaines d’enfants que nous avons traité ici. Depuis janvier 2018, avec l’appui de l’UNICEF, nous en avons traité plus de 200 qui sont tous guéris. Si les parents suivent bien nos consignes et respectent les rendez-vous médicaux, leurs enfants guérissent».

Pour chaque enfant, la santé!
UNICEFCAR/2018/Zamane

En République centrafricaine, plus de 2 enfants sur 5 souffrent de malnutrition chronique (41%) connu sous le nom de retard de croissance. Et 6,6% souffrent de malnutrition aigüe.

Pour y remédier, l’UNICEF fournit des produits de nutrition, des médicaments essentiels et des équipements anthropométriques. L’UNICEF forme aussi les agents de santé pour mieux intégrer et améliorer la qualité de la prise en charge de la malnutrition aigüe ainsi que pour renforcer la capacité de prévention de la malnutrition au niveau communautaire.

D’après la Major de l’UNT de Bégoua, Osias pourra sortir de l’hôpital avant mi-juillet 2018. Car il suit encore le traitement contre la tuberculose.