Education en situation d'urgence

Même sous le feu des armes, l’UNICEF contribue à l’accès à l’éducation des enfants.

Pour chaque enfant, l'éducation!
UNICEFCAR/2017/Sokhin

Quels sont les enjeux?

Les combats de ces dernières années et les déplacements de population qui en ont résulté ont considérablement déstabilisé un système éducatif déjà affaibli.

Le secteur de l’Education a payé un lourd tribut à la crise.

En février 2018, six acteurs engagés dans la formation des enseignants en éducation en urgence, parmi lesquels un consultant de l’UNICEF, ont été assassinés.

Cet incident meurtrier près de Markounda est l’une des 338 attaques contre les établissements scolaires et le personnel de l’éducation ainsi que des acteurs humanitaires recensées en. 340 cas d’écoles fermées ont été recensés, soit directement à cause de la violence, soit parce que nombre d’enseignants ne rejoignent pas leur poste d’affectation : ils ont peur de l’insécurité, et ils ne parviennent pas à toucher leurs salaires fautes de structures bancaires en dehors de la capitale. L’essentiel des enseignements est alors confié aux maîtres parents, choisis au sein de la communauté et qui n’ont ni le niveau d’études ni les compétences pédagogiques requises par le Ministère de l’Education.

Plus récemment, l’éducation a été prise pour cible par les belligérants dans plusieurs sites de déplacés (octobre 2018 à Batangafo, novembre 2018 à Alindao).

Les Espaces Temporaires d’Apprentissage et de Protection des Enfants (ETAPEs), qui sont des structures d’urgence permettant aux enfants déplacés d’avoir accès à l’éducation, ont été incendiés et saccagés.

Fin 2018, on estimait que les conflits avaient entrainé le déplacement de 280 000 enfants de 3 à 18 ans ; plus de 60% d’entre eux ont dû abandonner leur scolarité. Pour ces enfants en rupture scolaire le risque d’être recrutés par des groupes armés, de se livrer à des activités criminelles ou d’être soumis au travail forcé est très élevé. Les filles courent aussi des risques de violences sexuelles, de mariage précoce et de grossesse pendant leur adolescence.

Nos actions en faveur de l'éducation des enfants dans les situations d'urgence

Par le biais des ETAPEs, l’UNICEF subvient aux besoins de scolarisation, de prise en charge et de protection des enfants, pendant et après les épisodes de violence.

L’UNICEF appuie l’Unité d’urgence que le Ministère de l’Education a mise en place pour coordonner les interventions de l’éducation en urgence. Avec ses partenaires, l’UNICEF renforce les capacités des acteurs au niveau décentralisé pour qu’ils prennent en main la réponse à l’urgence.

Fin 2018, plus de 88 000 enfants étaient touchés par ces interventions qui n’ont pas vocation à s’éterniser dans le paysage scolaire. Toutefois, l’UNICEF devra se rassurer que l’école ait la capacité de les accueillir, dans un environnement protecteur avec des enseignants formés pour répondre aux besoins d’apprentissage.

L’appui de l’UNICEF a permis l’établissement de 296 de ces espaces d’apprentissage temporaires en 2018 et a soutenu la formation de milliers d’enseignants communautaires en pédagogie de base et appui psychosocial.

L’organisation a également établi des programmes de rattrapage pour les enfants qui ont manqué l’école depuis 2014, année au cours de laquelle plus de 65% des établissements scolaires du pays étaient fermés ou ne fonctionnaient pas à cause des combats.