Le dialogue communautaire pour un changement de comportement efficace

La première parade contre la transmission communautaire de la Covid-19, c'est l'hygiène

Jean-Gabriel Uwamahoro
Women helps a child wash his hands
UNICEF/2022/Uwamahora
31 mars 2022

Bujumbura, Burundi - Buterere est l'une des zones de Bujumbura-Mairie qui enregistre un nombre élevé de cas de maladies liées au manque d’hygiène. Sous l'impulsion de l'UNICEF, des habitants de Buterere se sont organisés en une centaine de groupes de solidarité pour mener des dialogues communautaires sur la prévention de ces maladies.  

Francine, une habitante de Buterere de 42 ans et mère de quatre enfants, est membre de l'un de ces groupes. Une ou deux fois par semaine, elle sillonne les rues de son quartier pour sensibiliser la population aux bonnes pratiques de prévention de la Covid-19.

« Quand je sors de chez moi, souvent une foule d’enfants m’attend au pas de la porte. Ils souhaitent que je leur fasse écouter les messages de bonnes pratiques d’hygiène - et ils écoutent attentivement ! », raconte joyeusement Francine. 

A travers ce projet soutenu par l’UNICEF avec l’appui du Gouvernement du Japon, chacun des 2.500 membres de groupes de solidarité a reçu un kit d'hygiène, un poste de radio ainsi qu'une clé USB contenant un guide de bonnes pratiques d’hygiène.  

Ce kit est complété par des serviettes hygiéniques réutilisables pour les ménages comprenant des femmes et des adolescentes. 

« Je suis cultivatrice, j’ai peu de revenus », explique Francine. « Je gagne entre 1.500 et 2.000 BIF par jour [soit $0,75 à $1 dollar]. »

« Normallement, il me faudrait dépenser 6.000 BIF [$3 dollars] chaque mois pour l’achat de serviettes hygiéniques pour ma fille de 17 ans et moi-même. Ce qui est impossible avec mes maigres revenus. Ainsi, en période de menstruations, ma fille était contrainte de s’absenter de l’école pendant plusieurs jours. »

« Mais grâce à ce don, elle a reçu des serviettes hygiéniques qu'elle pourra réutiliser pendant au moins deux ans », se réjouit Francine.

Mother and children pose for a photograph in front of a house
UNICEFBurundi/2022/Uwamahoro

Aline, 36 ans et mère de 10 enfants, est une autre membre d'un groupe de solidarité à Buterere. Deux à trois fois par semaine, elle reçoit la visite du chef de groupe pour discuter de la situation sanitaire et hygiénique de sa localité.

Ensemble, les membres de groupe de solidarité identifient des problèmes liés au manque d’hygiène et proposent des solutions.

« Les séances de dialogues communautaires ont changé ma vie », dit Aline. « Mes enfants et moi-même souffrions beaucoup du paludisme à caude de flaques d'eau stagnante autour de la maison, qui facilitent la multiplication des moustiques. »

« Mais grâce aux conseils que j’ai reçus lors d'échanges avec d'autres membres, je nettoie chaque jour la maison et ses alentours. Depuis mes enfants se portent bien », raconte Aline. 

En plus de sa famille, Aline partage une seule latrine avec ses voisins. « C’est très difficile de contrôler l’usage d’une seule latrine par plus de vingt personnes. Grâce aux dialogues communautaires entre nous tous, les latrines sont bien entretenues », explique Aline.  

En tant que membre d'un goupe de solidarité, Aline a reçu des bons d’achat pour se procurer un kit d’hygiène à base de seaux, des bidons, de réservoirs pour conserver l’eau et des serviettes hygiéniques. Ceci a permis à Aline de faire un stock d’eau et de bien conserver l’eau potable pour toute la famille. Aves les bidons de 5 litres, ils disposent d'eau en suffisance pour le lavage des mains au savon.  

Pendant la saison sèche, des cas de choléra pouvaient se déclarer dans la communauté. Mais depuis que ces cadres de dialogues ont été créés, Aline affirme qu’aucun cas de choléra ni même de Covid-19 n’a été signalé. Ceci renforce sa volonté de continuer à promouvoir et respecter les mesures d’hygiène.  

Les informations échangées entre membres des groupes ont atteint plus de 49.000 personnes. Les communautés bénéficiaires ont ainsi pu adopter les gestes barrières afin de réduire la propagation de la Covid-19 et d'autres maladies liées au manque d’hygiène, telles que le choléra.