Pauline et Laurentine : une équipe de choc contre la maladie COVID-19

"La maladie fait rage et nous devons y faire face. La sensibilisation est le meilleur moyen.

Claude Tarpilga
Pauline et Laurentine visitent un ménage à Toukin, un quartier situé dans le secteur 19 à la périphérie de la ville de Ouagadougou.
Pauline et Laurentine visitent un ménage à Toukin, un quartier situé dans le secteur 19 à la périphérie de la ville de Ouagadougou.
01 mars 2021

Pauline et Laurentine sont au travail ce matin-là. Munis de masques, de gel hydroalcoolique et de fiches de sensibilisation, ils se précipitent dans les compounds de Toukin, un quartier situé dans le secteur 19 à la périphérie de la ville de Ouagadougou. Ils vont de foyer en foyer pour sensibiliser les populations aux mesures de prévention contre le COVID-19. "La maladie fait rage et nous devons y faire face. La sensibilisation est le meilleur moyen. Nous ne devons pas baisser la garde", dit Pauline.

Ces dernières semaines, le district de Toukin a connu d'intenses activités de sensibilisation. Le Centre d'éducation et de réinsertion sociale des enfants (CERESSE), soutenu par l'UNICEF, et les responsables communautaires locaux mènent des activités de sensibilisation sur le COVID-19. "Les gens baissent leur garde. Les mesures de barrières ne sont plus observées alors que le virus continue de circuler", prévient Zaidi Compaoré, responsable du CERESSE.

En effet, depuis mars 2020, date à laquelle des mesures ont été prises par le gouvernement pour limiter la propagation de la maladie, on observe l'absence de distanciation physique, le non-respect du port de masque et d'autres comportements à risque. C'est pourquoi Pauline et Laurentine, conscientes de la situation, ne ménagent pas leurs efforts pour rappeler et insister sur le respect des mesures de prévention du COVID-19. La cohabitation communautaire et la promiscuité qui caractérisent les quartiers périurbains comme celui-là sont très préoccupantes pour la propagation de la maladie qui reste incurable.

Pauline et Laurentine travaillent de 8 heures du matin à 2 heures de l'après-midi. Ils font du porte-à-porte pour montrer comment se laver les mains au savon et comment utiliser le gel hydroalcoolique et expliquent l'importance du port du masque et de la distance physique. Certains ménages prennent le temps de poser des questions et d'obtenir des précisions sur les modes de transmission de la maladie et les gestes à observer. "Nous pouvons atteindre 20 ménages par jour, ce qui est une fête car la sensibilisation prend parfois plus de temps dans certains ménages dit Pauline.

Selon M. Zaidi, responsable du CERESSE, l'approche communautaire impliquant les chefs traditionnels et religieux est un moyen efficace de faire passer le message et de lutter contre les rumeurs et la désinformation. En fait, depuis le lancement des activités de communication, des chefs locaux, des fonctionnaires municipaux et des agents de santé se sont portés volontaires pour participer aux activités de sensibilisation. "En tant que chef traditionnel, j'appelle toujours les habitants de mon district à respecter les mesures de la barrière COVID-19 chaque fois que j'en ai l'occasion. Un bon chef doit veiller à la santé de sa population" déclare Sa Majesté Naaba Taoré, chef traditionnel du district de Toukin.

Pauline et Laurentine sont bien connues à Toukin, elles partagent la même langue et les mêmes réalités culturelles. C'est un atout car elles inspirent confiance aux familles. Ainsi, les discussions de porte-à-porte deviennent plus personnelles et facilitent donc la transmission du message, surtout à une époque où les rumeurs qui circulent sur les médias sociaux nient l'existence du COVID-19 et le relèguent comme une maladie de riches. "On nous pose toutes sortes de questions, même celles auxquelles on ne s'attend pas. Et parfois, on se demande où ils trouvent leurs informations. Mais nous sommes réconfortés de savoir que nos messages ont été bien compris quand nous voyons des dispositifs de lavage des mains dans certains foyers et des personnes portant leur masque", confie Laurentine.

Grâce aux fonds de l'USAID et du CERF, le CERESSE, avec l'appui technique de l'UNICEF, a formé 850 volontaires engagés dans des activités de sensibilisation à la prévention du COVID-19 dans les zones affectées par l'aide humanitaire (Est, Nord), dont 300 personnes dans les districts de Nagrin et Toukin, tous deux situés dans la zone périurbaine de Ouagadougou. Grâce à ce projet, environ 550 000 personnes ont été sensibilisées.