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L’investissement porte ses fruits : le parcours de Judith

Au Burkina Faso, des filles vulnérables poursuivent leurs études jusqu’à l’université, grâce à l’appui de l’UNICEF et de la L’Occitane Foundation

Yeri Audrey Kambire
L’investissement porte ses fruits : le parcours de Judith
UNICEF/2025/Zongo
20 octobre 2025

Dans son village de Sabou, à quelques kilomètres de Koudougou, Judith Nikiéma n’avait qu’un rêve : aller à l’école. Aujourd’hui, à 19 ans, elle est la première d’une fratrie de ses sept frères et sœurs à décrocher le baccalauréat et à entrer à l’université. Une immense fierté, mais surtout une victoire rendue possible grâce à un appui constant et déterminant.

« Le soutien a commencé en classe de 6e, en 2018, jusqu’à la terminale en 2024. Ce que mes parents n’étaient pas en mesure de m’offrir, je l’ai trouvé au centre Béthel. Grâce à l’appui de l’UNICEF, je suis à un niveau que je n’imaginais même pas atteindre. Si j’étais restée au village, ma vie aurait été toute autre », confie Judith avec émotion.

Judith partage un moment de travail avec une camarade à la bibliothèque.
UNICEF/2025/Kambiré Judith partage un moment de travail avec une camarade à la bibliothèque.

Orpheline de père depuis la classe de CM1, Judith savait que son avenir scolaire était compromis. Après avoir brillamment obtenu son Certificat d’études primaires, elle a été orientée vers un collège dans son village. Mais quelques jours plus tard, elle apprend qu’elle fait partie des bénéficiaires du Centre d’accueil et de formation féminine Béthel à Koudougou, grâce à un programme de parrainage soutenu par l’UNICEF.

« J’étais tellement contente ! Depuis mon village, je n’avais jamais imaginé avoir l’opportunité d’étudier en ville. Le soutien que je recevais au centre allait bien au-delà de mes attentes», ajoute-t-elle.

Judith a accès aux ouvrages de la bibliothèque universitaire et peut approfondir ses cours magistraux.
UNICEF/2025/Kambiré Judith a accès aux ouvrages de la bibliothèque universitaire et peut approfondir ses cours magistraux.
Un programme qui change des vies

Aujourd’hui, Judith est en première année en Mathématiques, Physique et Informatique à l’université Nazi Boni de Bobo-Dioulasso. Son rêve est de devenir une technicienne supérieure des statistiques. Elle s’en donne les moyens, motivée, concentrée, et consciente que sa réussite est aussi celle de tous ceux qui l’ont soutenue.

Faute de moyens ou à cause du contexte social, économique et sécuritaire, de nombreuses jeunes filles sont contraintes d’interrompre leur éducation après l’école primaire. Beaucoup sont victimes de mariages précoces, de grossesses non désirées ou d’abus.

Avec l’appui de la L’Occitane Foundation, les ministères de l’Éducation nationale (MENAPLN) et de l’Action humanitaire et l’UNICEF ont mis en place un programme d’accompagnement de l’éducation des filles vulnérables dans les quatre provinces Boulkiemdé, Sanguié, Ziro, Sissili, de la région du Centre-Ouest.

Au total, 1450 filles ont bénéficié du programme ces huit dernières années. De 2017 à 2021, une première cohorte de 450 filles a été soutenue pour la transition vers le post-primaire et de 2021 à 2025, une seconde cohorte de 1 000 enfants (dont 80 % de filles et 45 % d’enfants déplacés internes) pour la poursuite du post-primaire au secondaire.

Le programme offre un accompagnement holistique : frais de scolarité, fournitures, cantine, hébergement, kits d’hygiène menstruelle, éducation aux compétences de vie, et soutien psychosocial. Il intègre aussi des actions communautaires pour favoriser un environnement protecteur et favorable à la scolarisation des filles : sensibilisation, formation des enseignants sur le genre, lutte contre les violences basées sur le genre, et amélioration des conditions d’accueil dans les établissements.

Gloria Kaboré, coordonnatrice du centre Béthel, est convaincue que l’histoire de Judith n’est qu’un début. 

« De cette promotion sortiront des femmes fortes et compétentes : des professeures, des ingénieures, des docteures, des femmes outillées pour bâtir leur nation. L’aide de l’UNICEF, avec le soutien de la Fondation L’Occitane, porte vraiment du fruit. Nous souhaitons que cette initiative soit élargie à d’autres filles. Elles sont nombreuses, et tellement vulnérables », dit-elle.

Gloria Kaboré, la coordonnatrice du centre Bethel (au milieu) est entourée des pensionnaires du centre.
UNICEF/2025/Sanogo Gloria Kaboré, la coordonnatrice du centre Bethel (au milieu) est entourée des pensionnaires du centre.
Des graines d’avenir

Pour Félicité Sawadogo, chargée de programme éducation à l’UNICEF, ce projet est porteur d’espoir et de transformation. 

« Les filles bénéficiaires poursuivent des ambitions concrètes, sont plus confiantes, capables de faire des choix, d’orienter leur avenir et d’influencer positivement leur communauté. Sans cet investissement, beaucoup auraient vu leur parcours s’arrêter au Certificat d’Études Primaires. »

Félicité Sawadogo, chargée de programme éducation à l’UNICEF, se réjouit des résultats obtenus grâce au projet.
UNICEF/2025/Kambiré Félicité Sawadogo, chargée de programme éducation à l’UNICEF, se réjouit des résultats obtenus grâce au projet.

Judith est la preuve que chaque dollar investi peut faire éclore un potentiel immense. En permettant à une jeune fille vulnérable de poursuivre ses études, on change non seulement une vie, mais aussi l’avenir d’une famille, d’une communauté, et d’un pays.

Judith, elle, ne souhaite pas seulement un avenir meilleur. Elle le construit, jour après jour, avec détermination. Et elle invite ses cadettes à en faire de même. 

« J’encourage mes petites sœurs qui sont aujourd’hui au centre à se concentrer. Il ne faut pas rater cette chance. Si je n’avais pas été sérieuse, tous les efforts auraient été vains. De grands moyens sont mis pour nous permettre d’avancer. À nous de répondre présentes », exhorte-elle.

L’UNICEF remercie la L’Occitane Foundation pour son engagement en faveur de l’éducation des filles au Burkina Faso.