Fitini Show à Kaya: quand les enfants transforment l’art en plaidoyer
Des voix jeunes qui s’élèvent pour dire non aux mutilations génitales féminines et au mariage d’enfants.
Les enfants font un sketch sur la scène de Fitini Show
La salle polyvalente de Kaya a vibré au rythme du Fitini Show, un rendez-vous culturel devenu une véritable tribune pour les enfants du Burkina Faso. Entre slam, sketchs et récitals, les jeunes participants ont porté haut des messages puissants contre le mariage des enfants, les mutilations génitales féminines et le retour aux bonnes valeurs culturelles.
« Le mariage d’enfants empêche de continuer ses études, provoque des maladies et des accouchements difficiles. Je demande aux parents de ne plus marier leurs enfants de force. », a dit Sawadogo Mariam, élève en classe de CM2, avant de monter sur la scène du Fitini show pour un sketch dénonçant le fléau.
À travers leurs prestations, les enfants ont exprimé leurs aspirations et leurs craintes. Le message est encore plus clair dans les mots de Sawadogo Benewendé Fadilatou, 9 ans :
« le mariage des enfants n’est pas bien parce que les enfants doivent étudier. Un enfant ne doit pas faire un enfant. Ma place est à l’école. »
Plus âgé, Reginal Sawadogo, 14 ans, a choisi le slam pour rappeler aux jeunes l’importance de préserver les valeurs positives comme la dignité et la solidarité. Pour lui, il est important « de laisser le banditisme et de rester à l’école »
Une mobilisation collective pour l’avenir des enfants
L’UNICEF, partenaire majeur de l’événement, voit dans Fitini Show une manière unique d’offrir aux enfants un espace d’expression et de plaidoyer pour leurs droits.
« Pour avoir vu les enfants heureux, confiants et joyeux sur scène, nous savons pourquoi nous nous engageons dans cette activité », explique Hawa Kafando, cheffe de bureau par intérim de l’UNICEF à Kaya. Elle insiste : « Certaines pratiques doivent disparaître, comme le mariage d’enfants et les mutilations génitales féminines. Ce combat doit être celui de tous les burkinabè. »
Le message est partagé par des acteurs communautaires comme Samuel Bamogo, coordonnateur général de l’Association Action Communautaire de Développement et parrain de l’evenement, qui rappelle que ces pratiques néfastes persistent encore : « Il faut impliquer les enfants, les familles et la chefferie coutumière pour que le changement vienne de l’intérieur. »
À Kaya, Fitini Show n’a pas seulement été un spectacle, mais tremplin pour le plaidoyer. Les enfants, les parents, les autorités et les partenaires se sont rassemblés pour dire non aux pratiques néfastes et oui à la culture, à l’éducation et à la protection des enfants.
« Nous devons préparer les enfants aujourd’hui pour que le Burkina de demain soit un Burkina fort, résilient et en paix », a rappelé Dembele Moussa, promoteur de Fitini Show. Pour lui, il y a des pratiques qui sont néfastes au bien-être des femmes et des enfants d’où l’importance de transmettre ce genre de messages pour que les comportements changent.
Cette année, en plus de sensibiliser sur les pratiques néfastes, Fitini Show a fait le tour des villes comme Kaya, Koudougou, Banfora, Bobo Ouahigouya et Dédougou, pour donner le sourire aux enfants déplacés et vulnérables affectés par la crise sécuritaire que connait le Burkina Faso. Le show des enfants est aussi accueilli à Bobo Dioulasso et Gaoua, et compte atteindre 10 millions de téléspectateurs sur la RTB, 11 millions sur les réseaux sociaux et les 40 000 personnes dans les différentes villes.