Histoires vécues

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Promouvoir les activités génératrices de revenus pour soutenir l’éducation au Sahel

© UNICEF/Burkina Faso/2015/Tarpilga
Dicko Fadima devant son étale au au marché de Bambofa. Ses beignets sont bien appréciés par les enfants du village

Par Claude Tarpilga

Dicko Fadima a 37 ans. Mariée, elle est mère de deux filles qui fréquentent l’école primaire de Bambofa où elle est membre de l’Association des mères éducatrices (AME). Elle exerce le petit commerce. Elle est propriétaire d’un kiosque au marché du village où elle vend des beignets pour soutenir l’éducation de ses deux filles et subvenir aux besoins de sa famille.
Chaque matin, Dicko Fadima  confie ses étales à sa voisine et se rend à l’école du village pour vendre ses friandises aux élèves à l’heure de la récréation. La bassine de beignet est toujours prise d’assaut par les élèves à l’heure de la pause. Elle est fière de son activité.

Dicko Fadima fait partie des femmes qui ont bénéficié de fonds par le biais de l’école pour mener des activités génératrices de revenus.  Proposées et initiées par le ministère en charge de l’éducation avec l’appui financier de l’UNICEF, les activités génératrices de revenus (AGR) au profit des parents d’élèves ont été très vite appropriées par l’Association des mères éducatrices (AME) de l’école de Bambofa. « Je suis contente et fière de pouvoir participer à la vie de ma famille. Mon mari est maintenant soulagé car son seul revenu ne suffisait pas à faire vivre une famille de  six personnes que nous constituons » dit-elle.

 Depuis 2011, les Associations des mères éducatrices (AME) et les Associations des parents d’élèves (APE) du Séno ont bénéficié d’un appui financier de l’Etat et de l’UNICEF pour la réalisation de micro-entreprises appelées activités génératrices de revenus. Cette initiative vise à améliorer la contribution des mères d’élèves à la promotion de l’éducation des filles en favorisant leur autonomisation.

Les AGR se répartissent en deux catégories principales, en fonction des besoins des parents et des effets économiques attendus.
La première catégorie s’adresse aux AME où les activités sont menées au niveau individuel. La mère de l’élève bénéficie d’un capital d’un certain montant qu’elle utilise pour une activité de son choix et rembourse un intérêt de 5% chaque mois pour le fonctionnement de l’école. Quant à la deuxième catégorie, elle s’adresse au Comité de gestion (COGES) de l’école qui bénéficie,  à travers des groupes formés, de fonds plus substantiels pour exercer des activités collectives préalablement identifiées. Il est soumis aux mêmes conditions de remboursement que les AME. Dans les deux cas, le remboursement intégral du capital intervient tous les six mois et est redistribué à d’autres femmes ou groupes désirant s’engager dans les AGR.

 A Bambofa, les AGR ont été introduites en 2014. Déjà, l’activité de Dicko Fadima est florissante. Elle est vient de bénéficier pour la deuxième fois d’un capital pour mener des activités génératrice de revenus. « Dix mille francs, c’est le montant alloué au petit commerce. J’ai opté pour cette activité car les élèves ont toujours besoin de manger quelque chose à la récréation et ils apprécient bien les beignets. En plus, les élèves constituent ma principale clientèle », déclare-t-elle.

Koïta Fatimata est la répondante de la Direction de la promotion de l’éducation des filles et du genre. Pour elle, il est nécessaire d’augmenter le capital pour les femmes qui sont de plus en plus nombreuses à souscrire. Les montants de dix mille et de trente mille francs alloués respectivement au petit commerce et à l’embouche du bétail sont insuffisants, confie-t-elle. Les premières bénéficiaires ont, de par leur gestion et au regard de l’amélioration de leur situation socio-économique, suscité l’engouement chez d’autres mères à entreprendre. « Des mères, sachant qu’il faut avoir son enfant inscrit à l’école n’hésitent pas à convaincre leur maris pour que les enfants y soient inscrits pour pouvoir obtenir de fonds pour entreprendre ; ce qui participe à rehausser le taux de scolarisation des enfants du village », ajoute-t-elle..

© UNIEF/Burkina Faso/2015/Tarpilga
Maiga Ousmane, Directeur de l'école Hoggo Samboel corrigeant le devoir d'un élève

Maiga Ousmane est directeur de l’école primaire Hoggo Samboel. Pour lui, il faut augmenter le capital afin que bon nombre de femmes puissent en bénéficier. Outre les avantages qu’elles pourront tirés pour leurs réalisations socio-économiques individuelles, les intérêts annuellement générés pourront de manière substantielle soutenir la cantine de l’école, les frais de réparation des tables-bancs abimés et l’achat des fournitures scolaires pour les plus méritants en fin d’année scolaire. « De 12 au départ, l’AME de l’école Hoggo Samboel compte aujourd’hui 40 femmes qui vivent des AGR. Et une femme qui consentirait à donner sa fille en mariage alors que celle ci fréquente toujours l’école est suspendue des AGR », déclare le directeur.

Dans la province du Séno dans le Sahel, 108 écoles à ce jour sont concernées par les AGR. Les secteurs de prédilection sont majoritairement l’élevage et le petit commerce.
Outre les risques liés aux maladies ou à la mort du bétail lors de l'embouche et la non disponibilité des intrants de saison pour le petit commerce, les AGR ont encore de beaux jours devant elles. Elles constituent une véritable source d’autonomisation de la femme et un creuset de partage d’expérience.

L’UNICEF appuie le gouvernement dans le domaine de l'éducation à travers la constructions des écoles et l'équipement des salles de classe, le renforcement de capacité des acteurs de l’éducation, le développement de nouvelles approches éducatives. Le financement des activités génératrices de revenus au profit des AME et COGES des écoles est une des stratégies pour promouvoir l'éducation des filles. 11.000 filles ont accès à l’éducation depuis 2013 grâce aux activités génératrices de revenus instituées dans les écoles et menée par les AME et les COGES.

 

 
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