Histoires vécues

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L’eau potable, une manne pour les élèves de l’école de Godin.

© UNICEF/Burkina Faso/2018/Tarpilga
Marata élève âgée de 14 ans à l'école de Godin, Burkina Faso, toute fière de puiser de l'eau à la fontaine de l'école.

Par Claude Tarpilga

Aujourd’hui c’est jeudi. C’est le tour du groupe de Marata de ravitailler la classe en eau. En quelques minutes, Marata et ses camarades, à l’aide de seaux, remplissent d’eau les récipients de la classe et les lave-mains disposés à l’entrée des classes et à près des toilettes. Depuis l’implantation de la pompe au sein de l’école, Marata et ses camarades sont rompus à cette tâche et s’y adonnent à cœur joie.

Marata a 14ans. Elle est en classe de CM2 à l’école de Godin, village situé à 10 km de Zorgho dans la région du Plateau Central du Burkina Faso. Ouvert depuis 22 ans, ce n’est qu’en juin 2017 que l’école de Godin a été équipée d’un forage.

Avant l’implantation de la pompe de l’école, Marata comme beaucoup d’autres élèves, a connu le calvaire dû au manque d’eau car il n’y avait de fontaine à proximité de l’école. Pour se procurer de l’eau potable, Marata devait parcourir plus d’un kilomètre pour se rendre à la pompe du village.

« Les cours commencent à 7h30. Nous étions tout le temps en retard car il fallait passer à la fontaine pour remplir nos bidons d’eau pour la journée.  Après la récréation de 10h, c’était pareil. Nous regagnions toujours les classes en retard malgré multiples interpellations de la maîtresse », confie Marata.

En période de chaleur, c’est la longue file à la fontaine. Selon Sarata, lorsque les élèves arrivaient à la fontaine, les femmes du village rechignaient à les laisser se ravitailler en priorité. Certains étaient obligés d’attendre leur tour, si bien qu’ils regagnaient les classes très tardivement.

La distance entre l’école et la fontaine du village avait fini par contraindre les élèves  à consommer l’eau du marigot situé à mi-chemin du point d’eau du village. Certains élèves commençaient à se plaindre de maux de ventre et beaucoup crachaient fréquemment.

Colette Beogo est directrice à l’école primaire de Godin.  Un jour elle remarqua que l’eau contenue dans les bidons de certains élèves était blanchâtre. Mais quelle fut sa surprise lorsqu’elle réalisa que l’eau qu’utilisaient les élèves provenait du marigot. « Au début, j’ai cru que les élèves ajoutaient de la farine à l’eau contenue dans les bidons mais très vite j’ai compris que l’eau à la couleur trouble provenait du bas-fond », déclare la directrice.

Sans attendre elle avisa le maire de la commune qui constata avec stupéfaction la situation. Une solution devait être au plus vite.

Suite à un plaidoyer fait par la mairie auprès de l’UNICEF, l’école de primaire de Godin fut dotée d’un forage en juin 2017.

L’implantation de la pompe au sein de l’école a été salutaire. Les élèves ont désormais de l’eau potable à proximité. Grâce à la sensibilisation des élèves menée par le club ‘’Yilemdé’’ (ou propreté) de l’école, les bonnes pratiques d’hygiène comme le lavage des mains au savon et le nettoyage systématique des récipients pour la cantine se sont progressivement installées. On enregistre de moins en moins de maladies hydriques.  L’école dispose d’un jardin scolaire tenu par les élèves eux-mêmes. Les légumes produits contribuent à améliorer la qualité de la cantine.

© UNICEF/Burkina Faso/2018/Trapilga
L’école de Godin dispose d’un jardin scolaire grâce au forage doté par l'UNICEF. Lés élèves y produisent des légumes qui contribuent à améliorer la qualité de la cantine

« Maintenant, nous commençons nos cours à l’heure. Les latrines sont propres et les élèves sont de plus en plus regardant sur leur hygiène corporel », déclare la directrice, l’air satisfaite.

Pour la communauté, la fontaine est aubaine. Les ménages installés autour de l’école ont été autorisés par le comité de gestion en charge du point d’eau à s’approvisionner en eau en dehors des heures de cours.  « La pompe de l’école est venu nous soulager », dit Harouna, le père de Marata âgé de 60 ans. « Nous n’avons plus besoins de soumettre Marata aux corvées d’eau au retour de l’école. Le forage est à deux pas de la maison et sa mère peut se ravitailler sans trop de peine. Ainsi elle a le temps d’apprendre ses leçon quand elle rentre de l’école » ajoute-il.


Un comité de gestion (COGES) composé de cinq personnes a été mis en place pour assurer l’entretien de la pompe. Soudré Hamidou, 38 ans, est fier de présider le COGES. Pour lui le forage est avant tout le bien de l’école mais selon lui, il revient à la communauté d’en prendre soin. Pour l’entretien de la pompe, il a été convenu que les ménages qui s’y approvisionnent en eau s’acquittent en contrepartie de la somme de 400 F CFA l’an.


Grâce à l’UNICEF, l’école primaire de Godin a bénéficié en 2017, en plus du forage, de kits d’hygiène composés de dispositifs de conservation de l’eau dans les classes, de lave-mains, de seaux et de bouilloires. Mais au regard de l’effectif de l’école porté cette année à 230 élèves, la dotation supplémentaire de kits d’hygiène et de latrines s’avère nécessaire pour répondre de façon adéquate aux conditions d’apprentissage

 

 
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