Histoires vécues

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Quand les communautés adoptent la chimio prévention du paludisme saisonnier

© UNICEF/Burkina Faso/2016/Tarpilga
Pauline, 25 ans, mère de deux enfants habite Tougouri, région centre-nord du Burkina Faso. Grâce aux agents de santé communautaires, ses enfants ont bénéficié du traitement de prévention du paludisme.

Par Claude Tarpilga  

Le village de Goudrin est situé dans la région du centre-nord dans la commune de Tougouri. Situé non loin du barrage de Tougouri, ce village fait partie des zones de forte transmission saisonnière du paludisme.

En 2015, la Chimio prévention du paludisme saisonnier (CPS) a été mise en œuvre à Goudrin  et dans les villages environnant pour prévenir le paludisme chez les enfants âgés de 3 à 59 mois.

Pauline a 25 ans. Elle est mère de 2 enfants. L’un a 3 ans et demi et le dernier n’est âgé que de 25 jours. Les 18 premiers mois d’Adama son premier fils ont été un calvaire. Il était fréquemment malade et faisait des rechutes de paludisme. Pauline, courageuse, ne se soustrayait pas aux multiples va-et-vient entre le domicile et le dispensaire lorsque la situation l’exigeait. « Je ne rappelle plus le nombre de fois où j’ai été au dispensaire avec Adama à cause du paludisme. Une fois nous avons  même passé 3 jours à l’hôpital. C’était pendant la saison pluvieuse » confit-elle

Le district sanitaire de Tougouri  met en œuvre des campagnes de chimio prévention du paludisme depuis 2015. Pendant 4 mois de l’année les enfants âgés de 3 à 59 mois y compris Adama bénéficient de doses de médicament contre le paludisme durant 3 jours consécutifs. Grâce aux agents de santé à base communautaire appelés aussi distributaires communautaires, tous les enfants du ressort territorial du district ont pu bénéficier du traitement pour la prévention du paludisme.
« Nous venons de recevoir la quatrième visite des distributeurs communautaires la semaine dernière. Le traitement préventif nous a été d’un grand bien. Et depuis, Adama fait très rarement des crises de paludisme et se porte mieux », dit Pauline.

Morou est agent de santé communautaire depuis une dizaine d’année. Originaire de Goudrin, il jouit d’une grande confiance auprès de la communauté. Il a bénéficié de la formation sur la CPS et est actif sur un rayon de 15km couvrant les villages de Goudrin, Rilga et Naab puugo. « Nous assurons la distribution de porte-à-porte des médicaments antipaludéens pour que chaque enfant éligible soit traité durant les cycles de traitements mensuels. Lors de notre passage dans les concessions, nous donnons à l’enfant deux comprimés à prendre sur place et nous expliquons aux parents comment administrer le reste de la prise pour les jours suivants », déclare Morou.

© UNICEF/Burkina Faso/2016/Tarpilga
Morou Ganamé, agent de santé communautaire. Originaire de Goudrin, région centre-nord du Burkina Faso. Il est actif dans un rayon de 15 km couvrant les villages de Goudrin, Rilga et Naab Puugo

L’adhésion des communautés et le nombre de cas de paludisme d’enfants en baisse sont source de motivation pour Morou. Il dit tirer toute sa satisfaction du fait de voir les enfants toujours bien portant lors des passages de distribution. Son seul souci demeure cependant les fréquentes panes que subit son vélo à cause du mauvais état des routes et des longues distances qu’il parcourt durant les campagnes de la prévention. Son souhait le plus ardent est de voir son vélo renouvelé.

Madame Kabré est la responsable du dispensaire du district de Tougouri.  Depuis la mise en œuvre des campagnes de la chimio prévention du paludisme, elle est soulagée. En dépit de l’augmentation des consultations due à la gratuité des soins prônée par le gouvernement pour les enfants de moins de cinq ans et les femmes, les cas de maladies d’enfant liées au paludisme connaissent une baisse significative. « Il y a une nette amélioration de la situation sanitaire avec la chimio prévention du paludisme. La transmission hebdomadaire des données l’atteste. De nos jours, la plupart des cas de maladies qui font l’objet de consultation des enfants sont plus liées à la diarrhée et aux maladies respiratoires que le paludisme» confie Mme Kabré.

Depuis 2015, l’UNICEF appuie le gouvernement dans la mise en œuvre de la chimio prévention du paludisme saisonnier chez les enfants de 3 à 59 mois. Le succès de la chimio prévention du paludisme dans la commune de Tougouri est dû à l’engagement des agents de santé communautaire, du personnel médical qui assure la coordination et  la supervision  mais aussi de l’adhésion des populations. Les agents de santé communautaire  qui constituent l’épine dorsale du dispositif du système de prévention jouent un rôle prépondérant dans la prévention du paludisme. L’accompagnement et la motivation de ces derniers constituent un défi pour la pérennisation des acquis.

 

 
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