Histoires vécues

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Le handicap d'Aminata n'est pas une barrière pour l'école

© UNICEF/Burkina Faso/2016/Tarpilga
Aminata, fière de s'installer dans son tricycle et prête pour aller à l'école

Par Claude Tarpilga

Aminata Dicko est une élève de 10 ans à l'école primaire Katchari située à 10 km de Dori dans la région du Sahel au Burkina Faso. Elle n'a jamais pensé un jour aller à l’école. Mais cette année, Aminata est inscrite à l’école.
En effet, Aminata souffre d'une distorsion de la cage thoracique qui a partiellement affecté sa capacité à se déplacer. Elle quittait rarement le cadre familiale car son handicap avait entraîné un affaiblissement de son endurance physique, et du coup, restreint sa mobilité.
Aminata fréquente l’école grâce à Handicap International, une ONG partenaire de l’UNICEF. Elle a été identifiée dans le cadre du projet d’éducation inclusive mis en œuvre par Handicap international avec l’appui de l’UNICEF.
La rentrée tardive d’Aminata à l’école est due à une connaissance limitée du handicap par ses parents. Pour eux, le handicap d’Aminata est serait lié à un sort que lui aurait jeté des génies. « Nous n’avons rien remarqué d’anormal à sa naissance. C’est lorsqu’elle apprenait à marcher  que nous avons constaté son handicap. Pour nous, il n’y avait aucun doute. C’était l’œuvre des génies », nous confie Fatimata sa mère.

© UNICEF/Burkina Faso/2016/Tarpilga
Mme Maiga Aminata, directrice de l’école primaire de Katchari. Elle a contribué de manière significative à l’intégration de Dicko Aminata dans son milieu scolaire

Maiga Aminata est la directrice de l’école primaire de Katchari. Grâce à l’UNICEF elle a bénéficié, à l’instar des enseignants et des associations des parents d’élèves de la région, d’une formation sur les enfants en situation de handicap. Devant identifier les enfants en situation de handicap pour leur scolarisation, elle a fait la connaissance de la famille d’Aminata qui s’était résignée sur le sort de cette dernière. « Aujourd’hui, Aminata est en première année de cours préparatoire à l’école primaire de Katchari. Elle est assidue malgré ses crises liées à son handicap qui surviennent parfois. Elle est épanouie et aime être en compagnie de ses camarades qui l’ont vite acceptée et favorisé son intégration, ce qui n’était pas évident au début » déclare la directrice.

En effet, les premiers jours de classe d’Aminata ne se sont pas passés sans difficultés. La difficulté à vivre à égalité avec les autres à cause de sa déficience était présente et ne la quittait pas. Elle avait tendance à s’isoler. La maitresse, très avisée, la prenait toujours par la main et l’amenait au  milieu de ses camarades. L’adaptation d’Aminata à son nouveau milieu s’est vite faite grâce aux activités de sensibilisation contre la stigmatisation à l’endroit des personnes vivant avec un handicap organisées au sein de l’école.
Aminata bénéficie d’une prise en charge médicale, de fournitures scolaires et d’un tricycle grâce à Handicap International et à l’aide octroyée par l’UNICEF. Ses parents se réjouissent de l’accompagnement dont elle bénéficie. « Je suis fier de ma fille au regard des progrès qu’elle réalise. Je n’aurai jamais imaginé auparavant une telle providence pour elle », déclare Amadou, le père d’Aminata, mais qui ne cache l’existence d’un besoin pressant qui n’est autre que l’aide alimentaire. « Nous serions plus comblés si nous avions accès aux activités génératrices de revenus. Cela nous permettrait de manger à notre faim » conclut-il.

Dans le cadre de la coopération avec Handicap International pour promouvoir l’éducation inclusive, l’Unicef a appuyé la formation de 100 enseignants et encadreurs pédagogiques sur l’Education Inclusive, 50 membres des COGES, 20 acteurs des organisations de la société civile ont été également sensibilisés.

 

 
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