Protection de l’enfant

Bref aperçu

L'Unicef à l'action

Histoire vécue

 

Mettre fin au mariage des enfants

Le mariage d’enfants est un phénomène courant au Burkina Faso. L’entrée en union des jeunes burkinabè est très précoce. Ainsi, chez  les femmes âgées de 20-24 ans, 8,9 % ont été mariées avant l’âge de 15 ans, et plus de la moitié (51,3 %) avant l’âge de 18 ans. L’âge médian d’entrée en union est de 17,8 ans.

Les deux régions les plus touchées par le mariage précoce sont celles du Sahel (87,1 %) et de l’Est (67,3 %). Le gouvernement a ratifié des conventions internationales et régionales contre la discrimination des femmes et des filles et les pratiques traditionnelles néfastes, telles que le mariage forcé et le mariage des enfants et a adopté en 2015 une stratégie nationale contre le mariage d’enfants, assortie d’un plan d’action budgétisé. Néanmoins le phénomène persiste.

La pauvreté des familles, les normes sociales, la faible application des lois et les limites inhérentes à l'éducation, à la santé de la reproduction et à la participation citoyenne de la jeune fille sont les principales causes du mariage des enfants. Plus de la moitié de ces épouses ont conçu des enfants à un très jeune âge. Avec un accès inadéquat aux soins de santé, les grossesses précoces présentent des risques importants pour la santé des mères adolescentes et de leur enfant.

Les unions sont célébrées de manière traditionnelle, et ne sont donc pas inscrites sur les registres officiels de l’état civil, ce qui rend difficile les poursuites judiciaires contre le conjoint ou les parents de la mariée.
 

ACTIONS

L'UNICEF soutient l’action politique visant à mettre fin au mariage d’enfants. Il appuie le gouvernement dans la mise en œuvre de la stratégie nationale de prévention et d’élimination du mariage des enfants, à travers le plaidoyer, le renforcement de capacités, l’offre de services et la mobilisation communautaire pour le changement de normes sociales.

Dans ce cadre, il intervient en étroite collaboration avec le ministère de la Femme, de la Solidarité nationale et de la Famille et les organisations non gouvernementales au sein des communautés des six régions ciblées.

Le plaidoyer de haut niveau mené sous l’égide de la Première Dame en septembre 2017 a permis d’engager l’ensemble du gouvernement burkinabé pour la prise d’actions d’envergure pour la promotion des droits de la jeune fille et l’élimination du mariage d’enfants.

L’UNICEF a étroitement soutenu le ministère de la Femme, de la Solidarité nationale et de la Famille pour l’élaboration et l’adoption de la Stratégie nationale pour l’abandon du mariage des enfants (2016-2025) ainsi que son Plan d’Action triennal (2016-2018), avec la mise en place d’une plateforme multisectorielle chargée de la coordination de tous les efforts nationaux visant l’abandon total du mariage des enfants.

RESULTATS

L’année 2017 en chiffres :

- 1, 6 millions de personnes au total ont été informées sur le respect de l'âge légal du premier mariage et les conséquences néfastes du mariage des enfants.

- L’UNICEF a soutenu l'éducation des filles par l'octroi de bourses attribuées à 5 667 adolescentes, l'alphabétisation et la formation aux compétences de vie courantes au profit de 1 667 filles victimes ou à risque du mariage d’enfants. Ces initiatives ont contribué au maintien des adolescentes à l'école et à retarder sensiblement l'âge de leur mariage et de leur première grossesse.

- L’UNICEF a soutenu l'élaboration et la mise en œuvre d'un plan de communication spécifique sur le mariage d’enfants en collaboration avec 10 radios locales, une chaîne de télévision communautaire, un groupe d'artistes et une troupe de théâtre (activités d'information, d'éducation et de communication pour le changement de comportement).

OBJECTIFS

D’ici 2020 : le pourcentage de femmes de 20-24 ans mariées avant l’âge de 15 ans est passé de 8,9 à 5 % et avant l’âge de 18 ans, de 51,3 à 48 %.

BESOINS

L’UNFPA (Fonds des Nations-Unies pour la Population), les ONG nationales MWANGAZA ACTION, VOIX DE FEMMES, la CONAMEB et GASCODE sont les principaux partenaires de l’UNICEF dans les efforts pour l’abandon de la pratique des MGF/E et du mariage d’enfants. De nouvelles coalitions ont également été bâties pour la poursuite des objectifs.

Pour répondre aux multiples défis, les ressources financières ont été insuffisantes pour la mise en œuvre du plan stratégique national. Le gap de financement est estimé à 1 000 000 USD par an.

[1] Enquête Démographique et de Santé (EDSBF-MICS IV) (2010)

 

 
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