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Mutilations génitales féminines

© Unicef Burkina Faso/2011/Tarpilga C.
Séance de sensibilisation sur l'excision à Zorgho au Burkina Faso. L'abandon durable de l'excision passe par le changement des normes sociales

METTRE FIN AUX MUTILATIONS GENITALES FEMININES (MGF)

CONTEXTE

Au Burkina Faso, le taux d’excision, au plan national, pour les enfants de 0 à 14 ans a connu une baisse significative ces 15 dernières années : il est passé de 23 % en 2005 à 13 % en 2010 (EDS/MICS 2010) puis à 11,3 % en 2015 (Enquête Multisectorielle Continue dit EMC 2015).

Les principaux déterminants socio-culturels des MGF sont :
. La religion principalement en lien avec l’islam
. Le contrôle de la sexualité (un frein à une libido démesurée, gage d’immoralité)
. L’idée d’une vertu d’ordre sanitaire (mesure hygiénique et préventive contre les ‘’vers’’ qui envahiraient le sexe féminin et seraient sources de maladies, de démangeaisons, d’impuretés et d’odeurs nauséabondes)
. Les traditions, coutumes et croyances qui confèrent un statut social et familial privilégié à la fille excisée et une fécondité décuplée, et génèrent au contraire, la stigmatisation et l’exclusion des filles non excisées, sujettes à des sanctions sociales diverses (fétiches, refus du droit aux funérailles, refus du droit au mariage, etc.).

ACTIONS

Dans le cadre du Programme Conjoint UNFPA-UNICEF pour l’accélération de l’abandon des mutilations génitales féminines, les stratégies porteuses identifiées et promues sont :

  • Mise en œuvre de l’approche droits humains et changement des normes sociales au niveau communautaire (déclaration publique d’abandon)
  • Application effective de la loi réprimant l’excision y compris à travers l’organisation des audiences foraines pour juger les personnes inculpées
  • Implication des leaders religieux et coutumiers, des collectivités territoriales, des organisations de la société civile et du personnel de santé
  • Mise en place de mécanismes de veille
  • Intégration des modules MGF dans l’enseignement au primaire et au secondaire
  • Réparation des séquelles de l’excision
  • Sensibilisation et communication sociale à toutes les opportunités en vue d’obtenir des engagements publics d’abandon de la pratique.

 
RESULTATS

  • L’excision n’est plus un sujet tabou : on en parle dans tous les milieux et on note de plus en plus de signalements de cas.
  • Selon EDS 2010, 99,6 % des femmes et 98 % des hommes de 15-49 ans ont entendu parler de l’excision et de l’existence d’une loi l’interdisant.
  • Seulement 9,3 % des femmes et 10,1 % des hommes de 15-49 ans considèrent que la pratique de l’excision devrait continuer.
  • Environ 12 % des villages ont déjà déclaré leur engagement pour l’abandon des MGF et des mariages d’enfants.
  • La loi réprimant l’excision (Loi numéro 043/96/ADP du 13 novembre 1996) est effectivement appliquée avec 223 cas de personnes interpelées, jugées et 384 auteurs et complices condamnés, dont des dizaines à travers des audiences foraines dans les communautés.
  • Existence d’un dispositif assez efficace de fourniture de services aux victimes : soutien psychosocial, accompagnement juridique, réparation des séquelles et complications de l’excision, etc.
  • De 1992 à 2013, le Burkina Faso a adopté et mis en œuvre consécutivement 3 plans d’actions nationaux pour promouvoir l’abandon des MGF dans une perspective de tolérance zéro. Le dernier en date : le Plan stratégique 2016-2020 « Tolérance Zéro » budgétisé et partiellement financé par l’Etat, visant à mettre fin aux MGF.
  • Obtention d’engagements publics des plus hautes autorités du pays pour l’abandon, des MGF, y compris le chef de l’Etat, la Première Dame et le président de l’Assemblée nationale.
  • Existence d’un appareil d’Etat pour coordonner les interventions : Secrétariat permanent du Conseil national de Lutte contre la Pratique de l’Excision (SP/CNLPE) coiffant une coordination nationale pleinement opérationnelle.
  • Engagement de plusieurs ONG/Associations, réseaux qui ont entamé des approches novatrices pour la mobilisation sociale dans le cadre d’une tolérance zéro aux MGF.


DEFIS

Malgré ces acquis importants, l’excision persiste en raison de nombreux défis, dont les principaux sont :

       Des taux encore très élevés notamment en zone rurale (12,1 % en zone rurale contre 5,9 % en milieu urbain), avec des régions à forte prévalence dont notamment le Sahel, le Nord et l’Est.

       La faible implication des agents de santé et l’implication embryonnaire du secteur de l’éducation.

       La marginalisation des personnes qui dénoncent les exciseuses si elles sont identifiées.

       Les interventions de personnes influentes dans les procédures d’enquête sur l’excision (généralement des leaders politiques dans le but de répondre aux sollicitations de leurs électeurs).

       La question des pratiques transfrontalières : le Burkina Faso est entouré de plusieurs pays où la pratique de l'excision existe, mais où la pression de la loi est faible (Côte d'Ivoire, Togo, Bénin, et Niger) voir inexistante (Mali). Ce qui incite certains parents à franchir les frontières pour faire exciser leurs filles. 

       Insuffisance dans la production d’évidences sur les résultats obtenus, la collecte, l’analyse et la diffusion des données statistiques.

BESOINS FINANCIERS

Pour répondre à ces défis, les ressources financières ont été insuffisantes pour la mise en œuvre des différents plans d’action nationaux (PAN) tolérance zéro. Le taux de mobilisation des ressources financières pour l’exécution du PAN actuel, y compris auprès de l’UNICEF, à partir du programme conjoint UNFPA/UNICEF, est seulement de 61 %.

Le besoin financier est donc estimé à 800 000 USD par an.

 

 
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