Politique sociale et économique

Bref aperçu

 

Genre

CONTEXTE

 

Selon l’indice d’inégalité de genre[1], le Burkina Faso occupe la 144ème place, sur 155 pays. Et ce, malgré un cadre juridique et règlementaire[2] qui garantit les droits des femmes et des enfants. Les principaux défis sont :

-          L’analphabétisme

-          La persistance de normes, valeurs et pratiques socio-culturelles en défaveur des femmes et des filles (mariage d’enfant, mariage par rapt, succession en défaveurs des femmes, administrations patriarcale etc…)

-          L’absence d’un engagement politique fort pour adopter des mesures capables de réduire les violences et les discriminations basées sur le genre

-          La faiblesse des capacités techniques et financières du ministère en charge du genre, pour promouvoir des pratiques de planification, de budgétisation, de mise en œuvre et de suivi-évaluation des politiques et programmes sensibles au genre. Cette conjonction de facteurs  compromet la réalisation des droits des enfants et des femmes, tout en perpétuant la transmission intergénérationnelle de la pauvreté et des inégalités.

 

CHIFFRES CLES

 

-          A partir de la deuxième décennie de vie des adolescent(e)s (SitAn 2016), on observe une exacerbation des inégalités de sexe, qui engendre une vulnérabilité accrue et un risque prononcé de contracter le VIH /SIDA et d’autres infections sexuellement transmissibles.

-          Avec 23,2 décès pour 1 000 naissances, la mortalité néonatale reste relativement élevée, due à la faible disponibilité et au manque d’accès des soins maternels et néonatals, pour les femmes et les jeunes mères.

-          Le très faible accès à l’assainissement (30 %) augmente la charge de travail des filles et des femmes, du fait de leur statut et du rôle qu’elles occupent dans la société.

 

ACTIONS

En référence au Plan d’action genre 2014-2017 et de ses avantages comparatifs, l’Unicef Burkina Faso expérimente une double approche d’intégration transversale de l’égalité des sexes, dans ses programmes et interventions. Objectif : réduire les inégalités liées au sexe et renforcer l’autonomisation des femmes.

 

L’Unicef œuvre dans les domaines suivants :

-          Promouvoir la santé des adolescent(e)s en tenant compte des sexospécificités

-          Eradiquer les mariages d’enfants

-          Faire progresser l’éducation des filles au secondaire

 

 

RESULTATS

 

·      La mise en place d’une recherche action sur la gestion hygiénique des menstrues, sous l’autorité de la section WASH. Pour 2017, le Plan d’Action Genre a poursuivi cette action à travers :

-          L’intégration des modules GHM dans les modules de formation des enseignant(e)s du primaire

-          L’intégration des messages-clés dans les modules de sensibilisation des clubs de jeunes, dans le programme de lutte contre les mariages d’enfant, et dans le plan de communication de la C4D pour le même programme.

 

·      Le programme conjoint d’accélération de l’élimination des mariages d’enfant est un exemple de partenariat réussi entre agences onusiennes : 2017 a vu la poursuite de cette collaboration pour accélérer la lutte contre le mariage d’enfant et les mutilations génitales féminines.

 

·      A travers son adhésion au Fonds Commun Genre, dont il est chef de file depuis 2017, l’Unicef  Burkina Faso contribue à la lutte contre les discriminations basées sur le genre, et à l’autonomisation des femmes et des filles  à travers, entre autres, la promotion de Start-up.

 

OBJECTIFS 2020

 

·         Développer l’initiative « All In », tous ensemble, pour la santé des adolescent(e)s avec un focus sur le VIH et autres thématiques (toxicomanie, grossesses précoces et/ou non désirées, prostitution, pratiques à risque).

 

·         Lutter contre la malnutrition/anémie chez les adolescent(e)s à travers une programmation basée sur le cycle de vie pour briser le cercle vicieux de la malnutrition, et le développement d’évidences scientifiques dans le domaine de l’équité et du genre (normes sociales en lien avec le statut des hommes et des femmes).

 

·         Favoriser la gestion hygiénique des menstrues dans les écoles, à travers des actions intersectorielles avec le programme éducation (amélioration de l’accès aux infrastructures et des indicateurs de performance) et dans la communauté où un programme communautaire adressera les besoins des adolescent(e)s hors du système scolaire.

 

·         Intensifier les approches communautaires pour améliorer la transition entre les enseignements primaire et secondaire (13-15 ans) avec une attention particulière pour les filles, les enfants en situation de handicap et les enfants hors école.

 

Approches conjointes 

Les partenariats stratégiques existants avec le Cadre de Concertation Genre des PTF et le Fonds Commun Genre permettront de susciter un engagement fort pour :

-          Allouer des ressources adaptées et suffisantes

-          Mettre en œuvre des programmes intersectoriels et multi-sectoriels pour une prise en compte globale et intégrée de l’égalité des sexes

-          Lutter contre les discriminations basées sur le genre

 

De même, l’Unicef encouragera des collaborations intersectorielles et multisectorielles internes, pour proposer des kits de services intégrés aux adolescent(e)s en réponse à leurs besoins sexospécifiques. Les capacités techniques du ministère en charge du genre seront renforcées pour améliorer la planification, la mise en œuvre et le suivi-évaluation des programmes en faveur du genre.

 

Des programmes conjoints avec d’autres agences onusiennes, notamment l’UNFPA, permettront de mieux gérer les normes sociales et les pratiques socio-culturelles défavorables aux femmes et filles, et qui entretiennent des discriminations basées sur le genre.

 

BESOINS FINANCIERS

La transformation des structures et normes sociales discriminatives nécessite la mobilisation de ressources appropriées. L’objectif consiste à prendre en compte la dimension de genre tout au long du cycle de projet/ programme grâce à des ressources financières et humaines supplémentaires.


[1]  Inégalités entre les sexes dans trois dimensions du développement humain - santé (espérance de vie à la naissance), éducation (durée attendue et durée moyenne de scolarisation) et le contrôle des ressources économiques (revenu national brut par habitant) – désagrégé par sexe.

[2]  Le Burkina Faso a ratifié la plupart des instruments internationaux et régionaux relatifs aux droits des femmes et des enfants.

 

 
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