Grâce au projet « FAABA-COVID », Fassilath, 14 ans, retourne à l’école.

Un projet visant l’allègement de la pauvreté des ménages, le recul du mariage des enfants et le maintien des filles dans le système scolaire.

Hippolyte Djiwan
A Banikani, à 30 km de la ville de Kandi au nord-est du Bénin, Fassilath, 14 ans, puise de l'eau.
UNICEFBenin-2020-Victor-TOSSA
08 décembre 2020

Depuis qu’elle est en sixième, elle parcourt chaque weekend 16 kilomètres à pied pour retrouver son village natal. Objectif : récupérer les vivres qui vont servir à la nourrir jusqu’à la fin de la semaine suivante auprès de son père. Mais parfois, il lui arrive de faire le chemin retour sans ramener aucun vivre. 

Cette année, Fassilath est en classe de troisième. Mais elle a dû commencer l’école avec plusieurs semaines de retard. Son père n’a pas pu réunir les fonds nécessaires pour lui payer ses fournitures scolaires. 

« J’ai dû vendre ma seule moto qui me permet de me déplacer et de faire mes courses pour payer les frais de scolarité et les fournitures à ma fille et lui permettre d’aller à l’école » raconte son père.

« Les années antérieures, » poursuit-il, « je recevais des commandes payées à l’avance de mes clients en début de chaque saison agricole, ce qui me permettait de faire face aux exigences scolaires de ma fille et de ma famille. Depuis que la maladie de la COVID-19 est apparue, les choses ont changé. La situation s’est empirée, il n’y a plus de commandes par anticipation ».

Alors que les élèves avaient retrouvé le chemin de l’école depuis le 28 septembre 2020, Fassilath avait perdu l’espoir de retourner à l’école. 
Mais bientôt, une nouvelle allait raviver son sourire. Lors d’un échange avec le Directeur de l’école primaire public de Banikani, son père a été informé du projet « FAABA-COVID », initié par le Ministère des Affaires Sociales et de la Microfinance avec l’appui de l’UNICEF et de l’Ambassade des Pays Bas et mis en œuvre par l’ONG CARE pour soutenir les parents de filles âgés de 9 à 15 ans face aux difficultés économiques subvenues à cause de la pandémie de la COVID-19. 

Aussitôt, sur instruction de son père et suivi de ce dernier, Fassilath s’est empressée de se rendre à son collège, situé à Angaradébou pour être recensée et bénéficier du projet, à l’instar de nombreuses autres filles issues de familles en situation de précarité et dont la scolarité était menacée. 

Avec la promesse ferme de recevoir la somme de quinze mille francs CFA (15.000), montant attribué à chacune des filles ciblées par le projet, Fassilath pouvait ainsi retourner chez elle le cœur léger pour annoncer la bonne à sa famille. 

Fassilath GOUDA
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« Je m’engage à réussir brillamment mes études », s’exclame Fassilath, avec l’espoir de continuer à aller de l’avant dans ses études.

« Je m’engage à réussir brillamment mes études » 

« Grâce à l’aide du directeur et d’un professeur du collège et des équipes de l’ONG CARE, elle a repris les cours, » explique Bakari Chitou, superviseur local en charge du projet FAABA-COVID au niveau communautaire dans les 10 arrondissements de Kandi. 

Au Bénin, de nombreuses filles sont encore contraintes au mariage avant l’âge légal. Trois filles sur dix sont mariées avant l'âge de 18 ans et une sur dix avant d'avoir 15 ans. Les communes de Tchaourou et Kandi, d’où vient Fassilath, recensent le plus haut taux de mariage d’enfant et de décrochage scolaire des filles au niveau national. 

Le projet FAABA-COVID, qui signifie « entraide » et « solidarité » dans les langues locales du Nord du Bénin, vise ainsi à apporter une aide aux parents et tuteurs de filles qui, face aux difficultés économiques actuelles, seraient enclin à recourir à des stratégies d'adaptation négatives, dont le retrait des filles de l’école et leur mariage précoce. 

Il a pour objectif de mettre fin aux mariages des enfants à travers l’allègement de la pauvreté des ménages, le recul des normes sociales néfastes qui perpétuent le mariage des enfants et le maintien des filles à l’école.

« Je m’engage à réussir brillamment mes études » s’exclame Fassilath, avec l’espoir de continuer à aller de l’avant dans sa formation. 

« FAABA COVID est comme une manne tombée du ciel, » confie son père. « Je promets de suivre ma fille et de la soutenir, pour remercier les donateurs qui ont bien voulu aider les familles à maintenir leurs files à l’école. Il s’en fallait de peu pour que Fassilath abandonne l’école cette année, » conclut-il.

Comme Fassilath, 26,000 filles âgées de 9 à 15 ans scolarisées dans les écoles primaires et secondaires des communes de Kandi et de Tchaourou et de 12 à 15 ans dans certains collèges des communes de Cotonou, Allada, Aguégués, Porto-Novo, So-Ava et Sèmè-Podji recevront 15,000 FCFA d’ici à fin Décembre 2020.

« FAABA COVID est comme une manne tombée du ciel...Je promets de suivre ma fille et de la soutenir, pour remercier les donateurs qui ont bien voulu aider les familles à maintenir leurs files à l’école. Il s’en fallait de peu pour que Fassilath abandonne l’école cette année » 
 

Le père de Fasilath
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Le père de Fassilath, très engagé dans l'éducation et le progrès de l'éducation de sa fille.