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A la recherche des mamans séropositives perdues de vue.

Au Bénin, où 2% des femmes enceintes sont séropositives, le suivi et la prise en charge des personnes infectées et affectées par le VIH, sont assurés à l’hôpital de zone de Pobé, commune située à deux heures de route au nord-est de Cotonou. Par ce suivi soutenu par UNICEF-Bénin, si des mères dépistées séropositives viennent à ne plus se présenter au centre de santé, l’équipe médicale entreprend alors des recherches pour essayer de retrouver la trace de ces mamans et bébés «perdus de vue».

Les consultations prénatales de l’hôpital incluent des séances de sensibilisation aux risques de transmission du VIH. Ces séances sont suivies d’entretiens individuels, de conseils et d’écoute appelés « counselling ». Un test de dépistage du VIH est alors proposé. Il est ici accepté par 99% des femmes, selon l’infirmier major de l’hôpital. Une performance record par rapport aux 74% de taux d’acceptation relevé au niveau national.

Suite à l’une de ces séances, Albertine, 34 ans, se révèle séropositive. Elle est ménagère et déjà mère de quatre enfants. Elle ne veut pas en parler à son mari, de peur de se voir jeter à la rue comme de nombreuses autres femmes. Les personnes porteuses du VIH sont encore mal acceptées par la majorité de la population au Bénin. Ces femmes accouchent à l’hôpital avec toutes les précautions pour éviter la transmission du VIH de la mère à l’enfant. L’enfant n’est pas contaminé, mais la maman ne se présente plus à l’hôpital pour se faire traiter.

Des volontaires séropositifs sont régulièrement envoyés par l’hôpital pour sillonner les quartiers et retrouver les « perdues de vue ». Un jour, elles tombent sur Albertine. En les apercevant, la maman retrouvée prend peur. Elle les injurie, leur crache à la figure et leur lance même une bassine d’eau. Elle n’a toujours pas accepté son statut de séropositive et ne veut absolument plus en parler. La question du VIH reste encore largement occultée dans les communautés traditionnelles. Mari et femme abordent rarement le sujet.
Par recoupements, le personnel sanitaire se rend compte que le mari d’Albertine est également séropositif. Il connaît lui-même son propre statut suite à un dépistage de masse dans son quartier, mais ignore celui de sa femme. Face à l’attitude d’Albertine et la nécessité d’agir vite pour sauver l’enfant, les émissaires de l’hôpital pensent qu’ils pourraient parler directement au mari. Ils le rencontrent donc à l’écart. Pour le mettre en confiance, ils lui avouent qu’ils sont également porteurs du VIH. Le mari réagit bien. Il est manifestement content de rencontrer des personnes ayant le même statut sérologique que lui. Il est cependant étonné de savoir sa femme séropositive aussi. Mais, il ne formule pas de reproche à son égard. Il se dit au contraire décidé à la convaincre de se faire traiter avec lui.

Quelques jours plus tard, le mari, sa femme et les émissaires sont réunis. Au cours de leur discussion, Albertine comprend qu’un enfant né de mère séropositive peut être épargné du VIH à condition que le couple arrive à respecter les protocoles sanitaires prévus. Elle s’y plie. A quatre mois, elle décide de sevrer l’enfant. Les tests habituels des neuvième et dix-huitième mois se révèlent négatifs.

Aujourd’hui, l’enfant a trois ans et se porte très bien. Sa mère, sous traitement elle aussi, se porte bien. Et la sage femme de conclure avec fierté: « Albertine est devenue pour nous une amie et un modèle de succès dans le suivi et la prise en charge des victimes du VIH/SIDA. » Elle fait partie des 101 belles histoires de mamans retrouvées sur les 106 « perdues de vue » jusque-là recensées par l’hôpital de Pobé. Ce succès est le fruit de l’implication des élus locaux, communautés, leaders d’opinion, autorités religieuses, maris et élèves. Parmi ceux-ci, les filles se montrent particulièrement sensibilisées. Une note d’espoir supplémentaire pour ces mamans de demain…

 

 
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