Inclusion Sociale

Les politiques sociales et économiques conçues et mises en œuvre tiennent compte des privations, des vulnérabilités et de l’inclusion sociale des enfants et des adolescents pour créer des avantages conséquents pour leur futur.

Petite fille lisant devant la porte de sa maison
UNICEF Algeria/2015/Noorani

Défis

’Etat algérien consacre des budgets importants aux secteurs sociaux et à la protection sociale. Malgré la crise économique et financière subie par le pays depuis la chute du prix du pétrole en 2014, le Gouvernement a maintenu ses engagements envers la population algérienne en continuant à soutenir les transferts sociaux et les aides sociales destinés à la population et aux catégories les plus vulnérables.

Des décisions de réforme et de restrictions budgétaires ont été prises par le Gouvernement afin d’optimiser les dépenses publiques sans affecter de manière significative le budget alloué aux transferts sociaux. Celui-ci a été maintenu à environ 8% du PIB et à 20% du budget de l’Etat en 2018 (Ministère des Finances, 2018)[1].

En 2011, la population disposant de moins d’un dollar/PPA (parité de pouvoir d’achat) par jour et par habitant n’est que de 0,8% et la population vivant en dessous du seuil de pauvreté générale est de 5,5%. L’indice de Gini qui mesure les inégalités de dépenses (ou de revenus, ou de niveau de vie) entre les ménages est passé de 37% en 2000 à 28% en 2011 ce qui traduit une baisse des inégalités (Rapport national sur les Objectifs du Millénaire pour le Développement, Gouvernement Algérien, 2015)[2].

Concernant les Objectifs de Développement Durable (ODD), beaucoup plus d’efforts sont attendus des Etats membres pour éradiquer d’ici à 2030 la pauvreté extrême et réduire au moins de moitié la pauvreté dans toutes ses dimensions pour les hommes, les femmes et les enfants (ODD 1). Les Etats membres s’engagent également à réduire considérablement les inégalités dans toutes leurs formes (ODD 10). A cet effet, l’Algérie est sur la bonne voie pour atteindre ces objectifs.

D’autres défis restent cependant à relever surtout lorsqu’il s’agit des enfants et des jeunes. Selon une menée par le Conseil National Economique et Social, environ 18% d’entre eux subissent en 2012 trois privations ou plus dans différentes dimensions sociales (éducation, santé, nutrition, protection, etc.). Les jeunes enfants sont beaucoup plus touchés par ces privations. Environ 27% de ceux âgés de 0-4 ans sont privés de trois dimensions sociales ou plus, alors que ce taux diminue au fur et à mesure avec l’âge. Il est de 21% pour les 5-15 ans et de 9% pour les 16-24 ans[3].

 


[1] www.dgpp-mf.gov.dz/images/stories/PDF/RPLF/aplf2018.pdf

[2]www.dz.undp.org/content/algeria/fr/home/library/mdg/_jcr_content/rightpar/developmentreport/file.res/MAE_Rapport_2000-2015_BD%20Final.pdf

[3] Conseil National Economique et Social, Bien-être et privations des enfants et des jeunes en Algérie, Vers un modèle de privations sociales multidimensionnelles adossé au cycle de vie, Contribution pour une définition normative de la pauvreté et des privations conforme à l’agenda des ODD Post 2015, Janvier 2017.

Solutions

Afin de réduire les inégalités il devient impératif de mettre l’accent sur les enfants. Grâce aux analyses menées, il est démontré que les privations sont beaucoup plus concentrées au niveau de l’enfance et de l’adolescence. Renforcer l’inclusion sociale des enfants et des adolescents va leur permettre d’atteindre tout leur potentiel et leur développement physique, cognitif et émotionnel, et contribuera par conséquent à améliorer le bien-être de la société, à diminuer les coûts sociaux et économiques induits par ces privations, et à améliorer leur participation à générer de la croissance économique à l’âge adulte.

Trois types de solutions sont proposées et menées pour contribuer à atteindre cette vision pour les enfants et les adolescents :

Mieux connaitre la situation des enfants et des adolescents pauvres dans toutes les dimensions ‘multidimensionnelle’ et ‘monétaire’ : Produire et institutionnaliser des mesures et des analyses régulières sur la pauvreté multidimensionnelle et la pauvreté monétaire des enfants et des adolescents permet aux décideurs et aux concepteurs de politiques de mieux intégrer l’inclusion sociale des enfants et des adolescents dans les politiques sociales et économiques et de mieux suivre et évaluer l’impact et l’efficacité de ces politiques sur cette catégorie de population.

Faire en sorte que les enfants et les adolescents bénéficient mieux des aides sociales existantes et des services sociaux gratuits : Renforcer l’efficacité des programmes de protection sociale existants permet d’accroître leur impact sur les enfants et les adolescents et sur l’ensemble de la population, et d’optimiser les dépenses publiques inhérentes dans un contexte de rétrécissement de l’espace fiscal.

Développer des politiques plus adaptées aux enfants et aux adolescents pauvres et vulnérables :  Utiliser l’innovation sociale permet de réfléchir et d’utiliser des options politiques nouvelles pour garantir l’inclusion sociale des enfants et des adolescents souvent nécessaires lorsque les options politiques classiques et déjà expérimentées ne peuvent ou montrent des limites à atteindre cet objectif.

Jeunes garçons en classe de dessin
UNICEF/Algeria/2006/Pirozzi

Réalisations

Données et analyses disponibles sur la pauvreté des enfants et des jeunes et sur la protection sociale sensible aux enfants :

Un processus de renforcement des capacités du Conseil National Economique et Social (CNES) dans l’adaptation de l’approche N-MODA (Analyse des Privations Multiples et Cumulées) au contexte de l’Algérie a permis la production de la première mesure et analyse de la pauvreté multidimensionnelle des enfants et des jeunes âgés de moins de 25 ans dans le pays. Ce processus s’est appuyé sur des formations en direction des cadres du CNES et des membres d’une cellule de l’équité installée par le CNES et impliquant plusieurs institutions nationales et des experts. Une assistance technique a été fournie au CNES afin de lui permettre de s’approprier la méthodologie et de réaliser l’analyse avec ses propres capacités. L’analyse a été réalisée en utilisant les données des enquêtes MICS (Multiple Indicators Cluster Survey) : MICS3 (2006) et MICS4 (2012-2013). Il est prévu la mise à jour de cette analyse grâce à l’utilisation des données de la MICS6 (2018-2019).

Une étude sur la protection sociale sensible aux enfants et une évaluation de la cohérence de la protection sociale non contributive ont été réalisées entre 2010 et 2013 sous la tutelle du précédent secteur de la Prospective et des Statistiques avec l’implication d’un comité de pilotage interministériel et l’appui d’experts et de chercheurs nationaux et internationaux.

Connaissance renforcée sur les questions de la protection sociale et de la pauvreté multidimensionnelle à travers la coopération triangulaire Sud-Sud :

De hauts cadres représentant des institutions Gouvernementales et des experts algériens ont bénéficié de missions d’étude et d’assistance technique dans le cadre de la coopération et de l’échange triangulaire Sud-Sud avec le Brésil et le Mexique dans les domaines respectifs de la protection sociale pour le Brésil, et de l’institutionnalisation de la mesure de la pauvreté multidimensionnelle et de l’évaluation des politiques publiques pour le Mexique. La coopération avec le Brésil a été initiée dès 2013 sous l’égide du précédent Secrétariat d’Etat chargé de la Prospective et des Statistiques. Elle a impliqué plusieurs secteurs dont l’éducation nationale, les finances, et le centre de recherche CREAD. L’agence Brésilienne de coopération, le Ministère Brésilien du Développement Social et l’institut d’expertise Brésilien IPEA ont appuyé ces échanges. En 2014, des experts d’IPEA et d’IPC au Brésil et de CONEVAL au Mexique ont contribué à la conférence internationale sur l’équité sociale organisée par le CNES en Algérie. En 2015, un protocole d’accord a été signé entre le CNES, CONEVAL et l’UNICEF aboutissant à l’organisation d’un atelier de coopération Sud-Sud en 2017 par le CNES avec l’appui d’experts de CONEVAL.