Les enfants

La situation des enfants en Algerie

Suivi des droits de l'enfant

 

La situation des enfants en Algerie

© UNICEF Algérie/2013Magha

Depuis la ratification de la Convention des Droits de l’Enfant en 1992, l’Algérie a réalisé d’importants progrès dans tous les domaines.
Les droits à l’éducation (Articles 28 et 29 de la Convention des Droits de l’Enfant), à la santé (Article 24 de la Convention des Droits de l’Enfant) et à la protection sont reconnus par la Constitution algérienne et la législation nationale en vigueur. 

Depuis son indépendance en 1962, l’Algérie a investi d’importantes ressources afin de garantir à toute la population un accès équitable à l’éducation, aux soins, à la protection sociale et à la protection des enfants contre les situations à risque d’une part et contre la violence d’autre part.

Le pays a mis en place plusieurs importants programmes de développement national et régional afin d’améliorer la situation socio-économique de la population, en particulier celle des enfants et des femmes, et de réduire les disparités régionales existantes en matière d’accès à des services de base de qualité. En 2015, cet engagement se traduit par l’existence de systèmes de subvention et de transferts sociaux qui représentent plus de 25% des dépenses de l’Etat.

Toutefois et pour aussi significatives que soient ces évolutions pour le développement du pays, ces résultats ne doivent pas dissimuler certaines disparités qui demeurent en termes d’accès à des services sociaux de qualité pour tous. En la matière, des progrès peuvent encore être accomplis.

Education :
L’éducation est à la source du progrès social et elle est un droit fondamental pour tous les enfants. Ce droit est reconnu par la Convention des Droits de l’Enfant aux Articles 28 et 29.

Dès son indépendance en 1962, l’Etat algérien a accordé la priorité aux secteurs de l’éducation et de la formation afin d’assurer la réussite de ses plans de développement économique et social. Cette priorité se traduit concrètement sur le plan légal et sur le plan des dépenses budgétaires consenties par le pays. La Constitution algérienne au travers de son Article 65 garantit ainsi le droit à l’enseignement pour tous, en soulignant sa gratuité et son caractère fondamental et obligatoire. Pour l’année 2015, l’éducation nationale représente 20% du total des dépenses publiques du pays, ce qui en fait le deuxième plus important poste de dépenses publiques budgétaires.

L’Algérie a lancé en 2003 la mise en œuvre de la réforme de son système éducatif avec pour objectif d’améliorer la qualité de l’éducation à tous les niveaux, d’augmenter l’accès à la scolarisation et d’améliorer le taux d’achèvement des études primaires, moyennes et secondaires. Depuis, le défi de la scolarisation de tous les enfants pour le cycle primaire a presque été relevé puisque le taux net de scolarisation primaire s’élève à près de 98% en 2015.
Toutefois, la focale doit désormais être portée sur trois axes dans lesquels des progrès sont encore à réaliser.

L’amélioration de la qualité de l’éducation constitue l’un des principaux défis du pays.
Le deuxième axe concerne les enfants issus de régions dites défavorisées (wilayas du sud du pays et des hauts plateaux, et zones périurbaines). En 2015, ils sont en effet près de 300 000 enfants en âge d’aller à l’école à ne pas avoir été scolarisés.
Les élèves en décrochage scolaire constituent eux le troisième et dernier axe. Ces élèves risquant de quitter les bancs de l’école et du collège sans pouvoir accéder au lycée sont en effet estimés à près de 500 000 . Une étude menée par le Ministère de l’Education Nationale algérien parue en 2013 a ainsi montrée que seuls 4% d’une classe d’âge d’enfants inscrits à l’école primaire finit par décrocher le baccalauréat. Le Gouvernement algérien a décidé de la généralisation à l’ensemble du territoire national de l’année préparatoire à l’enseignement primaire dès la rentrée scolaire 2017, celle-ci devant participer à la rétention scolaire des élèves.

Santé de la mère et de L'Enfant:
L’enfant doit bénéficier des meilleures conditions pour son développement, du meilleur état de santé possible et de services médicaux efficaces. En situation de handicap, il doit bénéficier d’accompagnements spécifiques.

Le système national de santé en Algérie a été fondé, depuis l’indépendance, sur la prédominance du secteur public et la gratuité des soins au plan préventif et curatif, afin de garantir l’équité. Dès les  années 70, de nombreux programmes ont  favorisé le développement de l’infrastructure sanitaire de base (unités sanitaires, établissements hospitaliers, et services de base) et l’amélioration notable de l’accès aux soins des populations. 
En 2002, L’Algérie a engagé une réforme du système de santé avec une priorité sur la qualité des soins et la protection sanitaire ainsi qu’un meilleur accès à des services de santé de qualité. La mortalité infantile, qui était de 46,8 pour mille naissances vivantes en 1990, a été réduite pour atteindre le niveau de 22.6 décès pour mille naissances en 2012 (ONS).
Selon le Ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme Hospitalière, en 2012, la couverture vaccinale est de 90 %, (83.1 % en zones urbaines et 81.8% en milieu rural). Selon la même source, la vaccination contre la rougeole est de 90 %, et celle du BCG 99% la même année.
Les enfants en bonne santé ont besoin de mères en bonne santé. Les complications durant la grossesse et à la naissance sont la cause majeure de décès et d’handicaps chez les enfants et les femmes en âge de procréer dans les pays en développement. A cet effet, un programme national de périnatalité a été lancé par l’Algérie en 2006 dans le but de réduire la mortalité maternelle et d’améliorer la prise en charge de la santé maternelle et du nourrisson. En 2012, la mortalité maternelle est de 70,3 pour mille naissances vivantes, selon les estimations fournies par le Ministère de la Santé de la Population et de la Réforme Hospitalière, alors qu’elle était de 215 pour mille naissances vivantes en 1992. 95% des femmes accouchent dans des établissements spécialisés et par un personnel qualifié.
Dans le domaine du VIH/SIDA, une stratégie nationale d’« élimination de la transmission de la mère à l’enfant » a été élaborée par un comité national intersectoriel. Les données du Rapport du Laboratoire National de Reference VIH/SIDA de 2013, ont montré que le pourcentage des femmes âgées entre 15 et 49 ans connaissant au moins 02 moyens de prévention est de 49,6%.  Par ailleurs, selon l’enquête à indicateurs multiples MICS3 de 2006, 82 % des femmes savent que le VIH/SIDA peut être transmis de la mère à l’enfant, mais seulement 37 % d’entre elles connaissent les 3 modes de transmission.

Protection de L'Enfant:
Le bon développement et le plein épanouissement des enfants ne peuvent être assurés sans la garantie de leur protection effective contre la violence, l’exploitation et contre toute autre forme d’abus. C’est pourquoi plusieurs articles de la Convention des Droits de l’Enfant consacrent plusieurs droits à la protection de l’enfance.

Des progrès notables en matière de protection de l’enfance ont été accomplis en Algérie, et ce aussi bien sur le plan législatif et institutionnel que sur le plan de la mise en place de politiques publiques.
Ces dernières années ont notamment vu la promulgation de plusieurs textes de lois en matière de nationalité, d’état civil et de droit à la famille, mettant ainsi la législation algérienne en adéquation avec la Convention relative aux Droits de l’Enfant.
En juillet 2015, une nouvelle loi portant sur la protection des enfants en danger moral et en conflit avec la loi a été promulguée. Elle a été suivie en juin 2016 par la création de l’Organe national de la protection et de la promotion de l’enfance, directement placé sous la tutelle du Premier Ministre, et chargé de veiller à la protection et à la promotion des droits de l’enfant. Ces mesures constituent une avancée majeure du pays en matière de protection de l’enfance.
L’UNICEF a lancé dans le pays en décembre 2013 la campagne de communication #ENDVIOLENCE, visant à prévenir et à éliminer toutes les formes de violence faites aux enfants et afin de garantir à chaque enfant une protection effective et durable contre toutes les formes de violence, d’abus, d’exploitation et de négligence. En Algérie, cette initiative a rencontré un engouement tout particulier de la société civile et du gouvernement qui s’est fait le porteur d’une résolution internationale portant sur la prévention et la lutte contre la violence faite aux enfants adoptée en mars 2014 au Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies à Genève.

La participation des jeunes
La participation est définie comme le fait de prendre part, de contribuer, de dialoguer et de collaborer. Elle commence par la concertation, passe par la négociation et communication pour aboutir à la prise de décision et à l’action. Elle est tributaire de l’accès à l’information, de son partage, de sa diffusion.

En Algérie en 2015, les adolescents et jeunes âgés de 15 à 29 ans représentent près de 11 millions  d’individus, soit presque le quart de la population totale. Leur participation à la vie sociale est donc essentielle afin d’influencer les décisions qui affectent leur quotidien. La participation des jeunes est synonyme de contribution positive à la vie sociale du pays.

En 2009, l’UNICEF en partenariat avec le Ministère délégué chargé de la Famille et de la Condition Féminine lançaient une enquête sur les perceptions, attitudes et pratiques des adolescents par rapport à leur droit à la participation. Il en ressort que dans le milieu familial, les adolescents et les jeunes sont souvent informés, impliqués, mais que leur avis est in fine rarement pris en considération dans la prise de décision.
Les Algériens de moins de 25 ans représentent pourtant plus de la moitié  de la population totale du pays. Cette jeunesse constitue un potentiel humain non négligeable sur lequel doit reposer un réel investissement pour l’avenir du pays. Il est donc nécessaire d’encourager leur participation vers plus d’engagement et de leadership. Chacun de ces jeunes doit pouvoir influencer les décisions qui l’affectent et ainsi contribuer positivement à la vie sociale du pays.
C’est en ce sens que l’Article 37 de la Constitution algérienne, ajouté avec la réforme constitutionnelle de 2016, vient rappeler que « la jeunesse est une force vive dans la construction du pays et que l’Etat veille à réunir toutes les conditions à même de développer ses capacités et dynamiser ses énergies », témoignant ainsi de l’intérêt particulier qui est porté à cette jeunesse par l’Etat algérien et d’une certaine volonté politique que de la placer au cœur de son action.
Cette même réforme constitutionnelle de 2016 a ainsi vu la création avec les articles 200 et 201 de la Constitution algérienne du Conseil Supérieur de la Jeunesse. Chargé d’orienter et de suivre les mesures arrêtées par l’Etat au bénéfice des jeunes du pays, ce Conseil Supérieur de la Jeunesse se veut être un instrument qui vise au renforcement de la participation des jeunes dans différents domaines de développement. Dans le même sens, des conseils consultatifs de jeunes au niveau de chaque commune ont été mis en place dès 2013 par la loi.
Pour autant, un travail de mise à la disposition des jeunes d’informations claires et précises sur leurs droits et l’offre de services qui leur sont destinés doit être accompli.
A la violence endémique qui touche particulièrement les jeunes algériens doit répondre un travail de prévention contre la violence et de plaidoyer et de communication pour la promotion de styles de vie sains et participatifs.

 

 
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