Message du Représentant de l'UNICEF à l'occasion des 30 ans de la Convention relative aux Droits de l'Enfant

Célébration de la journée mondiale de l'enfance

24 novembre 2019
WCD
UNICEF/Algeria/2019/ElHebri

ALGER, 19 Novembre 2019 :  " C’est un plaisir et un honneur pour moi d’être avec vous aujourd’hui, dans ce magnifique Palais de la Culture pour célébrer la journée mondiale de l’enfance.

Une journée organisée avec l’Organe National Pour la Protection et la Promotion de l’Enfance placée sous le thème : Pour Chaque Enfant, des Droits

Cette journée revêt une importance particulière. En effet, il y a 30 ans, lors de l’Assemblée Générale des Nations Unies du 20 novembre 1989, les dirigeantes et dirigeants de la planète se réunissaient dans un consensus inédit et prenaient un engagement historique à l’égard des enfants du monde entier.

Ils faisaient la promesse de protéger et de faire valoir les droits de chaque enfant.

En adoptant la Convention, dirigeantes et dirigeants reconnaissaient les enfants, de la naissance à l’âge de 18 ans, comme des individus à part entière disposant de droits propres inhérents à la dignité humaine de tous les peuples.

En effet, la Convention établit l’enfance comme une période à part de la vie pendant laquelle les enfants doivent être assurés des conditions nécessaires pour pouvoir grandir, apprendre, jouer, se développer et s’épanouir. Et que pour cela, ils ont le droit à une protection et à des garanties particulières de la part de tous ceux qui ont des responsabilités à l’égard de leur vie.

Aussi, cet anniversaire nous offre une occasion privilégiée de célébrer les réels progrès accomplis pour les enfants. L’occasion de rendre compte de la promesse qui leur a été faites. L’occasion aussi de renouveler notre engagement à faire respecter le droit de chaque enfant, en Algérie et partout dans le monde.

Il est important que nous réalisions en ce jour, que si 30 années se sont écoulées depuis son adoption, la Convention des Droits de l’Enfant demeure d’une grande actualité et plus nécessaire que jamais. 

Oui, il est incontestable que depuis son adoption, la Convention des Droits de l'Enfant a permis de transformer la vie de millions d’enfants. En encourageant les gouvernements à modifier leurs lois et politiques. En les encourageant aussi à réaliser d’importants investissements afin que davantage d’enfants puissent bénéficier des soins et de l’alimentation nécessaires à leur survie, à leur éducation et à leur développement. Mais ne nous y-trompons pas, de nombreux défis restent à relever.

Permettez-moi d’illustrer mon propos par quelques exemples.

Concernant l’éducation :

Savez-vous qu’en trois décennies depuis l’adoption de la Convention, malgré l’explosion de la croissance démographique dans le monde, le nombre d’enfants privés d’enseignement primaire a baissé de près de 40 %.

Mais si le nombre d’enfants scolarisés n’a jamais été aussi élevé dans le monde, l’objectif de fournir une éducation de qualité à chaque enfant est loin d’être atteint. Dans les pays en développement, plus de 60 % des enfants scolarisés dans le primaire n’acquièrent toujours pas les compétences minimales requise par les standards internationaux en matière de compétences de base en lecture, en écriture, en mathématiques ou en sciences. Ceci représente un frein à l’intégration économique et alimente le chômage des jeunes.

Concernant la santé :

Depuis les 30 années écoulées, la couverture vaccinale quasi universelle, l'amélioration des soins de santé de base, le traitement de l'eau et à l'assainissement, ont permis de réduire considérablement les taux de mortalité infantile. Dans les pays d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient, en l’occurrence, la mortalité infantile a été réduite de 65 pour 1 000 naissances vivantes en 1990 à 21 aujourd’hui. Souvenons-nous aussi, qu’il y a 30 ans, la poliomyélite paralysait ou tuait près de 1 000 enfants tous les jours à travers le monde. Aujourd’hui, 99 % de ces cas ont été éliminés.

Cependant, malgré ces progrès, malgré la disponibilité de moyen pratiques et économiques de lutter contre la maladie, tels que les vaccins ou les sels de réhydratation orale. Malgré toute l’expérience collectivement acquise, 15 000 enfants de moins de 5 ans continuent de mourir chaque jour, la plupart d’entre eux de maladies soignables ou d’autres causes évitables

Concernant la protection de l’enfant :

La Convention a contribué à renforcer les dispositifs visant à protéger les enfants de la violence et de l’exploitation. Elle a également conduit à faire reculer le nombre d’enfants forcés de quitter l'école, d’effectuer des tâches dangereuses.

Mais, malgré les efforts pour lutter contre la violence faite aux enfants, il est estimé que la moitié des adolescents scolarisés dans le monde sont confrontés à la violence à l’école et aux abords de l’école. Et la violence basée sur le genre n’épargne pas les enfants.

Concernant la lutte contre la pauvreté et ses effets sur les droits des enfants :

La Convention a contribué à attirer l’attention des Etats sur les ressorts de la pauvreté des enfants, à souligner aussi l’importance de briser le cycle de la pauvreté se passant d’une génération à l’autre, notamment par l’éducation des filles.

Mais si, de fait, la pauvreté a reculé dans le monde. Elle reste malheureusement encore trop souvent la raison du mariage des enfants, notamment celui filles, qui entrave la réalisation de leurs droits.  Et les enfants des familles les plus pauvres ou des zones rurales continuent à connaitre les progrès les plus faibles. Les inégalités, la discrimination et la distance dans l’accès aux services de base continuent à priver des millions d’enfants de leurs droits chaque année.

Le XXIe siècle a fait émerger de nouveaux défis qui ont tous une incidence considérable sur les droits et le bien-être des enfants. Les changements climatiques, l’urbanisation rapide, l’exploitation irrationnelle des ressources naturelles, les conflits et les crises humanitaires prolongés, les déplacements forcés, la connectivité de masse et la fracture numérique, pour ne citer que quelques exemples.

Cependant, ce siècle nous apporte aussi de nouvelles possibilités, notamment grâce aux progrès de la science, de la technologie et de l’innovation, qui viennent appuyer le renouvellement de l’action collective et concertée que nous menons avec et pour les enfants du XXIe siècle.

Dans un monde changeant la Convention continue à nous fournir les normes internationales intemporelles indispensable à la réalisation des agendas successifs pour le développement adoptés à l’échelle internationale. Aujourd’hui, l’agenda 2030 et ses 17 Objectifs de Développement Durables. Parce-que l’engagement pour la construction d’un avenir pacifique, prospère et sûr passe aussi par la réalisation des droits de chaque enfant, y-compris des plus vulnérables. Par leur participation effective dans la recherche des solutions de demain. Par ce que participer aux décisions qui les concernent est un droit qui leur est reconnu par la Convention.

La ratification par l’Algérie de la Convention relative aux droits de l’enfant le 19 décembre 1992 marque sans aucun doutes une étape importante dans la marche engagée par le pays depuis son indépendance pour le développement de l’enfance.

S’il serait trop long de faire la liste de toutes les réalisations acquises depuis lors, permettez de mentionner celle que constitue l’adoption en 2015 de la loi 15-12 sur la protection de l’enfance.

Une loi directement inspirée de la Convention qui assure une protection sociale, juridique et judiciaire à l'enfant. Et à laquelle nous devons l’établissement de votre fonction, Madame la Déléguée Nationale, ainsi que la création de l’Organe National pour la Protection et la Promotion de l’enfance que vous présidez. Que de terrain couvert depuis 2016, avec l’appui des membres du Comité Permanent de l’Organe où sont représenté toutes les institutions algériennes travaillant pour l’enfance, ainsi que des chefs de file des organisations de la société civile engagés au plus près des enfants à travers le pays.

Par votre action, en vous appuyant sur le travail des institutions et de la société civile, vous avez renforcé les systèmes de protection de l’enfance en Algérie. Nous avons cette année, lors du séminaire international sur l’importance du signalement dans la protection de l’enfance, pu mesurer l’étendue de votre travail et de celui de votre équipe. En particulier à travers la cellule de réception des dénonciations des atteintes aux droits de l’enfant - le numéro 11-11. Je pense à celles et ceux qui, alors que nous sommes ici, répondent aux appels des parents, de leurs tuteurs, du public et des enfants eux même. Pour les entendre, donner des réponses à leurs question, et bien sûre soumettre à votre arbitrage les cas demandant une réponse immédiate.

Trois décennies après son adoption, la Convention des Droits de l'Enfant n’est pas appliquée partout dans le monde, ni connue ou comprise de tous, d’où l’importance de continuer à diffuser le message que les enfants ont des droits. Aussi, je souhaite saluer le travail de promotion de l’enfance que vous menez à travers le renforcement des réseaux institutionnels, associatifs et avec médias. En vous associant aussi des artistes et des sportifs qui brillent par leur engagement.

J’encourage vos efforts à toutes et tous pour apporter le message de la Convention au plus près des enfants dans les communautés où elles et ils vivent. Pour diffuser par des actions concrète la culture des droits. Je pense aux associations qui célèbrent les droits ici et ailleurs en Algérie.

Demain, le 20 Novembre, faisant écho à la session spéciale de l’Assemblée Générale des Nations Unies qui sera présidée par le Secrétaire Général, Monsieur Antonio Guterres, lui-même, les enfants des écoles primaires et des collèges suivront une leçon sur les droits de l’enfant mise en œuvre par les enseignantes et les enseignants sur la base d’une initiative globale soutenue par l’UNICEF et l’UNESCO, intitulée « la plus grande leçon du monde ». Je salue leurs efforts et l’engagement du Ministère de l’Education Nationale.

En guise de conclusion, je souhaite à nouveau saluer ici pour leur engagement tous les professionnels qui œuvrent pour l’enfance en Algérie tous les jours. Je pense aux professeurs, aux professionnels de la santé, à toutes les éducatrices et éducateurs du Ministère de la Solidarité Nationale et des associations, à tous les cadre du Ministère de la Jeunesse et des Sports, aux personnels de la Sécurité Nationale et de la Gendarmerie en charge de la protection des enfants, aux juges des enfants, aux « Mourchidates » et aux Imams du Ministère des Affaires Religieuses.

Je pense enfin à tous les parents, mamans et papas, mais aussi grands-parents et tuteurs premiers garants du bien-être de leurs enfants.

Nous avons fait une promesse aux enfants, filles et garçons, aux adolescents et aux jeunes. Nous ne pouvons pas les décevoir. Aussi, restons engagés afin que les droits de chaque enfant soient réalisés en Algérie et partout dans le monde.

Cette célébration est avant tout celle des enfants. Je remercie du fond du cœur les enfants et les artistes, ainsi que tous ceux qui ont contribué à l’organisation de cette journée. Elles ont, ils ont, toute mon admiration pour ce qui va suivre.

Je vous remercie". 

Source statistiques : Rapport National Volontaire 2019 - Progression de la mise en oeuvre des ODD

Contacts presse

Selma Hamouda

Responsable de la Communication

UNICEF Algérie

Tél: +213 21 92 72 98

À propos de l’UNICEF

L’UNICEF travaille dans certains des endroits les plus inhospitaliers du monde pour atteindre les enfants les plus défavorisés. Dans 190 pays et territoires, nous travaillons pour chaque enfant, chaque jour, afin de construire un monde meilleur pour tous.

Pour en savoir plus sur l’UNICEF et son action, veuillez consulter le site : www.unicef.org/algeria 

Suivez-nous sur Twitter et Facebook