Exemples de pays

Même les pays les plus pauvres confrontés aux épreuves les plus difficiles – que ce soit la pauvreté, un conflit armé, une catastrophe naturelle ou des situations d’urgence complexes marquées par des déplacements de population, l’insécurité alimentaire et les maladies – peuvent prendre des mesures énergiques pour améliorer la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants. Si personne ne conteste la nécessité de procéder à des investissements pour prévenir des décès évitables, les exemples figurant ci-dessous prouvent que l’on peut considérablement améliorer la situation en ce domaine avec des ressources extrêmement limitées. La clé ? Une communauté informée, mobilisée, et ayant les moyens de se prendre en charge.

En Angola, où le taux de mortalité des moins de 5 ans est le deuxième plus élevé du monde, le Ministère de la santé a défini un module essentiel de services de santé maternelle et infantile mis en œuvre à travers trois grands axes : le réseau de santé publique, les services de proximité et mobiles, et les activités communautaires.

Au Bénin, le Président a annoncé début 2007 la gratuité de tous les services de santé pour les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans. Des spécialistes nationaux de la santé et des finances ont travaillé avec l’UNICEF, la Banque mondiale, le Fonds des Nations Unies pour la population et l’Organisation mondiale de la Santé pour remodeler le budget de l’État de façon à refléter cette nouvelle réalité. Des fonds d’aide intérieure et extérieure ont été transférés pour combler les déficits engendrés par ce changement. Il en résulte que la stratégie de réduction de la pauvreté du Bénin, notamment en ce qui concerne la santé maternelle et néonatale et la survie de l’enfant, est nettement plus propice à l’épanouissement de l’enfant – et susceptible d’aider ce pays à atteindre les OMD.

L’Égypte a fait des progrès spectaculaires vers la réalisation du quatrième Objectif du Millénaire pour le développement ces dernières années, en faisant reculer de 62 % son taux de mortalité des moins de 5 ans entre 1990 et 2006. Mais du fait, notamment, de sa nombreuse population d’enfants de moins de 5 ans, ce pays affiche le taux de mortalité le plus élevé des moins de 5 ans de toute l’Afrique du Nord, avec 64 000 décès en 2006.

L’Érythrée est l’un des rares pays d’Afrique subsaharienne en passe de réaliser le quatrième Objectif du Millénaire pour le développement. Son taux de mortalité des moins de 5 ans a pratiquement diminué de moitié entre 1990 et 2006. Ce pays est débarrassé de la poliomyélite, le tétanos maternel et néonatal a disparu, et aucun décès dû à la rougeole n’a été enregistré depuis 2 ans. Qui plus est, la morbidité et la mortalité imputables au paludisme ont fortement reculé.

En 2007, le Ghana a lancé une stratégie de soins obstétricaux intensifs (High Impact Rapid Delivery strategy), qui a eu des résultats impressionnants. Toutes les femmes enceintes ont eu accès à des interventions de base, tous les enfants de 6 à 59 mois ont reçu des suppléments de vitamine A, et la couverture vaccinale antipoliomyélitique est universelle. Aucun décès dû à la rougeole n’a été enregistré depuis 2004, et plus de la moitié des enfants et des femmes enceintes de ce pays dorment aujourd’hui sous une moustiquaire imprégnée d’insecticide.

Au Kenya, plus de 10 millions de moustiquaires imprégnées d’insecticide ont été distribuées depuis 2003 par des services intégrés de santé maternelle et infantile, qui englobent la vaccination et les soins prénatals. Cette amélioration permet à 67 % des enfants de moins de 5 ans de dormir sous une moustiquaire imprégnée d’insecticide.

Bien qu’au Malawi le taux de mortalité infantile reste élevé par rapport aux normes mondiales, ce pays a accompli des progrès considérables en ce qui concerne la réduction de la mortalité infantile. De 1990 à 2006, le taux de mortalité des moins de 5 ans a reculé de 46 %, passant de 221 à 120 pour 1000 naissances vivantes. Ce recul s’explique par plusieurs facteurs : l’amélioration considérable de la couverture vaccinale, la distribution de suppléments en micronutriments, l’allaitement exclusivement au sein pendant les six premiers mois de la vie, l’accès à une eau potable sûre, l’utilisation de moustiquaires imprégnées d’insecticide, et l’expansion des interventions de santé à fort impact.

Au Maroc, le taux de mortalité des moins de 5 ans a diminué de 58 % entre 1990 et 2006, grâce à la progression régulière de la couverture vaccinale. En 2006, plus de 95 % des enfants de moins d’un an avaient été vaccinés contre les six principales maladies infantiles évitables par la vaccination.

Au Niger, 56 % de la population vit à plus de 5 kilomètres d’un centre de santé. En 2000, ayant à cœur d’améliorer la survie des enfants en rapprochant les services de santé des communautés rurales mal desservies, le gouvernement a entamé une stratégie consistant à utiliser les fonds d’un programme de réduction de la dette pour financer la construction de 2000 postes de santé communautaire. Des agents de santé communautaire dûment formés assignés à ces postes assurent un ensemble minimum de soins de santé de base curatifs et préventifs, et mènent des activités de prévention des maladies. La décision récente du gouvernement de fournir des soins de santé gratuits pour les enfants de moins de 5 ans est une autre initiative prometteuse.

En Sierra Leone, des institutions des Nations Unies, y compris l’UNICEF, ont mis au point un programme conjoint visant à soutenir le projet du gouvernement de réduire des taux de mortalité alarmants (les plus élevés du monde) chez les enfants de moins de 5 ans et les mères. Ce programme englobe les soins obstétricaux d’urgence, la vaccination, ainsi que la prévention et le contrôle de la dénutrition. L’objectif global est de réduire de 30 % par rapport à 2005 les taux de mortalité des mères, des enfants de moins de 5 ans et des enfants de 2005, d’ici à 2010.