Eau
[English] L’Afrique de l’Ouest et du Centre affiche la couverture la plus faible du monde par des systèmes améliorés d’approvisionnement en eau potable, et le nombre de personnes non desservies était plus élevé en 2008 qu’en 1990. Dix huit pour cent de la population mondiale n’ayant pas accès à l’eau à l’eau potable vivent en Afrique de l’Ouest et du Centre. L’évolution de la couverture en eau potable dans la région est largement insuffisante par rapport au niveau de progrès nécessaire pour atteindre la cible de l’OMD 7 visant à réduire de moitié le pourcentage de la population qui n’a pas accès de façon durable à un approvisionnement en eau potable. Bien qu’en Afrique de l’Ouest/Afrique centrale la couverture soit passée de 49 % en 1990 à 61 pour cent en 2008, soit 122 millions de personnes desservies en plus la cible à atteindre d’ici à 2015 est de 75 %. Un nombre accru de personnes non desservies Le nombre total d’habitants de la région sans accès à des sources améliorées d’eau potable a en fait augmenté entre 1990 et 2008, passant de 126 millions à 155 millions. Seuls 8 pays parmi les 24 de la région sont sur la bonne voie pour atteindre la cible relative à l’eau de l’OMD 7. Cependant, certains pays méritent d’être cités en exemple pour les progrès qu’ils ont accomplis entre 1990 et 2008. Au Burkina Faso, par exemple, la couverture par les sources améliorées d’eau potable a fait un bond en avant, passant de 41 % à 76 %, tandis que le Tchad passait de 38 % à 50 %. Néanmoins, dans 6 pays, la couverture en eau potable est inférieure à 50 pour cent: Guinée équatoriale (43), Niger (48), Mauritanie (49), République démocratique du Congo (46), Tchad (50) et Sierra Leone (49). Disparités d’accès La République démocratique du Congo, le Niger et le Nigeria ont une couverture particulièrement basse dans les zones rurales, respectivement 28, 39 et 42 pour cent. De plus, l’analyse des Enquêtes démographique et sanitaires réalisées récemment a révélé que le quintile le plus riche a jusqu’à quatre fois plus de chances d’avoir accès à l’assainissement que le quintile le plus pauvre. Les enquêtes réalisées auprès des ménages confirment les observations empiriques selon lesquelles c’est aux femmes, et aux filles, qu’incombe le plus souvent la responsabilité de chercher l’eau quand il n’y a pas d’eau potable dans les locaux d’habitation. Elles y vont plus de deux fois plus que les hommes ou les garçons. Chercher l’eau: une tâche qui prend beaucoup de temps Au Burkina Faso, 35 pour cent de la population dépend d’un point d’eau amélioré situé à plus de 30 minutes de la maison. Si la durée totale du temps passé à aller chercher de l’eau (aller et retour) est comprise entre 3 et 30 minutes, les besoins de base du ménage sont généralement couverts, soit 15 à 25 litres par personne et par jour. En revanche, quand cette durée dépasse les 30 minutes, les gens ont tendance à collecter l’eau en moins grandes quantités et compromettent ainsi la couverture de leurs besoins fondamentaux. Et il semble que les trajets sont aussi plus longs qu’auparavant dans certaines zones urbaines. Dans les zones périurbaines et dans les quartiers de taudis, l’irrégularité ou l’interruption de l’approvisionnement peut obliger les habitants à faire la queue pendant plusieurs heures pour obtenir de l’eau. En Mauritanie, 36 pour cent de la population urbaine dépend d’un point d’eau amélioré situé à plus de 30 minutes de la maison. Contamination de l’eau Les enquêtes réalisées dans les ménages montrent que l’élimination des fèces des enfants ne respecte pas les règles d’hygiène. Bien trop de ménages n’éliminent pas les fèces de manière hygiénique – à Sao Tome et Principe et en Guinée Bissau, respectivement 40 pour cent et 29 pour cent des ménages laissent les fèces à l’air libre. Au Togo, 35 pour cent des ménages déclarent jeter les fèces dans les ordures avec les déchets solides, alors qu’au Cameroun, 65 pour cent des ménages déclarent utiliser des toilettes ou rincer les fèces dans les toilettes. Traitement de l’eau Les modalités de traitement de l’eau varient beaucoup d’un pays à l’autre. Les enquêtes réalisées auprès des ménages montrent qu’en Guinée-Bissau, 71 pour cent de la population filtrent l’eau à l’aide d’un tissu alors qu’en Gambie, 78 pour cent de la population ne traite pas du tout l’eau.
mise à jour: mars 2010 "L'échelle" de l'eau potable - tendances en matière d'accès Progrès vers la réalisation de l'OMD 7 (eau)
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