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Des Activistes des Droits de l’Enfant lancent un Appel à l’Afrique pour renforcer les Systèmes de Protection de l’Enfance

ADDIS-ABEBA, 6 Novembre 2013 – Treize agences travaillant en Afrique ont lancé une Déclaration Conjointe qui appelle les gouvernements africains à renforcer leurs systèmes de protection de l’enfance afin de garantir à chaque enfant, le droit à une vie sans violence, abus, exploitation et maltraitance dans les contextes d’urgence et de non-urgence.

Cette Déclaration souligne qu’assurer ce droit à la protection contribue à la réalisation des programmes de développement national et des agendas de réduction de la pauvreté en Afrique. Les agences, parmi lesquelles l’UNICEF et des réseaux d’ONGs, livreront leurs recommandations lors de la 22ième Session du Comité des Experts Africains sur les Droits et le Bien-être des Enfants, le 6 novembre 2013, à Addis-Abeba, en Ethiopie.

« Quand les enfants sont protégés contre la violence, l’exploitation et l’abus, il est plus probable qu’ils aillent à l’école et améliorent leurs performances académiques, » révèle Théophane Nikyèma, Directeur Exécutif de The African Child Policy Forum (ACPF), porte-parole des agences. « Ils courent également moins des risques d’avoir des problèmes de santé. Renforcer les systèmes de protection de l’enfance, c’est contribuer de manière importante au développement du capital humain en Afrique. »

Plus de 400 millions d’enfants vivent en Afrique subsaharienne, soit près de la moitié de la population totale. Bien que les données sur les problèmes relatifs à la protection de l’enfance soient limitées, les risques de violence, d’abus et exploitation sont significatifs. Un nombre croissant d’études par pays indiquent des taux de prévalence de violence physique et sexuelle très élevés, ainsi que des associations entre ces types de violence et une palette de problèmes de santé mentale, reproductive et physique. Près de 40 pour cent des filles sont mariées avant l’âge de 18 ans et environ 60 pour cent des enfants ne sont pas enregistrés à la naissance. Les mutilations génitales féminines et l’excision sont pratiquées dans quelque 29 pays d’Afrique, avec un taux de de prévalence de la pratique de 80 pour cent ou plus dans certains de ces pays.

De plus, beaucoup d’enfants sont également confrontés à des systèmes judiciaires qui sont trop faiblement outillés pour les soutenir, qu’ils soient des victimes, des témoins, en conflit avec la loi ou nécessitant des soins ou une protection. Des preuves démontrent que les enfants handicapés en Afrique subsaharienne font face à de la violence, des abus et de la stigmatisation. Les différences ethniques, religieuses, linguistiques ou autres peuvent également accroître les risques encourus par les enfants.

Dans l’Appel à l’Action de la Déclaration, les agences estiment qu’une protection efficace des enfants dépend à la fois de politiques, législations et régulations appropriées, ainsi que des structures et une mise en œuvre en fonction de l’acceptation sociale et du financement. Des actions sont nécessaires pour renforcer la promotion, la prévention et la réponse efficaces à la violence, aux abus et à l’exploitation. Des preuves et données fiables sont également nécessaires afin d’améliorer la prise de décision en matière de protection de l’enfance.

« Nous sommes tous à la recherche de résultats positifs pour les enfants, » poursuit Théophane Nikyèma, Directeur Exécutif de The African Child Policy Forum (ACPF). « L’expérience nous montre que des services sociaux améliorés et des législations adaptées aux menaces réelles bénéficient à la communauté dans son ensemble. Nul ne souhaite vivre dans un environnement où les enfants sont brimés et blessés. Des efforts coordonnés et financés peuvent apporter une différence réelle dans l’avenir des nations africaines. »

L’agenda des systèmes de protection de l’enfance en Afrique subsaharienne connait un nouvel élan. Près de la moitié des pays ont finalisé ou mis en place la cartographie et l’évaluation des systèmes de protection de l’enfance, ce qui permis de décrire ces systèmes et de spécifier les domaines prioritaires en matière de participation et d’investissement. Certains pays tels le Ghana, le Kenya, la Sierra Léone et la Tanzanie ont commencé un processus de redéfinition des systèmes de protection de l’enfance en développant de nouveaux cadres politiques, en utilisant les pratiques et les ressources existantes ainsi qu’en forgeant des liens entre les parties formelles et informelles du système, rendant donc l’entièreté du système plus durable, efficace et « approprié » au contexte du pays.

Les mécanismes de coordination sous-nationaux construits autour des comités de protection de l’enfance ou leurs équivalents sont déployés dans des pays comme le Bénin, le Burkina-Faso, la République Démocratique du Congo, le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie. Des analyses sur les fossés en ressources humaines ont été menées dans certains pays pour guider le renforcement du personnel des services sociaux au service des communautés les plus vulnérables.

L’Appel à l’Action de la Déclaration soutient le renforcement des systèmes de protection qui soient intégrés, centrés sur les enfants et guidés par l’intérêt supérieur de l’enfant. Dans le passé, les interventions ont souvent mis l’accent sur une seule problématique ou un seul risque auxquels font face les enfants, mais l’expérience prouve qu’un enfant peut être confronté à des besoins, violations et vulnérabilités multiples. En conséquence, les agences demandent une approche holistique qui reconnaisse la complexité des problèmes des enfants et la nécessité d’une réponse pluridisciplinaire. Les systèmes de protection de l’enfance doivent prendre en compte le contexte et l’environnement, ainsi que le rôle de l’enfant dans le système. Ils doivent également favoriser une meilleure coordination, une meilleure participation et capacité d’une large palette d’acteurs, parmi lesquels les enfants, les jeunes, les familles, les chefs traditionnels et religieux, les gouvernements, la société civile et le secteur privé.

Après la réunion avec le Comité, les agences prévoient de continuer la promotion de l’Appel à l’Action de la Déclaration devant les gouvernements africains, les communautés économiques régionales, le système des Nations Unies, la Banque Mondiale, la Banque Africaine de Développement, d’autres représentants de la société civile, du secteur académique et privé.

Note à l’éditeur/trice:
« Le Renforcement des Systèmes de Protection de l’Enfance en Afrique subsaharienne: Un Appel à l’Action » est un document conjoint produit par The African Child Policy Forum; African Network for the Prevention and Protection against Child Abuse and Neglect; Environnement et Développement du Tiers-monde; International Social Service; Mouvement Africain des Enfants et Jeunes Travailleurs; Plan International; Regional Inter-agency Task Team on Children and AIDS; Regional Psychosocial Support Initiative; Save the Children; SOS Children’s Villages International; Terre des hommes; UNICEF; et World Vision.

L’approche systémique que les agences promeuvent est guidée par la Charte Africaine sur les Droits et le Bien-Etre de l’Enfant (CADBE), la Charte Africaine de la Jeunesse (CAJ) et le Protocole de la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples relatif aux Droits des Femmes en Afrique (Protocole des Femmes Africaines). L’approche s’aligne complètement avec la Convention relative aux Droits de l’Enfant (CDE) ainsi qu’avec d’autres conventions, instruments et normes internationaux.

La CADBE aborde spécifiquement le droit des enfants à une protection, en ce qui concerne le travail des enfants, les abus commis à leur égard, la torture, la justice pour mineurs, la prise en charge et la protection parentale, les pratiques sociales et culturelles néfastes, la séparation des parents et l’adoption, l’exploitation sexuelle et la vente, la traite et l’enlèvement des enfants.

Pour plus d’informations, merci de contacter:
Patricia Martinache - martinache@africanchildforum.org
Shantha Bloemen – sbloemen@unicef.org
Kumar Davinder – Davinder.Kumar@plan-international.org
Elysia Nisan - elysia_nisan@wvi.org
Silvia Onate - Silvia.Onate@savethechildren.org
Lehlohonolo Chabeli - lehlohonolo.chabeli@repssi.org

 

 

 

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