Centre de presse

Faits marquants dans la région

Crise au Sahel

Urgence Mali

Communiqués

Initiative Film Africains

Reportages photos

Histoires vécues

Données et chiffres

 

Discours de Mme la Représentante de l’UNICEF en commémoration de la Journée de l'Enfant africain

NOTSÈ, Togo 14 Juin 2013 - « Madame la Ministre de l’Action Sociale et de la Solidarité Nationale,
Excellence Mesdames et Messieurs les Ministres,
Honorables Députés à l’Assemblée Nationale,
Mesdames et Messieurs les Représentants des organismes de coopération bilatérale et multilatérale,
Monsieur le Préfet de Haho,
Monsieur le Représentant de Plan au Togo,
Messieurs les Représentants des organisations des droits de l’enfant,
Vénérés Chefs Traditionnels et religieux,
Chers enfants,

C’est pour moi un réel plaisir de prendre la parole aujourd’hui au nom de l’UNICEF, à l’occasion de cette cérémonie de commémoration de la Journée de l’Enfant Africain.

« Eliminer les pratiques culturelles et sociales néfastes : notre responsabilité commune », tel est le thème proposé par l’Union africaine pour cette année. Un thème pertinent pour le continent africain et qui doit nous interpeller tous. La question qui est posée est de savoir si nous pouvons protéger les droits de l’enfant tout en observant des pratiques ancestrales respectées depuis des siècles.

En effet certaines pratiques traditionnelles peuvent porter préjudice aux enfants. Ainsi le mariage précoce des jeunes filles avant l’âge légal de 18 ans a de nombreuses conséquences négatives sur leur santé, leur scolarisation et leur développement en général.  De même le placement des enfants dans les couvents porte atteinte à leur droit à l’éducation et les séparent de leur famille à un âge où ils encore besoin de l’affection et de l’encadrement familial.

Certaines croyances traditionnelles amènent aussi des communautés à considérer certains enfants comme sorciers. A cause de ceci, ces enfants subissent toutes sortes de mauvais   traitements.  Dans des formes extrêmes, il peut arriver qu’un enfant soit tué à la naissance parce qu’il ou elle est né avec  unemalformation physique.

Certaines pratiques sont communes à toutes les régions, d’autres sont spécifiques à certaines localités et à certaines communautés. Souvent nous n’avons pas beaucoup de chiffres pour quantifier ces réalités. Nous savons cependant que le mariage précoce reste une pratique répandue. Ainsi, selon l’enquête par grappe à indicateurs multiples (MICS4) réalisée en 2010, près du tiers des femmes âgées de 20-49 ans se sont mariées ou ont été en union avant l’âge de 18 ans et 8% avant l’âge de 15 ans. Le mariage précoce chez les femmes est presque deux fois plus répandu en milieu rural qu’en  milieu urbain.

Vénérés chefs traditionnels et chefs religieux,

Je suis heureuse que dans le cadre de la préparation de cette journée, vous ayez été très nombreux à discuter de ce thème dans les différentes régions du Togo. Ce dialogue s’est poursuivi lors du forum qui s’est tenu ce matin ici. Je tiens à vous remercier pour votre disponibilité et pour avoir fait le déplacement à Notsé afin de participer au forum national.

Permettez-moi aussi de saisir cette opportunité pour adresser mes félicitations au Ministère de l’Action sociale et de la solidarité nationale pour avoir pris cette initiative, qui est une première au Togo.

Les chefs traditionnels et religieux sont les garants des us et  coutumes au sein de leurs communautés. Aussi un souci constant de justice et d’équité vous amène naturellement à faire en sorte que les pratiques découlant de ces coutumes ne portent préjudice à personne, et surtout pas aux enfants.

Cependant, comme l’a montré l’étude réalisée en 2012 sous la direction du Ministère de l’Action Sociale, on constate qu’un grand nombre d’enfants reste soumis à des pratiques qui les empêchent de jouir de leurs droits et vont à l’encontre de la protection dont il devrait faire l’objet. Rappelons que ces droits et cette protection sont définis notamment par le Code l’enfant adopté par le Togo en 2007.

Nous devons bien l’admettre, au moment même où je parle, des enfants togolais continuent à être soumis à des traitements inhumains ou dégradants qui peuvent entraîner des traumatismes graves.

Vénérés chefs traditionnels et chefs religieux,

Votre rôle est primordial car les membres de vos communautés vous écoutent. Ils se tournent vers vous pour trouver conseils et directions. Aussi votre engagement en faveur de la protection des enfants pourra toucher un grand nombre de familles et directement influencer les pratiques au sein de vos communautés.

Certains d’entre vous ont déjà pris des initiatives ; par exemple, en  décidant de réduire la durée de l’initiation des enfants au couvent pour assurer leur droit à la scolarisation. Des progrès sont enregistrés également dans d’autres domaines, comme la diminution très claire des pratiques de mutilations génitales féminines dans le pays.

C’est pourquoi je suis convaincue que vos discussions vont aboutir à définir des stratégies adaptées quiaideront à renforcer l’environnement protecteur nécessaire à tous les enfants.

Ce que nous célébrons aujourd’hui, c’est le début d’un dialogue communautaire fructueux qui va continuer à approfondir la réflexion sur les pratiques culturelles préjudiciables aux enfants et qui permettra aussi de renforcer la collaboration entre la  chefferie traditionnelle et religieuse  et les organismes de défense des droits de l’enfant, au premier rang desquels se trouve le Ministère de l’Action Sociale. Ensemble nous pourrons relever le défi  d’assurer une bonne harmonie entre les pratiques traditionnelles et les principes de protection de l’enfant.

C’est sur cette note d’espoir que je termine mon propos en me réjouissant encore une fois de cette initiative et en souhaitant qu’elle ne s’arrête pas là. Il reste un long chemin à parcourir ; nous venons de faire les premiers pas mais le voyage ne fait que commencer.

Nous allons donc continuer à avancer ensemble et œuvrer ainsi à bâtir un monde digne des enfants dans l’esprit de collaboration qui nous a animé ces derniers jours.

Dans la limite de ses moyens, je peux vous assurer que l’UNICEF continuera à apporter son soutien au gouvernement et aux partenaires impliqués dans la création d’un environnement protecteur de l’enfant.

Je vous remercie. »

 

 

 

unite for children