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Les chefs traditionnels du Togo s’engagent a lutter contre les pratiques prejudiciables aux enfants

Communiqué de presse conjoint - Journée de L’Enfant africain

NOTSÈ, Togo 14 Juin 2013 – « Eliminer les pratiques sociales et culturelles néfastes affectant les enfants : notre responsabilité collective ». Tel est le thème retenu par l’Union Africaine pour la commémoration de la Journée de l’Enfant africain qui a été célébrée à Notsè ce vendredi, en présence du Ministre de l’Action Sociale et de la Solidarité Nationale, Dr. Afi Ntifa Amenyo, de la Représentante de l’UNICEF, Dr Viviane Van Steirteghem et du Représentant de l’ONG Plan, M. James Fredrick Fritz Foster.

La commémoration a été marquée par un forum national rassemblant 35 chefs traditionnels et religieux venus des six (6) régions du pays, qui ont pris l’engagement formel de lutter contre les pratiques culturelles préjudiciables aux enfants. Cet événement avait été précédé par une série de consultations régionales auxquelles étaient conviés les chefs traditionnels et religieux et les membres du Conseil consultatif de lutte contre les violences faites aux enfants.

« Nous sommes heureux de cette opportunité qui nous a été offerte de revoir nos rites et traditions à la lumière des principes relatifs aux droits de l’enfant. Ceci nous a permis de réaliser que le respect des droits de nos enfants à la protection, à l’éducation et à la survie ne va pas à l’encontre de notre identité culturelle. Il la renforce au contraire en donnant la possibilité à nos enfants de grandir dans un environnement protecteur », a déclaré le Président des Chefs traditionnels du Togo, Togbui Agboli Agokoli IV.

Trop d’enfants dans le monde, et en Afrique notamment, sont victimes d’abus, de violences et d’exploitations au nom de la culture, de la tradition ou de la religion. L’expression de « pratiques culturelles et sociales néfastes » a été particulièrement associée aux mutilations génitales féminines. Cependant, ce terme englobe de nombreuses autres pratiques traditionnelles, coutumières, sociales et religieuses qui sont préjudiciables aux enfants.

Selon le Ministre de l’Action Sociale et de la Solidarité Nationale, Dr. Afi Ntifa Amenyo, « le Gouvernement du Togo est conscient des conséquences de certaines pratiques socio-culturelles néfastes affectant les enfants dans notre pays. Ces violences peuvent occasionner d’importants traumatismes sur les enfants et des conséquences graves et durables sur leur santé et des répercutions sur leur développement psychomoteur, leur scolarisation, leur vie sociale à court et long terme ».

Selon une étude sur les pratiques culturelles néfastes, commanditée par le ministère en charge de la protection de l’enfant en 2012, avec l’appui de l’UNICEF, les pratiques de mariage précoce, de placement des enfants dans les couvents, de stigmatisation des enfants dits sorciers ou encore d’infanticide sont encore une réalité au Togo.

Si certaines pratiques sont spécifiques à certaines communautés et certaines localités, d’autres, telle que le mariage précoce, sont répandues dans l’ensemble du pays. Ainsi, selon l’enquête MICS réalisée en 2010, près du tiers des femmes âgées de 20-49 ans ont été mariées ou ont été en union avant l’âge de 18 an et 8 pour cent l’ont été avant l’âge de 15 ans. Le mariage précoce chez les jeunes filles s’élève à 19 pour cent en milieu urbain mais est presque deux fois plus élevé en milieu rural.

« L’engagement pris par les leaders traditionnels en faveur de la protection des enfants revêt une importance particulière dans une société où la tradition et la religion occupent une place prépondérante», a précisé la Représentante de l’UNICEF, le Dr Viviane Van Steirteghem. « Les chefs traditionnels et religieux sont écoutés et respectés par les membres de leurs communautés qui suivent leurs conseils et directions. Aussi leur engagement pourra toucher un grand nombre de familles et directement influencer les pratiques. »

Le thème de la journée de l’enfant africain de cette année vise à souligner le devoir qui incombe à tous les Gouvernements, mais aussi à la communauté et aux parents, de protéger toute fille et tout garçon contre toute acte ou décision portant atteinte à ses droits et ce, quel que soit sa race, sa religion, son sexe, son opinion ou son appartenance ethnique.

La commémoration de cette 23e Edition de la Journée de l’Enfant africain au Togo servira de cadre à la dissémination de l’étude sur les pratiques culturelles néfastes au Togo mais aussi à la sensibilisation des leaders d’opinion et des communautés, sur les conséquences des pratiques sociales et culturelles préjudiciables aux enfants.
Par ailleurs les résultats de l’étude seront présentés aux universitaires du Togo afin de susciter l’intérêt des chercheurs et des étudiants pour poursuivre les recherches sur la thématique.

Décrétée en juillet 1990 par l’Organisation de l’Unité Africaine, la journée de l’enfant africain est commémorée le 16 Juin de chaque année par la communauté internationale, en souvenir du massacre perpétré en 1976 sur les enfants de Soweto en Afrique du Sud.

Pour de plus amples informations, veuillez contacter :

Albertine Azambo-Aquiteme, Ministère de l’Action Sociale et de la Solidarité Nationale ; 
tél. : +228 22 20 86 49 

Essi Fafa Soulé, Information & Communication UNICEF ;
tél. :  +228 22 23 15 10
courriel :  efsoule@unicef.org

 

 

 

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