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Les dynamiques de la pauvrété des enfants au Sénégal

 

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UNICEF WCARO

UNICEF a lancé, en septembre 2007, dans 40 pays, une initiative globale visant l’étude comparative de la pauvreté des enfants et des inégalités. Ces études visent notamment à renforcer les connaissances sur la traduction des politiques économiques et sociales en résultats pour les enfants.

Les études combinent plusieurs méthodes de mesure de la pauvreté - pauvreté monétaire, pauvreté des conditions de vie et privations - afin de mieux cerner la dimension holistique de la pauvreté.

Le Sénégal est l'un des pays d'Afrique de l’Ouest et du Centre ayant finalisé l’étude, réalisée en partenariat l’Agence nationale de la statistique et de la démographie, le Ministère de l'économie et des finances et la Cellule de suivi du Programme de lutte contre la pauvreté, avec l'appui de Macro International et l'Université de Bristol au Royaume-Uni.

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Entretien avec la Représentante de l’UNICEF au Sénégal, Giovanna Barberis.

Q: Quelles sont les principales conclusions et les défis auxquels sont confrontés les enfants au Sénégal?
R:
Comme dans la majorité des pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre, beaucoup trop d’enfants vient une situation de grande vulnérabilité. En dépit des progrès, les niveaux de pauvreté sont élevés, en particulier dans les zones rurales, et les enfants sont davantage touchés que les autres catégories de la population.

Selon l’étude, menée en 2008, 3 enfants sur 5 n’ont pas accès aux services de base. Les enfants sénégalais font face à des privations sévères dans le domaine du logement et de l’éducation; dans les zones rurales et dans les familles où le chef de famille n’a que peu ou pas été scolarisé.

Les enfants n’ont également qu’un accès limité aux services de santé. Par exemple, 21 pour cent des enfants n’ont jamais reçu de vaccination. Néanmoins, des progrès significatifs ont été faits pour réduire la mortalité des moins de cinq ans depuis 1990.

L'incidence de la pauvreté monétaire a baissé de 68% en 1994 à 51% en 2005.

Un bon en avant a été réalisé en matière d’éducation primaire ces 10 dernières années – l’effectif scolaire a presque doublé et la parité entre les filles et les garçons a été atteinte.  Cependant, des disparités persistent, en particulier entre les zones urbaines et rurales. Plus d’un quart des enfants en âge d’être scolarisés en cycle primaire sont hors du système formel et même quand les enfants sont sur les bancs de l’école, le niveau d’abandon est élevé, en particulier pour les 20 pour cent les plus pauvres.

Q: Vous mentionné un fossé urbain-rural. Pouvez-vous nous en dire plus?
R:
L’étude révèle les disparités et les inégalités entre les enfants vivant dans différents lieux et dans différents ménages.  Par exemple, les enfants des zones rurales courent davantage de risques de ne pas être enregistrés à la naissance, de travailler, d’être marié de manière précoce ou de souffrir de malnutrition.  Et, encore une fois, les enfants issus des 20% des ménages les plus pauvres et des ménages dont le chef de famille n’a que peu ou pas été scolarisé font face à de plus grandes privations.

Q: Quelles sont les implications en matière de politiques publiques pour améliorer la situation des enfants?
R:
L’étude donne une série de recommandations pour s’attaquer aux privations et aux disparités qui affectent les enfants. Le besoin de cibler les dépenses publiques et les politiques pour avoir un meilleur impact pour les enfants est une priorité.

Par exemple, cela signifie améliorer l’efficience des investissements en matière d’éducation afin d’éliminer les disparités et les iniquités et assurer un accès à une éducation de qualité pour tous.

De plus, il est essentiel d’investir dans des filets sociaux de sécurité, par le biais de transferts monétaires par exemple, pour promouvoir la santé et le développement de l’enfant et combattre la malnutrition.

Et ces recommandations sont d’autant plus pertinentes dans le contexte actuel de crise alimentaire, énergétique et financière.

Q: Pouvez-vous nous en dire plus sur l’impact de la crise mondiale sur les enfants?
R:
Beaucoup de familles faisant face à l’augmentation des prix alimentaires et de l’énergie et à la contraction de leur budget recours à des stratégies de survie.  Pour certains, cela signifie retirer leurs enfants de l'école pour les faire travailler ou s'occuper de certaines tâches domestiques. Dans bien des cas, les familles réduisent la variété et la qualité de leur régime alimentaire, ce qui souvent entraine une malnutrition. Des enquêtes menées récemment, en collaboration avec le PAM et la FAO, dans des zones rurales et urbaines du Sénégal, ont montré que la malnutrition s'est aggravée ces derniers mois.

La crise a provoqué un ralentissement de la croissance économique, une baisse des transferts des migrants, une contraction du marché du travail et une réduction des dépenses publiques sociales. Tous ces facteurs pourraient avoir un impact délétère sur la santé, l’éducation et la protection des enfants.

Nous ne pouvons pas laisser faire cela. Sortir les enfants de la pauvreté et atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement doit rester une priorité.Les investissements dans les secteurs sociaux doivent rester stables pour mitiger les effets de la crise.

Le Gouvernement du Sénégal et ses partenaires doivent œuvrer encore davantage pour assurer à chaque enfant une éducation de qualité, une meilleure santé et une nutrition adéquate pendant cette mauvaise passe économique.

De plus, il est très important d’améliorer la protection des enfants contre les abus et la violence.  Cela passe notamment par la formulation d’une stratégie nationale de protection de l’enfance, qui prévoit un meilleur système d’information sur les violations des droits des enfants et améliore la coordination des efforts du Gouvernement et des différents partenaires.

L’accent mis sur la lutte contre la violence à l’encontre des enfants lors des récentes célébrations du 20e anniversaire de la Convention des droits de l’enfant au Sénégal est une illustration de l’engagement du Gouvernement à améliorer le bien-être des enfants.

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Etudes sur la pauvreté
et les disparités
chez les enfants
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