Centre de presse

Faits saillants - A la une

Communiqués

Video

Essais photographiques

Histoires vécues

Données et chiffres

 

Une réponse aux défis de l'Afrique de l'Ouest - les droits de l'enfant

L’instrument juridique international relatif aux droits de l’homme le plus largement ratifié au monde a 20 ans aujourd'hui.

Dans ce texte, le Président de la Commission de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l'Ouest (CEDEAO), Dr. Mohammed Ibn Chambas, et le Directeur régional du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Dr. Gianfranco Rotigliano, présentent la Convention relative aux droits de l'enfant (CDE) comme une plate-forme essentielle pour l’accélération significative du développement dans la région.

Imaginez une Afrique de l'Ouest où les familles ne subissent pas de manière routinière la fatalité de la mort de leurs enfants frappés par des maladies évitables.

Imaginez aussi une Afrique de l'Ouest où l'eau potable et l'assainissement sont des acquis, où deux générations déjà ont reçu un enseignement primaire de qualité et où les personnes nécessiteuses reçoivent une aide du gouvernement.

Ce seraient là certains des bénéfices à savourer aujourd'hui si l'esprit de la Convention relative aux droits de l'enfant avait été pleinement mis en œuvre. Cela peut sembler à première vue une gageure. La CDE, et sa jumelle, la Charte africaine des droits et du bien-être de l'enfant, sont des instruments relatifs aux droits de l’homme porteurs de retombées sociales considérables. Ils visent à ce que les intérêts des enfants soient considérés comme une priorité pour le bien de tout le monde.

Pratiquement tous les pays de la CEDEAO ont ratifié à la fois la Convention et la Charte africaine sur le bien-être et les droits de l'enfant. En 2001, cet engagement régional a été renforce par les Chefs d'Etat de la CEDEAO lorsqu’ils ont déclaré une Décennie pour la promotion des droits de l’enfant en Afrique de l'ouest. Les enfants, ont insisté les leaders, ont un droit inaliénable à un avenir meilleur. Investir dans les enfants, les filles en particulier, donne les meilleurs rendements pour le développement.

Des études socio-économiques ont maintes fois montré qu'investir dans les enfants, les filles en particulier, donne les meilleurs rendements pour le développement. Non pas seulement parce que c’est le bon choix pour le respect des droits de l'homme, mais aussi parce que cela génère un bon retour sur investissement, en fournissant une valeur ajoutée aux gouvernements nationaux, à leurs communautés et aux enfants eux-mêmes.

Beaucoup diront que cette approche est bien intentionnée, mais impossible à mettre en œuvre. Quand il y a tant d'autres urgences à financer sur les budgets nationaux, les enfants ne sont pas la priorité.

La base sous-jacente de tout cela est peut-être à chercher dans une opinion tenace selon laquelle « les enfants doivent être aimés, mais ce sont les adultes qui comptent ». Mais cette vue est aussi courte que le temps qu'il faut à un enfant pour grandir. La moitié de la population de cette région est née depuis que la CDE a été signée. Beaucoup sont de jeunes adultes, frustrés par leur manque d’opportunités et piégés dans un cycle de pauvreté et de privations. Ces derniers sont en proie à des facteurs de risque qui auraient pu être réduits ou évités par une meilleure condition et l'éducation.

Un test de gouvernance
Sans doute beaucoup de progrès ont été réalisés par les pays de la région. Il y a vingt ans très peu d'organisations et programmes se dévouaient à résoudre les problèmes relatifs au travail des enfants, à la maltraitance et l'exploitation sexuelle des enfants, à la violence à l’égard des enfants à l’école et à la maison, à leur enrôlement dans les forces armés, à la justice pour les enfants et à la protection des orphelins et enfants vulnérables.

Il y a maintenant dans tous les pays des organismes engagés à promouvoir la protection des enfants et un certain nombre de lois édictées en conformité avec les normes internationales ont été adoptées. Bien qu'il existe encore des violations massives des droits des enfants, les efforts pour les contenir ont considérablement augmenté au cours des deux dernières décennies.

Nous commençons aussi à voir les prémices en matière de protection sociale avec des implications énormes pour les familles et leur capacité à prendre soin des enfants. Dans la plupart des pays, la mise en place de filets sociaux sur fonds publics est un défi majeur, même si c’est une question de plus en plus abordée dans le cadre des stratégies nationales de réduction de la pauvreté.

Certains pays, dont le Burkina Faso, le Cap Vert, la République démocratique du Congo, le Ghana, le Mali et le Sénégal, ont élaboré des stratégies des politiques ou des plans nationaux de protection sociale. La CEDEAO, lors de réunions tenues cette année au Bénin et en Gambie, a incité ses États membres à augmenter le financement des institutions nationales actives dans les droits de l'homme et la Commission est entrain de développer un réseau régional pour appuyer la mise en œuvre des lois et politiques.

Mais selon les statistiques officielles, l’Afrique de l’Ouest et du Centre présente certains des problèmes les plus aigus qui touchent les enfants dans le monde. Environ 3 millions d’enfants meurent avant leur cinquième anniversaire, 25 millions d’enfants ne sont pas scolarisés et un tiers de tous les décès maternels dans le monde se trouvent dans cette région. 

Beaucoup reste encore à faire pour assurer l'intégration des enfants vivant avec un handicap dans les plans de protection nationaux et régionaux, et veiller à ce qu’ils puissent bénéficier pleinement de leur droit à une vie active et épanouie.

L'Afrique tout entière aura à relever de nouveaux défis. Nous ignorons encore l’ensemble des effets de la crise financière mondiale et de la réduction de la demande pour certaines matières premières à un moment où les prix des produits alimentaires sont en hausse. Il s'agit d'une situation de tous les dangers dans une région où tant d'enfants souffrent de malnutrition et tant de familles vivent dans la subsistance. Nous avons plus que jamais besoin de faire de l’intérêt supérieur de l’enfant le principal test de la gouvernance.

De même, nous ne sommes sûrs de rien sur les effets du changement climatique. Mais nous sommes sûrs que l'Afrique sera plus durement touchée, avec des perspectives très sombres pour le grand nombre des personnes vulnérables vivant dans la région.

En conséquence, nous avons plus que jamais besoin de faire de l’intérêt supérieur de l’enfant le principal test de la gouvernance et de développer les capacités pour la réalisation des droits de l’enfant. Lorsque nous améliorons la scolarisation, l'accès aux établissements de santé et aux services sociaux, tout le monde y gagne.

La CEDEAO et l'UNICEF appellent les communautés, les donateurs, les gouvernements et autres parties prenantes à mobiliser la volonté politique et les financements nécessaires afin que tous les enfants d’Afrique de l'Ouest soient correctement protégés, éduqués et soient en bonne santé. Sans cet engagement, l'avenir est sombre.

 

 

 

 

Anniversaire de la CDE

Ressources

La Convention sur les
droits de l'enfant a
20 ans

Tous les droits,
pour tous les enfants

(Site web en anglais)


 

unite for children