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Santé maternelle et du nourrisson

Nutrition

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Au Sahel

UNICEF/Chad/2010/Gangale
© UNICEF/Chad/2010/Gangale
Un enfant se fait tester à l'aide d'un MUAC, le bracelet qui sert à détecter la malnutrition aiguë, lors d'un dépistage communautaire à Nokou, dans la région du Kanem à l'ouest du Tchad.

En 2010, les pays du Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad) sont affectés par une crise alimentaire majeure qui aggrave la malnutrition déjà élevée des enfants de la région.

L’UNICEF estime à 859 000 le nombre des enfants de moins de cinq ans au Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad qui auront besoin d’un traitement urgent contre la malnutrition sévère.

L’impact de l’insécurité alimentaire sur les enfants de 6 mois à 5 ans est déjà sensible au Niger et au Tchad, où des milliers de foyers manquent de vivres. Une augmentation significative du nombre des admissions d’enfant malnutris aiguë est attendue dans les centres thérapeutiques. La malnutrition rend les enfants particulièrement sensibles aux maladies infectieuses.

Nous savons comment combattre la malnutrition et soigner les enfants malnutris, et de nombreuses organisations sont associées dans un plan commun d’action, qui vise à prévenir les décès et les conséquences à long terme sur la santé des enfants dans cette situation de crise, en distribuant notamment des aliments de supplément et des aliments thérapeutiques aux enfants malnutris aiguës.Plus de 50% des décès des enfants sont attribuables à la malnutrition.

Dans le Sahel, la stratégie de l’UNICEF s’attaque aussi aux causes sous-jacentes de la malnutrition: protéger, promouvoir et soutenir des pratiques optimales d’alimentation des jeunes enfants, fournir des vitamines et sels minéraux par des farines enrichies et des suppléments nutritionnels, et promouvoir l’accès à l’hygiène et à l’eau potable et aux soins de santé préventifs et curatifs.

Ces actions qui ont prouvé leur efficacité pour sauver des vies d’enfants sont menées au niveau des communautés.

Selon les enquêtes nationales sur la nutrition et la survie de l’enfant menées ces dernières années avec le soutien de l’UNICEF dans les pays du Sahel, la malnutrition est toujours égale ou supérieure aux seuils d’urgence en "temps normaux".

Le faible accès aux soins, à l’eau potable et à l’hygiène et le faible niveau d’allaitement maternel exclusif chez les femmes allaitantes expliquent ces niveaux élevés de malnutrition.

Faits et chiffres
• Le Sahel présente certains des taux de mortalité infanto-juvénile les plus élevés au monde. Le taux de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans au Sahel est de 222 pour 1 000 naissances vivantes (soit 449 000 décès d’enfants par an). Ce qui signifie qu’un enfant sur cinq dans le Sahel meurt avant l’âge de cinq ans.
• Au Sahel, plus de 50% des décès des enfants sont attribuables à la malnutrition, la cause de plus de 225 000 décès d’enfants chaque année.
• Le Sahel présente aussi certains des taux de malnutrition aiguë chez les enfants les plus élevés au monde. 
• La malnutrition aiguë touche en premier les nourrissons et les jeunes enfants. Plus de 80% des enfants de moins de cinq ans souffrant de malnutrition aiguë sont des jeunes enfants de moins de trois ans. Il est estimé que 18% des enfants de moins de trois ans (soit 1,1 millions d’enfants) souffrent de malnutrition aiguë. La malnutrition n’est pas limitée aux zones d’insécurité alimentaire.
• La prévalence de la malnutrition aiguë dans la région dépasse les seuils d’urgence. Selon l’OMS, lorsque la prévalence de la malnutrition aiguë chez les enfants de 6 à 59 mois est supérieure à 10%, la situation nutritionnelle des enfants est considérée comme sérieuse ; lorsqu’elle dépasse 15%, la situation nutritionnelle des enfants est alors considérée comme critique.
• La malnutrition chronique chez les enfants est répandue et sévère. Il est estimé que 40% des enfants de moins de cinq ans (soit 4,3 millions d’enfants) souffrent de malnutrition chronique. De plus, 50% des enfants de moins de cinq ans qui sont chroniquement malnutris souffrent de malnutrition chronique sévère.
• Les taux de malnutrition chez les enfants sont restés au-dessus des seuils critiques pendant au moins une décennie. Pendant la période de soudure (entre deux récoltes), les taux peuvent grimper à 15% ou plus. Ces prévalences stagnantes couplées à une croissance rapide de la population se traduisent par une augmentation de 40 à 50% du nombre absolu d’enfants souffrant de malnutrition dans les dix dernières années.
•Au Sahel, le taux de malnutrition aiguë est plus élevé entre 6 mois et 2 ans, à cause de pratiques d’alimentation dommageables des jeunes enfants ; ainsi, le taux d’allaitement maternel exclusif dans les six premiers mois de vie – 20% environ – est très faible comparé aux 40% enregistrés dans d’autres régions d’Afrique.
• La malnutrition des enfants n’est pas seulement limitée aux zones rurales; les enfants vivant dans les zones urbaines en souffrent également. Les enquêtes nationales révèlent des hauts niveaux de malnutrition dans les centres urbains. A Ouagadougou et N’Djamena, plus de 16% des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition aiguë.
• La malnutrition n’est pas limitée aux zones d’insécurité alimentaire. Des taux très élevés de  malnutrition chez les enfants sont rencontrés dans des régions qui ne sont pas classées comme vulnérables à l’insécurité alimentaire. Par exemple, au Niger (2005), certains des taux les plus élevés de malnutrition aiguë chez les enfants ont été trouvés à Zinder, une région où l’insécurité alimentaire est considérée comme faible.

Déterminants de la malnutrition au Sahel
Au Sahel, les déterminants majeurs de la malnutrition chez les enfants incluent :
• Des pratiques d’alimentation inadéquates dans les deux premières années de la vie (allaitement maternel et alimentation de complément à l’allaitement maternel) ;
• Des pratiques inadéquates de soins pour les nourrissons, les jeunes enfants et les femmes, particulièrement pendant la grossesse et la lactation ;
• Des niveaux de morbidité élevés et un accès limité aux services de santé essentiels, à l’eau propre et à un environnement sain ;
• Le manque d’accès des femmes à l’éducation, aux informations sur les pratiques qui sauvent, et au pouvoir de décision.
Ces facteurs conjugués engendrent le cercle vicieux de la malnutrition et de la maladie, cause de taux de mortalité intolérables chez les enfants, d’une croissance ponctuée de maladies et d’un développement limité.
Au Sahel, une crise nutritionnelle chez les enfants est en cours. Cette crise nutritionnelle d’ampleur régionale exige une réponse urgente et efficace. Pour assurer que des interventions qui ont fait leurs preuves, peut coûteuses et d’un grand impact, essentielles pour la nutrition et la survie de l’enfant, soient mises en œuvre a l’échelle nationale, au niveau des structures de santé et des communautés.

Interventions clés pour lutter contre la malnutrition
Ces interventions essentielles sont regroupées autour de trois axes majeurs :
• Les pratiques d’alimentation et de nutrition
• Les pratiques de santé, d’hygiène et de soins
• L’éducation, l’information et le soutien.
Ces interventions essentielles ont pour but d’éviter la malnutrition chez les enfants et de porter secours aux enfants malnutris.

La prévention et la prise en charge peuvent être atteintes à travers une amélioration:
• De la nutrition en période prénatale pour prévenir le faible poids à la naissance
• Des pratiques d’allaitement maternel dans les deux premières années de la vie
• Des pratiques d’alimentation de complément dans les deux premières années de la vie
• Des apports en micronutriments dans la petite enfance et pendant la grossesse et la lactation
• Du contrôle de l’anémie dans la petite enfance, pendant la grossesse et la lactation
• De l’alimentation et soins pour les enfants souffrant de malnutrition
• De l’éducation des femmes et de leur accès à l’information et au pouvoir de décision.

Implications en matière de politiques publiques pour atteindre les OMD 1 et 4
Pour atteindre, au Sahel, l’Objectif du Millénaire de réduire de moitié les taux de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans et les taux de malnutrition chez les enfants (1990-2015), la lutte contre les taux de malnutrition inadmissibles rencontrés au Sahel doit se traduire en politiques, programmes et investissements prioritaires.

Les gouvernements doivent conduire ce processus, car ils sont les premiers responsables de l’état nutritionnel de leurs enfants. La crise nutritionnelle d’ampleur sous-régionale exige une réponse urgente et efficace.

Les gouvernements doivent assumer la situation nutritionnelle de leurs enfants et agir à travers des politiques et des programmes durables, incluant l’allocation de ressources humaines et financières appropriées.

Les agences des Nations Unies, les partenaires humanitaires et du développement doivent soutenir les efforts nationaux pour prioriser, dans les politiques et budgets nationaux, la lutte contre la malnutrition des enfants.

Enfin, les communautés et les personnes ressources de ces communautés doivent être impliquées comme les agents du changement.

 

 
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