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UNICEF/Niger/2005/Pirozzi
© UNICEF/Niger/2005/Pirozzi
Pour être en bonne santé et se développer, un enfant doit recevoir un ensemble de nutriments essentiels au bon fonctionnement de son métabolisme.

La sous nutrition fait partie des problèmes de santé publique les plus sérieux mais aussi les plus négligés dans les pays en développement. Dans les pays à revenus faibles et intermédiaires, la sous nutrition est responsable de 45% des décès chez les enfants de moins de 5 ans. La sous nutrition de l’enfant accroit également les risques de maladies infectieuses et altère le développement physique et mental.

En Afrique de l’Ouest et du Centre (WCAR), on estime qu’un million d’enfants de moins de cinq ans décèdent chaque année de causes liées à la sous nutrition. Parmi les 15 pays dans le monde ayant les taux de mortalité les plus élevés, 11 sont à WCAR. La prévalence du stunting chez les enfants de moins de 5 ans est particulièrement élevée, et est égale ou supérieure à 40% dans 8 pays de la région.

Voyez cette vidéo sur les enfants souffrant de malnutrition au Mali :

Les différentes formes de sous nutrition

Il y a différentes formes de sous nutrition chez l’enfant. Cela inclut d’être trop petit pour son âge (stunting) ; d’être dangereusement maigre pour sa taille (émaciation), en sous poids par rapport à son âge, ce qui est un indicateur composite du stunting et de l’émaciation, et les carences en vitamines et minéraux (carences en micronutriments).

Le stunting, ou malnutrition chronique, est signe d’une impossibilité pour un individu d’atteindre son potentiel génétique en termes de taille. Une fois qu’un enfant souffre de stunting, il est difficile pour lui de rattraper ce retard de taille. Le stunting altère significativement le développement et la survie de l’enfant et peut également engendrer des conséquences néfastes sur le long terme.

L’émaciation augmente le risque de mortalité de l’enfant ; s’il souffre de la forme sévère, son risque de mortalité est 9 fois supérieur à un enfant qui ne souffre pas d’émaciation. La malnutrition aigüe globale (MAG) inclut la malnutrition aigüe modérée (émaciation) et la malnutrition aigüe sévère, qui se manifeste de 2 façons : une émaciation sévère ou la présence d’œdèmes.

Les carences en micronutriments englobent les carences en vitamine A, fer, iode, zinc et acide folique. Ces carences peuvent altérer la santé de l’enfant et affecter la survie, la croissance et le développement de l’enfant.

Les prévalences de sous nutrition à WCAR sont parmi les plus élevées du monde :

  • Le retard de croissance touche 39% des enfants de moins de 5 ans- ou 27 millions d’enfants de moins de 5 ans dans la région (figure 1).
  • Environ 12% des enfants de moins de cinq ans – soit 7.8 millions d’enfants- souffrent de MAG. Dans 8 pays de la région, la prévalence de MAG est égale ou supérieure à 10%, ce qui est le seuil d’alerte selon les standards de l’OMS (figure 2).
  • Presque tous les pays de la région ont une prévalence d’anémie chez les enfants de moins de cinq ans bien supérieure au seuil de 40%, qui définit la situation comme sévère (figure 3). Globalement, la prévalence de l’anémie chez les enfants de moins de cinq ans dans la région est de 75%.

Les causes de la sous nutrition de l’enfant

Les causes immédiates de sous nutrition, d’apports inadéquats et d’infections sont influencées par 3 facteurs généraux : la nourriture, la santé et les soins prodigués à l’enfant. Un statut nutritionnel optimal est atteint lorsque l’enfant a accès à une nourriture abordable, diversifiée, riches en nutriments ; à des soins et pratiques appropriés, à des soins de santé adéquats, et à un environnement sain qui inclut de l’eau potable et des pratiques d’hygiène appropriées.

Durant les 6 premiers mois de vie, un enfant non allaité a 14 fois plus de risques de mourir qu’un enfant allaité exclusivement, toutes causes confondues. Malheureusement, le non allaitement exclusif est toujours pratiqué communément à WCAR (figure 4).

En ce qui concerne le stunting, les causes principales incluent une nutrition inadéquate pour soutenir la croissance et le développement rapide des nourrissons et des jeunes enfants et les fréquentes infections durant les premières années de vie. Les femmes souffrant de stunting ont à leur tour davantage de risque de donner naissance à des enfants de petit poids de naissance, perpétuant ainsi un cycle intergénérationnel.

La principale cause d’anémie est la carence en fer. Les infections parasitaires comme les vers intestinaux et le paludisme peuvent également en être à l’origine ou l’aggraver.

Au-delà de ces facteurs immédiats, des causes basiques de sous nutrition sont multiples : pauvreté, inéquité, manque d’éducation de la mère, statut social de la mère et autres facteurs sociaux et culturels.

Les solutions

Les prévalences de stunting et d’autres formes de sous nutrition peuvent être réduites grâce à des interventions efficaces. Parmi celles-ci, on compte l’amélioration de la nutrition de la femme ; l’allaitement précoce et exclusif dans les 6 premiers mois de la vie ; une alimentation de complément sûre, appropriée, de bonne qualité, introduite en temps voulu et couplée à un allaitement maternel continu et à une stimulation émotionnelle ; des interventions appropriées dans le domaine des micronutriments ; la promotion des bonnes pratiques sanitaires ; l’accès à l’eau potable ; la prévention et le traitement de la malnutrition aigüe sévère ; la promotion des pratiques favorables à la santé et l’utilisation appropriée des services de santé. Ces interventions devraient prioritairement avoir lieu durant les 1000 premiers jours, de la grossesse aux 2 ans de l’enfant.

Ces interventions nutritionnelles sont idéalement complétées par des contributions du domaine de l’agriculture, de la protection sociale, du développement précoce de l’enfant et de l’éducation. La coordination de ces interventions appelées interventions sensibles à la nutrition et des interventions nutritionnelles est nécessaire pour bâtir les fondations de la résilience dans les temps de crise et pour un futur sain et prospère.

La nutrition est en effet centrale dans l’agenda de la résilience, particulièrement dans les régions telles que le Sahel. Il y a un besoin reconnu de construire des systèmes de résilience pour agir sur les causes fondamentales, sous-jacentes et immédiates de la sous nutrition, pour promouvoir et protéger la nutrition à tout moment, et pour maintenir un statut nutritionnel adéquat pendant les périodes de stress. A cet effet, l’UNICEF supporte l’initiative régionale AGIR (l’Alliance Globale pour l’Initiative Résilience au Sahel) et œuvre pour intégrer la nutrition au cœur de son agenda.

L’engagement

Les intervenants en nutrition du monde entier sont unis autour du mouvement Scaling Up Nutrition (SUN), qui soutient les processus menés au niveau national pour la réduction du stunting et d’autres formes de sous nutrition. Les pays participants au mouvement SUN mettent en place les politiques appropriées, collaborent avec des partenaires pour mettre en œuvre des interventions nutritionnelles spécifiques mais également des approches sensibles à la nutrition, et mobilisent des ressources pour mettre à l’échelle de manière efficace les interventions nutritionnelles. Parmi les 41 pays SUN à travers le monde, 15 se situent en Afrique de l’Ouest et Centrale.

Signe d’un engagement fort des pays de WCAR pour la nutrition, l’assemblée des Ministres de la Santé de la communauté économique des états de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont appelé, en 2009, les états membres et leurs partenaires à accélérer les efforts pour lutter contre la sous nutrition dans la région, avec des actions spécifiques dans le domaine des renforcements des capacités, la supplémentation en vitamine A pour la survie de l’enfant, la nutrition du nourrisson et du jeune enfant et la prise en charge intégrée de la malnutrition aigüe.

 

 
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