Plus de 15 000 Ivoiriens ont fui la crise politique pour chercher refuge au Libéria
COMTÉ DE NIMBA, Libéria, 28 décembre 2010 - Wonyen Basee, 12 ans, décrit les épreuves subies par sa famille - une marche de trois jours dans la brousse puis de l'autre côté de la frontière, au Libéria - à la suite des violences qui ont suivi le second tour de l'élection présidentielle le mois dernier dans sa Côte d'Ivoire natale. Wonyen fait partie des milliers d'Ivoiriens - pour la plupart des enfants et des femmes - qui se sont enfuis depuis le déroulement des élections. "Il y avait beaucoup de monde qui marchait avec nous. Nous avons pris la fuite parce que nous craignions les rebelles", dit-elle. Le Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés et la Commission libérienne pour le rapatriement et la réintégration des réfugiés ont immatriculé au Libéria plus de 15 000 Ivoiriens durant les trois dernières semaines. Les réfugiés vivent avec des familles d'accueil libériennes mais la plupart des communautés d'accueil sont déjà débordées. Intervention humanitaire Des objets indispensables, comme des casseroles, des couvertures, du savon, des moustiquaires ou des matelas, sont distribués aux réfugiés et aux familles d'accueil. Parallèlement, le Programme alimentaire mondial (PAM) est en train d'expédier de la nourriture dans les zones sinistrées et l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) collabore avec le ministère de la santé pour accroître les prestations en matière de santé. L'UNICEF assure la coordination de l'intervention humanitaire pour l'alimentation, l'eau et l'assainissement, la protection de l'enfance et l'éducation, cela en partenariat avec les ministères compétents. "Il y a plus de 22 camps qui accueillent des réfugiés et c'est vraiment une chose difficile que de pourvoir en eau potable, en installations sanitaires et en prestations diverses toutes les communautés en raison du mauvais état des routes", observe Sam Treglown, chargé de l'eau et de l'assainissement à l'UNICEF. "Nous essayons de faire de notre mieux pour parvenir le plus vite possible auprès des communautés".
Conditions en cours de détérioration "Ils sont comme les nôtres", dit-il. "Nous parlons la même langue et nous sommes heureux de les accueillir mais ils doivent travailler avec nous dans les fermes pour que nous puissions produire assez de nourriture pour tout le monde". En dépit de l'hospitalité des Libériens du secteur, les conditions de vie dans les communautés d'accueil se détériorent. Jusqu'à 20 personnes - y compris des hommes, des femmes et des enfants - doivent dormir ensemble dans de petites pièces et un nombre important d'enfants réfugiés sont malnutris. D'autres sont atteints de paludisme et de diarrhée. De nombreuses femmes enceintes et mères allaitantes figurent également parmi les réfugiés. Espoir de paix "J'étais en train de jouer et j'ai vu tellement de gens marcher en file que je les ai suivis", a raconté Dan Woulie, 3 ans, à une équipe d'évaluation de l'UNICEF. Dan est le plus jeune des enfants non accompagnés jusqu'à présent immatriculés. Une famille de réfugiés s'occupe de lui jusqu'à ce que sa famille puisse être retrouvée de l'autre côté de la frontière. Sept années se sont écoulées depuis la fin de la guerre civile du Libéria, qui a duré 14 ans, et la violence dont il est fait état en Côte d'Ivoire, le pays voisin, représente ici une source d'inquiétude pour de nombreuses personnes. Néanmoins Gomou Notia, 100 ans, est heureuse d'accueillir une jeune famille ivoirienne à Douplay, sur le côté libérien de la frontière. "Nous tentons de faire de notre mieux pour partager ce que nous avons avec nos hôtes mais nous n'avons pas assez de nourriture pour tenir longtemps", dit la centenaire. "J'ai vu beaucoup de choses autrefois. Tout ce que j'espère à présent, et je prie pour cela, c'est la paix sur notre territoire". Par Miraj Pradhan et Bill Diggs
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