Campagne de vaccination contre une maladie mortelle au Cameroun : le tétanos néonatal
District de Bafut, Cameroun, 22 octobre 2010 - Dans les forêts au nord-ouest du Cameroun, des chemins poussiéreux et cabossés remontent le long des montagnes escarpées, puis disparaissent dans les ravins situés au dessous. Ici, les distances ne se mesurent pas en kilomètres mais en fonction des efforts fournis pour se rendre d'un endroit à l'autre.
Pour aller du village où habite Bridget Apum au centre de santé le plus proche, à 5 km, il faut fournir des efforts considérables - et surtout pour une femme enceinte ou sur le point d'accoucher. C'est pour cette raison que la fille de Bridget, Irene Tanyi, a dû accoucher à son domicile. Un sort tragique « Elle a coupé le cordon ombilical avec une lame de rasoir achetée au marché, » a-t-elle ajouté. Une fois le cordon ombilical coupé, la fille nouveau-née de Mme Tanyi, Eyah, a contracté le tétanos. Ses muscles ont commencé à se raidir et on l'a portée au centre de santé. En dépit des efforts fournis, Eyah est décédée deux semaines plus tard. Elle est enterrée dans une petite tombe derrière la maison de sa grand-mère. Le tétanos maternel et néonatal peut facilement être évité grâce à la vaccination et à l'adoption de pratiques d'accouchement hygiéniques dans les dispensaires. Cependant, la maladie est encore l'une des causes majeures des décès maternels et néonatals, au nombre de plusieurs milliers par an. Le tétanos néonatal se développe lorsqu'une bactérie infecte l'organisme par le biais d'une coupure ou d'une plaie. La plupart du temps, il est attribué à la coupure et les soins non hygiéniques du cordon ombilical pendant l'accouchement, qui est souvent assisté par des accoucheuses peu qualifiées.
Élargir la couverture vaccinale Une évaluation effectuée en 2007 a montré un niveau de couverture particulièrement bas dans la région nord-ouest du pays. En 2010, cette zone a été ciblée à deux reprises afin d'atteindre au moins 90 pour cent des femmes avec la seconde piqûre, 80 pour cent avec la troisième piqûre et, enfin, d'éradiquer entièrement le tétanos maternel et néonatal au Cameroun. « Nous arrivons à la fin du processus et il est maintenant très important de terminer par les districts qui ont encore un risqué élevé de tétanos, » explique le Dr Belyse Ngum Halmata, responsable de la vaccination de l'UNICEF. La campagne visait les femmes âgées de 15 à 49 ans et avait été mise en oeuvre dans les centres de santé, les points de rassemblement dans les villages et même dans les écoles. Grâce à un partenariat de collecte de fonds organisé avec Pampers, l'UNICEF a pu fournir des vaccins, apporter une assistance logistique pour livrer ces vaccins dans les zones reculées, et aider à former les agents sanitaires dans les centres de vaccination improvisés. Les stations de radio ont également diffusé des informations sur le programme et l'emplacement des centres de vaccination. Le soutien de la communauté Pour montrer son soutien, l'une des premières patientes d'Esther était la fille du chef, la princesse Florence Abumbi. « Cette femme est comme un récipient contenant une boisson précieuse, a dit la princesse Abumbi. Cette boisson, c'est le bébé qu'elle porte dans son ventre. Et une femme qui ne se protège pas contre le tétanos expose son bébé à cette maladie. » À ce jour, la campagne de l'UNICEF-Pampers pour l'éradication du tétanos maternel et néonatal a fait don d'environ 300 millions de vaccins dans le monde entier. Si elle atteint ses objectifs, plus aucun bébé ne mourra à cause du tétanos au Cameroun, et les familles ne perdront plus des êtres chers à cause de cette maladie mortelle mais évitable. Par Shantha Bloemen
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