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In Chad, 102,000 severely malnourished children in need of life-saving care | Au Tchad, 102000 enfants sévèrement malnutris ont besoin de soins vitaux

UNICEF/Chad/2010/Gangale
© UNICEF/Chad/2010/Gangale
Eta is testing Hissene's appetite, If a severely malnourished child still has appetite, he will be treated at home, with a weekly visit at the nutritionnal center.

Moussoro, Chad, 10 May 2010 - There was no question that Hissène needed treatment when he arrived at the nutrition center of Moussoro town.

He is a child in the ‘red zone’, meaning that he is severely malnourished. 

He is one of the 102,000 severely malnourished children of Chad who will need life-saving care in 2010.

Fatimé, the alert nutrition worker who welcomes the children, immediately recognized the signs. 

 “This child is malnourished”, she said, almost as soon as Eta uncovered her son. The window on the bracelet she used to measure the circumference around Hissene’s upper arm showed red. It was confirmation.

Acute malnutrition over 15%
And Hissène is not an isolated case in Chad in 2010. 

In Moussoro, the capital of Bar-El-Ghazel province, acute malnutrition among children has been above emergency thresholds (15%) for a decade. But this year will be far worse. People have already sued their food stocks and, when cattle are dying and crops are poor, more children suffer from malnutrition.

Since January this year the nutrition centers that UNICEF supports, like the one of Moussoro town, have admitted twice the usual number of malnourished children.

Outpatient nutrition centers
Hissène was screened in his village. Since April 2009, a network to fight malnutrition has been established in Chad with community level screening and outpatient nutrition centers.

Mobile teams are going to the villages. They train and supervise volunteers chosen by the community to detect malnutrition and to refer affected children to the outpatient nutrition centres. These centres took care of more than 9,000 children in 2009. To meet the crisis 44 new centres will open in 2010. They may have 50,000 children to save in the Sahelian belt of Chad.

As Eta was waiting, the small room filled up with mothers and children. Eta brought Hissène to the outpatient nutrition center on a Saturday morning, the day of the therapeutic food distribution. Children suffering from severe and acute malnutrition need specialist feeding and medical care to recover. In this center, mothers are given therapeutic food for their child every week.

Test of appetite
After his assessment Hissène and his mother are sent to another room where 4 other children are waiting. When the room is full, a nutrition officer explains what is going to happen.

When the mothers and the children have washed their hands with soap, each child receives a bag of ready-to-use therapeutic food.

If he eats all or part of it within an hour, the child can be treated here once a week. Otherwise, the damaged appetite has to be restored in the therapeutic feeding center of the hospital.

At first Hissène, who seems weak, coughs and refuses the mixture. But Eta keeps on trying, putting some of the peanut butter like substance of her finger for him.  Hissène finally swallows and stops frowning.

Hissène, out of the red zone
Apparently it does not taste so bad after all. Hissène has been sick for about two months but Eta didn’t have the money to bring him to town. Yesterday, the mobile team told her to go to Moussoro.

So, this morning, at dawn, Eta left with Hissène. Her husband stayed with their four other children and their small herd of kids cattle in their village, 5 kilometers away.

When asked if life is difficult this year, Eta just nods and smiles. They have to sell their goats, and “at give away prices”. A goat will soon cost the price of a 100 kg bag of maize, the only food the household can afford. But this is not enough for young children who need more nutriments.

What will they do if they sell all their goats? Eta smiles again. “I don’t know. We live day by day, and hope. Maybe, if you tell the world what is going on here, they will help us.”

Hissène grabs the brightly coloured bag containing the feed and cries in despair, He wants more. Eta smiles. Hissène won’t need to go to the hospital. Next Saturday, Eta will travel at dawn again to Moussoro. Her baby has discovered a sweet tooth and will soon get better.

By Anne Fouchard

UNICEF/Chad/2010/Gangale
© UNICEF/Chad/2010/Gangale
Eta, la maman d'Hissène, procède au test de l'appétit. Si l'enfant sévèrement malnutri a encore de l'appétit, il peut être soigné dans le cadre des soins ambulatoires avec une visite hebdomadaire au centre nutritionnel.
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Moussoro, Tchad, 10 mai 2010 - Quand il s’est présenté au centre nutritionnel de Moussoro urbain, il était évident qu’Hissène avait besoin de soins. Hissène est un enfant « dans le rouge », ce qui signifie qu’il est sévèrement malnutri. Il est l’un des 102 000 enfants sévèrement malnutris  qui auront besoin de soins vitaux au Tchad en 2010.

La vigilante Fatimé qui accueille les enfants a immédiatement reconnu les signes. « Cet enfant est malnutri », dit-elle alors qu’Eta découvre son fils enfoui dans ses voiles.

La fenêtre du bracelet qui sert à mesurer la circonférence de l’avant-bras du petit Hissène s’ouvre sur la zone rouge ; l’évidence est confirmée.

Plus de 15% de malnutrition aiguë
Le cas d’Hissène est fréquent, dans le Bar-El-Ghazel, en 2010. Dans cette région sahélienne du Tchad où l’on manque de tout, la malnutrition aiguë des enfants est supérieure aux seuils d’alerte (15%) depuis dix ans.

Mais elle atteint cette année des proportions encore plus graves, alors que la population a déjà épuisé ses stocks de vivres deux mois avant la période de soudure. Quand le bétail meurt et que les récoltes sont maigres, alors les enfants souffrent de malnutrition.

Depuis janvier, les centres nutritionnels soutenus par l’UNICEF ont admis beaucoup plus d’enfants que d’ordinaire.

Des centres ambulatoires contre la malnutrition
Hissène a été détecté dans son village. Depuis avril 2009, un réseau de soin pour combattre la malnutrition a été mis en place au Tchad, avec des équipes communautaires de dépistage et des centres ambulatoires. Des équipes mobiles sillonnent les villages. Elles forment et supervisent les volontaires choisis par la communauté pour détecter la malnutrition et référer les enfants affectés aux centres ambulatoires.

Ces centres ont pris en charge plus de 9 000 enfants en 2009. Pour répondre aux besoins, 44 nouveaux centres doivent ouvrir en  2010. Ils auront 50 000 enfants à sauver dans la bande sahélienne et 102 000 sur l’ensemble du Tchad.

Tandis qu’Eta attendait son tour, la petite pièce s’est remplie de mères et d’enfants : c’est  jour de distribution des aliments thérapeutiques au centre. Les enfants sévèrement malnutris du programme passent à l’examen médical hebdomadaire avant de recevoir la ration d’aliments thérapeutiques pour la semaine.

Le test de l’appétit
Quand il a été pesé et mesuré, et son rapport poids-taille évalué à 70%, Hissène est envoyé avec sa mère dans une autre pièce où attendent déjà quatre enfants. Quand la pièce est pleine, un agent de santé explique ce qui va se passer.

Ici se pratique le  test de l’appétit. Après que les mères et les enfants  se soient soigneusement lavés les mains au savon, on leur donne un sachet d’aliment thérapeutique.

Si l’enfant mange tout ou partie du sachet dans l’heure, il peut être soigné dans le cadre du centre ambulatoire avec une visite hebdomadaire au centre. Sinon, son appétit doit d’abord être restauré au centre thérapeutique de l’hôpital.

Au début, Hissène, qui semble faible, tousse en repoussant la pâte. Mais Eta essaie encore, lui proposant une noisette qui ressemble à du beurre de cacahuètes lacté et sucré  du bout de l’index.  Finalement, Hissène avale et semble changer d’avis : ce n’est pas si mauvais, après tout.

Hissène est malade depuis deux mois environ, mais Eta  n’avait pas les moyens de l’emmener à la ville pour se faire soigner. Hier, l’équipe mobile lui a conseillé d’aller à Moussoro.  Alors, ce matin, Eta est partie à l’aube.  Son mari est resté avec les autres enfants et le troupeau familial, dans leur village à  5 km de Moussoro.

Hissène sort du rouge
Quand on lui demande si la vie est dure cette année, Eta sourit en hochant la tête. Ils doivent vendre leurs chèvres, les brader à très bas prix. Bientôt, une chèvre ne coûtera pas plus qu’un sac de 100 kg de maïs, la seule nourriture que le foyer peut se permettre, et qui est pourtant insuffisante pour répondre aux besoins en micronutriments des jeunes enfants.

Que feront-ils quand ils auront vendu toutes leurs chèvres ? Eta sourit encore. « Je ne sais pas, nous vivons au jour le jour, et nous espérons. Peut-être, si vous dites au monde ce qui se passe ici, qu’ils nous aideront. »

Hissène attrape le sachet brillant et coloré et pleure de désespoir : le sachet est vide. Eta sourit :

Hissène n’aura pas besoin d ‘aller à l’hôpital. Samedi prochain, Eta voyagera à l’aube pour Moussoro avec Hissène qui, sûrement, ira mieux déjà.

Par Anne Fouchard

 

 
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