In Niger, the chief who predicted the food crisis | Au Niger, un sage chef de village attendait la crise
[Français]
Foura Guireke, Niger, 6 mai 2010 - People in the village of Foura Guireke look up to their chief. And with good reason. Foura Guireké knew the signs were bad even before the current food crisis engulfed his village of 897 inhabitants. Now, an estimated 378,000 children are expected to need treatment for severe malnutrition in the country in 2010. His first clue came in December 2009. ‘There were very few stalks in the fields “, he said. At that time, Foura Guireké was a pretty village with shady trees, clean houses and chubby babies, a peaceful haven some 15 kilometres from the provincial capital of Maridi. Most villagers made a meagre living but the storehouses were filled with cereals. Bad crops Harouna was right. Men started leaving to find work elsewhere, often in neighboring Nigeria. Since then, Harouna’s predictions have come true and everyone is speaking about the "crisis". Harouna, who is over 50 years old, is used to years of scarcity. Every year, the lean period is a period of exhaustion when , the family meal is reduced to the minimum. In Niger, a ball of millet is the meal of the poor. Maradi region - over half the population of 3 million live under the poverty threshold. “People live on what they produce for two or three months at the moment, ‘ he explains, ‘but they should be living on what they grown for the whole year”. Agricultural production is usually split into three equal shares, one daily consumption, one for the seeds and the stocks to survive to the lean season, as the last share is for the the head of the household. But Harouna knew in December that daily survival would take it all. Bad memories of 2005 Though a Sahelian virtue, solidarity baulks when a crisis affects so many household as now.. Harouna remembers 2005, a year when a lot of children were lost. Chief of a village lost in misery, Harouna had found a position as a watchman in the therapeutic feeding centre of Maradi. Two of his children were treated there. His son, Issoufou, was 4 years old then. He is 8 now, and in a good shape. Malnutrition, a curable disease The crisis though is taking over more and more families in the region and that of neighbouring Zinder. Since January 2010, 50,000 severely malnourished children have been treated in the nutritional centres of Niger. Lessons learnt from 2005 In Zinder, a blanket feeding operation started on the 28th of April for all children from 6 months to 2 years old. 500,000 children will benefit from these distribution programs in 7 regions of the country. Partners are working around the clock to screen and treat children that are acutely malnourished. Lessons were learnt from 2005. In 2010, relief workers are ready … but they still need financial support to win.. By Anne Fouchard
[English]
Au Niger, 378 000 enfants atteints de malnutrition sévère auront besoin de soins vitaux en 2010. Dès décembre 2009, le regard du sage Harouna était empreint d’inquiétude : "on voit peu de tiges dans les champs" disait-il alors. Foura Guireké affichait alors des arbres accueillants, des maisons proprettes et des bébés dodus. Un havre modeste mais paisible à quelques encablures de la rivière et de la ville. Bien que la majorité des villageois vivent chichement, les greniers étaient fournis, encore. Une mauvaise saison Les hommes partaient en exode plus tôt que d’ordinaire, pour trouver un travail ailleurs, souvent au Nigéria voisin. Les transhumances des éleveurs étaient plus précoces. Depuis, les prévisions d’Harouna se sont concrétisées et "la crise" est sur toutes les lèvres. Harouna, la cinquantaine accomplie, n’en est pas à sa première année de vaches maigres : chaque année, la période de soudure épuise la terre et les hommes, et, dans les foyers, le plat familial se réduit à la portion congrue. La boule de mil est le repas des pauvres ici, au Niger. Dans la région de Maradi, qui compte 3 millions d’habitants dont plus de la moitié vivent en dessous du seuil de pauvreté, le village vit essentiellement de la culture de mil, de sorgho, de niébé et d’arachides. "Mais on compte aussi des bouchers, qui débitent la viande d’élevage de chèvres et de bœufs". "Les habitants consomment leur production en deux ou trois mois, alors qu’ils devraient vivre sur ces récoltes pendant l’année entière", explique Harouna. Les revenus agricoles sont répartis en trois parts égales : l’une pour la consommation du foyer, l’une pour les semences et les réserves en vue de la période de soudure et le dernier tiers pour le chef de famille. 2005, un terrible souvenir Vertu sahélienne, la solidarité s’étiole cependant quand la crise frappe durement les foyers. Comme en 2005 ou comme aujourd’hui. Harouna se souvient de 2005, l’année terrible, quand la malnutrition avait emporté tant d’enfants du village. Chef d’un village réduit à la misère, Harouna avait trouvé un emploi de gardien au centre de nutrition intensif de Maradi. Deux de ses six enfants y ont été soignés. Son fils, Issoufou, avait 4 ans à l’époque ; il en a 8 aujourd’hui et se porte bien. La malnutrition, une maladie qui se soigne Depuis le début 2010, 50 000 enfants souffrant de malnutrition sévère ont été admis dans les centres nutritionnels du pays, déjà. Heureusement, 2010 n’est pas 2005. Leçons apprises de 2005 Dans la région de Zinder, une première distribution d’aliments thérapeutiques a commencé le 28 avril pour les enfants de 6 mois à 2 ans. Au total, 500 000 enfants recevront cette aide précieuse dans 7 régions du pays. Et les partenaires sont à pied d'oeuvre pour dépister et soigner les enfants souffrant de malnutrition aiguë. 2005 a servi de leçon. En 2010, les secouristes sont en ordre de bataille au Niger… Mais ils ont encore besoin de soutiens financiers pour gagner la guerre. Par Anne Fouchard
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