Media Centre

Highlights - A la une

Press releases / Communiqués

Video

Photo Essays

Real lives / Histoires vécues

Facts and Figures/ Données et chiffres

 

In Niger, the chief who predicted the food crisis | Au Niger, un sage chef de village attendait la crise

UNICEF/Niger/2009/Fouchard
© UNICEF/Niger/2009/Fouchard
Harouna Mohamed, village chief of Foura Guireké, predicted the food crisis. "Solidarity is crucial to survival in the Sahel".

Foura Guireke, Niger, 6 mai 2010 - People in the village of Foura Guireke look up to their chief.  And with good reason.

Foura Guireké knew the signs were bad even before the current food crisis engulfed his village of 897 inhabitants.

Now, an estimated 378,000 children are expected to need treatment for severe malnutrition in the country in 2010.

His first clue came in  December 2009. ‘There were  very few stalks in the fields “, he said. At that time, Foura Guireké was a pretty village with shady trees, clean houses and chubby babies, a peaceful haven some 15 kilometres from the provincial capital of Maridi.

Most villagers made a meagre living  but the storehouses were filled with cereals.

Bad crops
But, by then,   Harouna knew there was trouble coming.   ’The harvest was not good, and the few stalks  in the fields was a sign that our millet had not grown  well because of poor rainfalls and then heavy showers drowned the fresh growth.’.

Harouna was right. Men started leaving to find work elsewhere, often in neighboring Nigeria.  Since then, Harouna’s predictions have come  true and everyone is speaking about the "crisis".

Harouna, who is over 50 years old, is used to years of scarcity. Every year, the lean period is a period of exhaustion when , the family meal is reduced to the minimum. In Niger, a ball of millet is the meal of the poor. Maradi region - over half the population of 3 million live under the poverty threshold.

The basic diet in Harouna’s village is millet, sorghum, local greens and peanuts. “But we also have butchers who sell goats’ or cows’ meat, .” he says.

“People live on what they produce  for two or three months at the moment, ‘ he explains, ‘but  they should be living on what they grown  for the whole year”. Agricultural production is usually  split into three equal shares, one daily consumption, one for the seeds and the stocks to survive to the lean season, as the last share is for the the head of the household. 

But Harouna knew in December that daily survival would take it all.

Bad memories of 2005
According to Harouna, solidarity helps villagers to survive  agricultural and economic shocks affecting the region. “If one of us has a child who is sick but does not have the means to pay for the transport to the hospital, the neighbors give some money to help. Solidarity is crucial to survival in Sahel”.

Though a Sahelian virtue, solidarity baulks  when a crisis affects so many household as now.. Harouna remembers 2005, a year when a lot of children were lost.  Chief of a village lost in misery, Harouna had found a position as a watchman in the therapeutic feeding centre of Maradi. Two of his children were treated there. His son, Issoufou, was 4 years old then. He is 8 now, and in a good shape.

Malnutrition, a curable disease
Harouna knows children can be saved from malnutrition. He also knows malnutrition is preventable thanks to the “essential family practices” such as exclusive breastfeeding between the ages of 0 to 6 months. He convinced the whole village to try, and now “babies are bigger than they were before” comments Harouna, as he points out some of the toddlers.

The crisis though is taking over more and more families in the region and that of neighbouring Zinder. Since January 2010, 50,000 severely malnourished children have been treated in the nutritional centres of Niger.

Lessons learnt from 2005
The good news is that 2010 is not 2005. Like Harouna, the Government and the humanitarian community have anticipated the crisis. They estimated that if nothing was done, 378,000 severely malnourished children will need life-saving care, and 900,000 children will  need supplementary feeding to prevent them from slipping in severe malnutrition.

In Zinder, a blanket feeding operation started on the 28th of April for all children from 6 months to 2 years old. 500,000 children will benefit from these distribution programs in 7 regions of the country. Partners are working around the clock to screen and treat children that are acutely malnourished.

Lessons were learnt from 2005. In 2010, relief workers are ready …  but they still need financial support to win..

By Anne Fouchard

UNICEF/Niger/2010/Fouchard
© UNICEF/Niger/2010/Fouchard
Issoufou, le fils d'Harouna, rescapé de la malnutrition aiguë. Sauver les enfants malnutris et prévenir la malnutriton sont possibles.
****


Foura Guireké, Niger, 6 mai 2010 - Harouna Mohamed est le chef du village de Foura Guireké, à quinze kilomètres de Maradi, un village de 897 âmes touché par la crise alimentaire qui frappe le Sahel…

Au Niger, 378 000 enfants atteints de malnutrition sévère auront besoin de soins vitaux en 2010.

Dès décembre 2009, le regard du sage Harouna était empreint d’inquiétude : "on voit peu de tiges dans les champs" disait-il  alors.

 Foura Guireké affichait alors des arbres accueillants, des maisons proprettes et des bébés dodus. Un havre modeste mais paisible à quelques encablures de la rivière et de la ville.  Bien que la majorité des villageois vivent chichement, les greniers étaient fournis, encore.

Une mauvaise saison
Pourtant, Harouna savait que la saison serait dure et que les récoltes seraient pauvres : «"saison n’a pas été bonne: on voit peu de tiges dans les champs", disait-il, signe que le mil n’a pas poussé abondamment, à cause des pluies trop rares, puis des averses torrentielles qui ont noyé les fraîches pousses.

Les hommes partaient en exode plus tôt que d’ordinaire, pour trouver un travail ailleurs, souvent au Nigéria voisin. Les transhumances des éleveurs étaient plus précoces.

Depuis, les prévisions d’Harouna se sont concrétisées et "la crise" est sur toutes les lèvres.

Harouna, la cinquantaine accomplie, n’en est pas à sa première année de vaches maigres : chaque année, la période de soudure épuise la terre et les hommes, et, dans les foyers, le plat familial se réduit à la portion congrue. La boule de mil est le repas des pauvres ici, au Niger.

Dans la région de Maradi, qui compte 3 millions d’habitants dont plus de la moitié vivent en dessous du seuil de pauvreté, le village vit essentiellement de la culture de mil, de sorgho, de niébé et d’arachides. "Mais on compte aussi des bouchers, qui débitent la viande d’élevage de chèvres et de bœufs".

"Les habitants consomment leur production en deux ou trois mois, alors qu’ils devraient vivre sur ces récoltes pendant l’année entière", explique Harouna.

Les revenus agricoles sont répartis en trois parts égales : l’une pour la consommation du foyer, l’une pour les semences et les réserves en vue de la période de soudure et le dernier tiers pour le chef de famille.

2005, un terrible souvenir
Pour Harouna, la solidarité aide les villageois à mieux encaisser les chocs agricoles et économiques auxquels les villages de la région sont soumis. "Si l’un d’entre nous a un enfant  malade mais n’a pas les moyens de payer le transport à l’hôpital, les villageois se cotisent, pour venir en aide à leur voisin." La solidarité est indispensable pour survivre au Sahel, explique-t-il.

Vertu sahélienne, la solidarité s’étiole cependant quand la crise frappe durement les foyers. Comme en 2005 ou comme aujourd’hui.  Harouna se souvient de 2005, l’année terrible, quand la malnutrition avait emporté tant d’enfants du village. Chef d’un village réduit à la misère, Harouna avait trouvé un emploi de gardien au centre de nutrition intensif de Maradi. Deux de ses six enfants y ont été soignés. Son fils, Issoufou, avait 4 ans à l’époque ; il en a 8 aujourd’hui et se porte bien.

La malnutrition, une maladie qui se soigne
Harouna sait que l’on peut sauver les enfants de la malnutrition. Il sait aussi que l’on peut empêcher les  enfants de tomber malade grâce aux « pratiques familiales essentielles » comme l’allaitement maternel exclusif entre 0 et 6 mois : « les nourrissons sont plus dodus qu’ailleurs », faisait-il remarquer en montrant la bonne mine des jeunes enfants.

Mais , si les enfants y  sont moins malades que dans d’autres villages alentours, si la région de Maradi est moins sévèrement touchée que la province voisine de Zinder, la pénurie y fait aussi ses ravages. 

Depuis le début 2010, 50 000 enfants souffrant de malnutrition sévère ont été admis dans les centres nutritionnels du pays, déjà. Heureusement, 2010 n’est pas 2005.

Leçons apprises de 2005
Heureusement, 2010 n'est pas 2005. Comme Harouna, le Gouvernement et les acteurs humanitaires ont anticipé la crise, prévoyant que si rien n'était fait, 378000 enfants souffrant de malnutrition sèvère pourraient avoir besoin de soins vitaux et 900000 enfants devraient recevoir des suppléments nutritionnels pour ne pas sombrer dans la malnutrition sévère, courant 2010.  

Dans la région de Zinder, une première distribution d’aliments thérapeutiques a commencé le 28 avril pour les enfants de 6 mois à 2 ans. Au total, 500 000 enfants recevront cette aide précieuse dans 7 régions du pays. Et les partenaires sont à pied d'oeuvre pour dépister et soigner les enfants souffrant de malnutrition aiguë.

2005 a servi de leçon. En 2010, les secouristes sont en ordre de bataille au Niger… Mais ils ont encore besoin de soutiens financiers pour gagner la guerre.

Par Anne Fouchard

 

 
Search:

 Email this article

unite for children