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Cameroun: des "Groupes de soutien communautaires" pour mieux prévenir la transmission du Sida de la mère à l’enfant

© UNICEF/Cameroun/2010/Nkuo
Albine, petite fille camerounaise en pleine santé.

Yaoundé, Cameroun, 12 mars 2010 - Dans la cour d’une modeste demeure à Mbankolo, un des quartiers de Yaoundé, Albine (de son vrai nom Nindongo Madeleine), âgée de deux ans et dix mois, va çà et là avec sa poupée, sous le regard attentif de Joséphine Nindongo, sa mère.

Il saisit une chose, puis une autre, pousse des cris innocents. De temps à autre, Albine pleure et pour le calmer, sa mère la prend dans ses bras et la berce.

Albine affiche une grande bonhommie et fait la fierté de ses parents aujourd’hui. Pourtant, les six premières semaines, puis les douze mois, de sa venue au monde, ses parents les ont passées dans une atmosphère faite d’angoisse, de peur, mais aussi d’espérance.

Et pour cause Joséphine avait été dépistée séropositive quatre mois après le début de sa grossesse. Elle avait alors 21 ans.

Laurent Nindongo, le mari, âgé de 38 ans, après quelques moments d’hésitation, avait, lui aussi, fait le test de dépistage qui s’est avéré positif.

Ils ont par conséquent vécu le reste de la grossesse de Joséphine dans la peur que leur enfant naisse infecté par le virus. 

La délivrance
Heureusement, les tests de dépistage effectués sur Albine, à six semaines et à douze mois après sa naissance, ont confirmé ce que les membres du "No limit for women project", un groupe de soutien aux femmes enceintes séropositives, avaient prédit à Joséphine.

Depuis son dépistage, les membres de ce groupe ont, en effet, multiplié les visites chez les Nkolba, au début à l’insu du mari, mais plus tard, avec son approbation.

Ils ont encouragé la future maman à suivre scrupuleusement les prescriptions du personnel de la santé tout au long de sa grossesse afin d’éviter d’infecter son bébé. Joséphine se souvient encore des premières rencontres avec ce groupe de soutien :

"Je ne voulais pas aller à l’hôpital, avoue-t-elle. Les gens-là (du groupe) venaient toujours ici m’encourager. Mais, je n’avais pas d’argent et j’avais peur." 

La famille Nindongo mène une vie modeste: le mari est conducteur de mototaxi et Joséphine fait du petit commerce pour suppléer aux besoins de la famille.

Elle ne voulait pas aller à l’hôpital en raison de sa pauvreté, certes, mais aussi parce qu’elle pensait qu’à l’hôpital le test de dépistage du Virus de l’Immunodéficience Humaine (VIH) est obligatoire pour les femmes enceintes.

Elle avait peur du regard des autres sur elle si par malheur elle avait le virus, et surtout, elle avait très peur pour son bébé.

Sensibiliser les femmes enceintes sur le VIH-SIDA
Après plusieurs visites des membres du groupe "No limit for women project", Joséphine s’est enfin décidée à aller à la consultation prénatale (CPN) à l’hôpital de district de la Cité Verte.

Il s’agit d’un des hôpitaux où le programme de Prévention de la Transmission du VIH de la Mère à l’Enfant (PTME) a été mis en place avec l’appui de l’UNICEF.

Dans les hôpitaux, les CPN commencent toujours par une séance de causerie éducative au cours de laquelle le personnel de santé et les membres des groupes de soutien donnent des conseils aux patientes pour une bonne évolution de leurs grossesses.

Un accent particulier a été mis, ces dernières années, sur la formation du personnel des centres et dans la mise à contribution bénévole des groupes de soutien à la conduite des causeries éducatives de qualité lors des CPN, comme le confirme Dr Ebogo Messmer, Chef d’Unité PTME au Comité National de Lutte contre le Sida (CNLS).

"Les séances de causeries éducatives lors des CPN comportent généralement deux étapes : une communication de masse sur la grossesse, l’accouchement et le VIH, puis, une communication interpersonnelle, avec certaines femmes, recentrée sur le paquet minimum des services de PTME disponibles dans le centre", explique-t-il.

Les services de PTME offerts dans les centres de CPN sont : le conseil individuel, le dépistage volontaire et confidentiel du VIH, le dépistage et traitement des infections sexuellement transmissibles, la pratique de l’accouchement à moindre risque, l’administration des ARV aux femmes séropositives et à leurs enfants, les conseils en alimentation pour la mère et le bébé et la prise en charge psychosociale. 

Au bout de deux séances de consultation prénatale à l’hôpital de district de la Cité Verte, Joséphine s’est aperçue que le test de dépistage du VIH n’est pas obligatoire.

Bien plus, elle a compris que la femme enceinte séropositive n’a pas de quoi avoir peur, car une prise en charge gratuite lui était proposée ; de même, il était prévu de donner à son bébé un médicament, sous forme de sirop dès la naissance, pour l’empêcher d’attraper le virus.

© UNICEF/Cameroun/2010/Nkuo
Le Groupe de soutien "No limit for women project" en pleine formation.

Le soutien des "groupes communautaires"
C’est dans ces conditions qu’elle a accepté de faire le test de dépistage.

Les groupes de soutien sont composés de personnes infectées et affectées par le VIH et des personnes sympathisantes.

Ils viennent en appui aux services de CPN et de PTME dans les 138 Unités de Prise En Charge du VIH du pays.

Ces groupes jouent un grand rôle dans le soutien des personnes vivant avec le VIH, la recherche des femmes et des enfants dépistés séropositifs et qui ne reviennent pas au centre pour la prise en charge.

Ces groupes luttent contre la stigmatisation et l’auto stigmatisation du fait du VIH et ils donnent des conseils nutritionnels et d’aide à l’observance de la prise des ARV aux femmes enceintes séropositives.
 
Il est important de noter que la transmission du VIH de la mère à l’enfant est un problème de santé publique au Cameroun.

La prévalence du VIH chez les femmes enceintes est estimée à 7,4 % dans le pays selon l’Enquête démographique et de santé de 2004.

En moyenne, 64,68% de ces femmes sont sous traitement ARV.

La participation communautaire active à travers les groupes de soutien aux mères apporte actuellement une valeur ajoutée dans la mobilisation, le soutien et l’accompagnement des femmes enceintes séropositives dans le pays.

Beaucoup d’enfants comme Albine naissent de couples séropositifs, sans contracter le VIH.

Par Raymond Mbouzeko et Kanon Souleymane


 

 

 
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