Cameroun : des techniques simples pour rendre l’eau potable à domicile
Bertoua, Cameroun, 4 mars 2010 – "Pour la construction du moule, vous avez besoin de 5 ingrédients: du gravier de 12 millimètres de diamètre, du gravier de 6 millimètres de diamètre, du sable de rivière, du ciment et de l’eau. Le mélange ne doit pas être très fluide. Avec un sac de ciment local de 50 kilogrammes, on peut faire 3 moules." L’homme qui parle ainsi s’appelle Monju athanasius. Il appartient à l’Organisation Non Gouvernementale Livelihood qui s’est associée au Centre Régional pour l’Eau Potable et l’Assainissement (CREPA)–Cameroun, le Ministère de l’Energie et de l’Eau et l’UNICEF pour trouver des solutions durables à la disponibilité de l’eau potable dans cette région du pays. Des techniques simples et efficaces Chacune de ces familles disposera ainsi aisément d’un filtre pour l’usage de ses membres. Un filtre bio-sable revient à peu près 6.500 francs CFA (soit près de 10 euros) par famille. "Un s’agit d’une initiative un peu chère pour certaines familles des localités pauvres. Néanmoins, c’est un investissement coût/efficace, au vu du profit que ces familles vont tirer de l’usage de ces filtres. Il leur donnera une eau de boisson potable et les mettra à l’abri des maladies diarrhéiques pendant des décennies" affirme Dr Jane Alobwede, Sous- Directeur de l’eau au Ministère de l’Energie et de l’Eau et point focal de ce programme. Dans le cadre de la composante Eau-Hygiène et Assainissement du programme de coopération Cameroun-UNICEF, la région de l’Est a été retenue comme zone d’action prioritaire. L’eau y est abondante en raison de la densité du réseau hydrographique et de sa situation en pleine forêt équatoriale, mais, elle n’est le plus souvent pas potable et provoque généralement des maladies diarrhéiques, surtout chez les enfants.
Un recul des maladies d'origine hydrique Il y a quelques mois, les techniciens du Ministère de la Santé Publique ont, en partenariat avec l’Unicef, formé 30 prestataires cliniques sur les techniques simples de potabilisation de l’eau à domicile, à savoir l’addition de quelques gouttes d’eau de javel dans l’eau ou la chloration, l’ébullition et la méthode SODIS ou l’exposition de l’eau contenue dans une bouteille transparente au rayonnement solaire pendant plusieurs heures. Ces formations ont été suivies des séances pratiques qui ont eu lieu dans les villages. Madame Mbelé Jeannette, 38 ans, ménagère de Mbidja et mère de 9 enfants dont un bébé de 3 mois, a participé à ces séances pratiques, elle témoigne : "Depuis que je fais bouillir l’eau pour la boisson à la maison, les enfants ne tombent plus malade. Pourtant, avant, quand ils buvaient l’eau que nous puisions à la source, tous les trois mois, ils avaient la diarrhée et j’étais obligée de les amener à l’hôpital." Puis, elle explique la technique qu’elle utilise : "Lorsque je puise l’eau à la source, je la laisse d’abord reposer puis, je prends la partie de dessus que je fais bouillir. Je la laisse ensuite refroidir avant de la donner aux enfants, de la boire moi-même ou de la conserver dans un récipient propre et couvert." De meilleures conditions domestiques Tous les deux jours, il remplit ses deux bouteilles en plastique d’eau et les dispose au soleil sur un toit en aluminium pendant plusieurs heures. Il affirme ne pas avoir de problème de diarrhée depuis qu’il pratique cette technique. Il pense même à l’adopter à l’avenir pour toute la famille quand il aura davantage de bouteilles en plastique. La vulgarisation des techniques simples de potabilisation de l’eau et des filtres bio-sables constitue une avancée dans la volonté d’aider les communautés de la région de l’Est-Cameroun à avoir continuellement de l’eau potable dans les familles. Les associations formées sensibilisent et encouragent les communautés et les ménages à profiter de la disponibilité des techniciens formés pour équiper chaque famille d’un filtre bio-sable. Raymond Mbouzeko et Suzanne Gbaguidi
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