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Togo : "Sigayi", initiée vaudou retourne à l’école

© UNICEF/Togo/2009/Soulé
Sigayi en train d’écrire son nom sur son ardoise , entourée de ses camarades de classe.

Le 20 novembre, nous célébrons l’anniversaire de la Convention relative aux droits de l’enfant. Cette série de portraits montre les progrès et les défis posés à la promotion des droits de l’enfant dans la région présentant les plus bas indicateurs de développement humain au monde.

Togoville, Togo, 6 novembre 2009 - Bonjour, je m’appelle "Sigayi". C’est le nom que j’ai reçu lorsque je suis devenue une initiée ("vodussi", en mina) il y a quatre ans.

Quand j’avais 7 ans, mes parents m’ont confiée au couvent vodu à cause de graves problèmes de comportement que j’avais.

Depuis près d’un an, je vis avec une dizaine d’autres enfants au couvent de Togoville. Désormais, les enfants vivant dans les couvents vodu de ces deux localités ont un libre accès à l’école pendant que les plus grands sont admis en apprentissage.

Bien que modestement construit en terre rouge battue recouverte de ciment, c’est l’un des lieux de culte des plus sacrés de la région Maritime.

Une fois l’entrée franchie, il n’y a que les initiés comme moi qui peuvent accéder à la salle où officie "Maman Kponou" notre grande prêtresse.

J’ai passé les trois premières années de ma consécration dans un couvent de Lomé.

Je n’avais pas le droit d’aller à l’école. Aujourd’hui c’est différent !!

En 2007 l’UNICEF est  venu et a expliqué à la Grande Prêtresse l’importance de l’éducation pour tous les enfants.

"Désormais pour assurer un avenir à nos enfants, les rituels initiatiques ne seront organisés que pendant les vacances scolaires" a-t-elle alors décidé.

Depuis l’an dernier, j’ai donc repris avec joie le chemin des classes comme tous les autres enfants "vodussi", pendant que les plus grands retournaient au collège ou apprenaient un métier.

Je suis toujours au couvent et je participe aux rituels de purification des adeptes mais pas question pour moi de paresser dans les études : la Grande Prêtresse y veille !

Aujourd’hui, en classe de CE1 à 11 ans, je suis sûre de réaliser mon rêve de devenir un jour une grande couturière instruite et de pouvoir coudre tous les beaux habits que j’admire tant !

En attendant, un bracelet de perles au poignet, le signe des initiés sur la joue et mon uniforme kaki bien particulier constituent ma seule parure quand je vais à l’école.

Malheureusement beaucoup d’autres enfants dans d’autres couvents n’ont pas ma chance !!...

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Au Togo, l’animisme fait partie intégrante des trois religions reconnues officiellement. Certaines de ces pratiques imposent l’enfermement d’enfants dans les couvents vodu, rituel qui à bien des égards, prive les enfants de leurs droits. En 2007 une campagne de sensibilisation sur les droits des enfants a été initiée en direction des chefs traditionnels, prêtres vaudou et médecins traditionnels des préfectures des Lacs et de Vo, localités fortement ancrées dans le culte vodu.
Suite à cette intervention, les autorités traditionnelles sensibilisées ont décrété abolie la pratique continue des rituels initiatiques en les limitant aux vacances scolaires. Désormais, les enfants vivant dans les couvents vodu de ces deux localités ont un libre accès à l’école pendant que les plus grands sont admis en apprentissage. Au  couvent de Togoville à 60 km, nous avons rencontré la petite Sigayi.


 

 

 
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