Mauritanie: promouvoir l'allaitement maternel exclusif et soutenir les mères dans sa pratique
Nouadhibou, Mauritanie, 5 août 2009 - Penda, 50 ans, attend patiemment son tour pour faire vacciner Aminetou, le bébé de sa fille, né il y a 9 jours. La mère de la petite, à peine remise de l’accouchement, n’a pu se déplacer elle-même. Un brouhaha dans le couloir attire son attention. Une équipe de journalistes, accompagnée de membres de l’UNICEF et du directeur de l’hôpital, viennent filmer le service maternité, dans le cadre de la célébration de la semaine mondiale de l’allaitement maternel. Elle se souvient avoir vu la banderole à l’entrée de l’hôpital. Cette structure de santé est en cours de labellisation « Hôpital Ami des Bébés » - un label donné par l'UNICEF aux hôpitaux qui s'engagent à promouvoir l'allaitement maternel. Les reporters viennent recueillir le témoignage du personnel de santé récemment formé à promouvoir, accompagner et protéger l’allaitement par des pratiques hospitalières. Promouvoir la mise au sein précôce Penda interpelle les journalistes : « Ah ça, je peux témoigner que les sage-femmes insistaient auprès de la maman pour qu’elle allaite le bébé. Ma pauvre fille était épuisée par la délivrance et elles persistaient jusqu’à ce que l’enfant tête, malgré mes protestations. Finalement, elles m’ont fait sortir momentanément de la pièce ! ». La sage-femme saisit aussitôt l’opportunité pour informer la grand-mère, dont c’est le premier petit enfant, des avantages de l’allaitement. Patiemment, elle lui explique les vertus du colostrum, de l’allaitement maternel exclusif durant les 6 premiers mois de vie du nourrisson, le bon positionnement de l’enfant, ceci accompagné de gestes de démonstration. Aissata insiste longuement sur le rôle primordial de la grand-mère comme principal soutien de l’allaitement, surtout lorsqu’il s’agit d’un premier enfant d’une jeune mère inexpérimentée. Convaincue, Penda, s’excuse de sa vive réaction et promet d’être leur relais dans le foyer et dans sa communauté. En Mauritanie, comme dans de nombreux pays d’Afrique, les femmes plus âgées jouissent d’une influence certaine, due à leur maturité et leur expérience, dans l’adoption de pratiques nutritionnelles dans leurs familles. Elles constituent donc un relais en mesure d’apprendre et de transmettre les bonnes pratiques et de contribuer aux changements de comportement de leurs proches. Elles doivent en conséquence être prises en compte dans les programmes communautaires de nutrition. Des pratiques simples pour sauver des vies La majorité des décès d’enfants de moins de 5 ans est due à des maladies courantes, faciles à prévenir et traiter : les diarrhées, le paludisme, les infections respiratoires aigues accentués par la malnutrition. Pour cela, le Ministère de la Santé - avec l’ensemble de ses partenaires, dont l’UNICEF - a adopté une approche intégrée et centrée sur un continuum de services autour de la femme, le nouveau-né et le jeune enfant sur l’ensemble du territoire. Par Fadila Hamidi
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