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Côte d'Ivoire: prévenir la transmission du VIH de la mère à l'enfant à Bouaké

Bouaké, Côte d'Ivoire, 27 Novembre 2008 – On se souvient encore du 19 Septembre 2002. La ville de Bouaké est au centre de la discorde politico-militaire qui scinda le pays en deux zones controlées au Nord par les Forces Nouvelles et au Sud par les Forces Armées Nationales de Côte d’Ivoire.

La deuxième grande ville du pays après Abidjan, vit au son des tirs et des mouvements des centaines de milliers de personnes qui fuient la terreur vers des lieux plus sûrs. La ville se déshabille complètement et se défait de ses médecins, sages-femmes, infirmiers. 

L’accès des populations et tout particulièrement des femmes enceintes aux soins de santé de bases est compromis. Les services offrant des activités de prévention, de traitement et continuum de soins aux personnes vivants avec le VIH avaient été interrompus par ces évènements qui ont bouleversé la Côte d’Ivoire et tout particulièrement Bouaké.

Aujourd’hui, le climat de paix a refait surface à Bouaké, à l’instar des autres villes du pays, les hôpitaux ont réouvert et le personnel de santé répond présent à leur poste de travail. Après tant d’années de rupture, les centres de santé réabondent de patients. Une quarantaine de femmes attendent leur tour de passage devant l’infirmière du Centre de Santé urbain de Bellville à Bouaké.

L’impatience s’en fait ressentir par les hochements de tête, les mines froissées qui font ressortir les inquiétitudes des unes et des autres du fait qu’elles doivent, à l’instant, vivre à la fois un évènement heureux, l’attente d’un bébe et  l’angoisse qui les habitent, celui de faire le test de dépistage du VIH.

Ouattara Djénéba a 18 ans et habite le quartier Bellville de Bouaké. Elle a decidé ce jeudi de se rendre à l’hôpital pour connaître son statut sérologique. Elle est cloîtrée à son siège. Mais dès que l’infirmière l’appelle, elle balance derrière elle toutes ses incertitudes et fait son test de dépistage du VIH. Dans moins d’un quart d’heure elle connaitra son statut qui restera confidentiel.

« Je voudrais savoir quel est mon statut car cela me permettra de prendre mes dispositions pour protéger mon enfant. J’ai longtemps hésité mais j’ai été encouragée par ma meilleure amie et c’est ainsi que je me suis décidée à le faire. »

Ce courage qu’a eu Djénéba n’est pas courant au regard du taux faible de la population ayant subi le test VIH en Côte d’Ivoire (moins de 10% de la population sont dépistées). L’utilisation des services de PTME est également faible (moins de 10%) due à l’inaccessibilité géographique avec plus de 41% de la population qui vit à plus de 15 km d’un centre de santé et au paiement de frais.

Au cours de cette année, l’UNICEF Côte d’Ivoire a contribué à la formation de 172 prestataires de santé dans le conseil et le dépistage des femmes enceintes et leurs conjoints lors des consultations prénatales dans 77 centres dans 16 districts sanitaires. L’UNICEF a également assuré l’équipement de 10 Centres de santés urbaines offrant des services conviviaux.

Le passage à échelle de la PTME est confronté à des difficultés d’accès au dépistage dans certaines localités, ainsi qu’à l’insuffisance de laboratoires pour le bilan initial des malades ; et à l’ insuffisance de coordination des activités de lutte contre le VIH-SIDA confrontée à des problèmes de logistique.

Le Centre de santé urbain de Belleville est appuyé par l’UNICEF à travers une dotation financière qui lui permet d’offrir aux femmes telles Ouattara Djénéba, des services multidisciplinaires qui sont initiés au début de la grossesse. Cette approche permet de réduire considérablement  la transmission du VIH de la mère à l’enfant

« Après avoir passé cette étape, je prie Allah le miséricorde pour que je sois en bonne santé et promets de ranger davantage ma vie, » avance-t-elle en sortant du centre de santé.

 

 
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