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Côte d'Ivoire: informer les populations vulnérables sur les risques liés au VIH et promouvoir le dépistage

Abidjan, Côte d'Ivoire - Le Centre de dépistage volontaire Lumière Action se trouve au cœur du Quartier Abobo, commune cosmopolite précaire d’Abidjan situé dans le nord où co-habitent près de 900 000 habitants (RGPH, 1998).

« Au début le centre était très peu connu, mais de bouche à oreille les patients viennent se faire d dépister. Nous avons procédé à une sensibilisation de proximité avec la distribution de préservatifs et de tee-shirts. Ensuite nous avons adressé des courriers auprès des responsables religieux et communautaires. Cette technique d’approche a permis une grande affluence de la population vers le centre de dépistage», nous annonce Mme Doudable Gertrude, Conseillère du Centre de dépistage volontaire de Lumiére Action d’Abobo depuis son ouverture en 2007.

La commune la plus peuplée de la capitale Ivoirienne est majoritairement constituée de jeunes (52%) et le Sida y bat son plein comme dans l’ensemble du pays. En Afrique de l’Ouest, la Côte d’Ivoire est le pays le plus affecté par la pandémie du Sida avec une prévalence de 3,9% (ONUSIDA, 2008). La maladie déferle avec frénésie sur les jeunes de la tranche d’age de 15-24 et 25-49 ans. Près de 40,000 enfants sont infectés par le VIH et 16.200 nouveaux cas sont infectés chaque année.

D’où l’urgence de soutenir les actions d’ONG telle que Lumière Action qui opère un Centre de Dépistage Volontaire dans cette commune  retenue pour l’exécution du programme de coopération entre l’UNICEF et le Gouvernement de Côte d’Ivoire.

« Nous sensibilisons les jeunes sur la prévention de nouvelles infections et sur les bonnes mœurs, assurons la formation des pairs éducateurs sur les notions de base des infections sexuellement transmissibles (IST) et sur le VIH/SIDA;  mais aussi la formation des conseillers psychosociaux des patients avant et après le test de dépistage », nous a expliqué Mme Doubladé Gertrude.

Ceux et celles qui visitent le centre viennent principalement de la commune d’Abobo mais beaucoup commencent à venir d’autres localités et la grande majorité sont des jeunes. « Nous accueillons dans notre centre des personnes venant d’autres localités et de la tranche d’age de 15 a 49 ans mais la tranche d’age la plus importante est celle de 15 a 24 ans et où l’on compte plus de femmes que d’hommes ».

A l’entrée du Centre de Dépistage Volontaire une réceptionniste recueille méthodiquement les informations sur les patients et les réfèrent ensuite aux conseillers dont le rôle est d’encourager les visiteurs a connaître davantage cette maladie et sur la nécessité de connaître son statut sérologique. Le centre est également doté d’un technicien et d’une aide soignante. 

La  vie des jeunes d’Abobo est rythmée par l’école mais seulement pour 67,2 %  ont le privilège de fréquenter une école alors que la commune compte 99 90 enfants en age scolaire ; ce faible taux de scolarisation est un signe annonciateur de la déperdition des enfants.

 Ces jeunes  boutes pour des raisons structurelles hors du système éducatif  et / ou ne sont pas récupérés par le secteur informel de l’économie. leur vie a eux est rythmée  au son du zouglou, mapouka et autres tendances musicales que caractérisent les ambiances de bars des 28 quartiers que comptent  la commune d’Abobo.  La plus grande commune d’Abidjan connaît  également les tensions inflationnistes enregistrées dans le monde entier. Le sous-emploi bat son plein et affecte les comportements sociaux et moraux qui se dégradent au vu de la montée vertigineuse des enfants engagés dans le commerce du sexe ou ayant des rapports sexuels avec des adultes.

« Les jeunes qui fréquentent notre centre viennent a un moment de leur vie ou ils disent qu’ils ont déjà pris trop de risques, et parce qu’ils savent que nous pouvons faciliter leur prise en charge s’il s’avère que leur test est positif.»  Le Centre de Dépistage Lumière Action soutenu financièrement par l’UNICEF réfère les patients en cas de test positif vers les structures de prise en charge  ou dans le cas contraire reçoivent des conseils pour garder une sérologie négative.

Une note positive le gouvernement Ivoirien a récemment annoncé la gratuité des médicaments anti-rétroviraux pour les personnes vivants avec le VIH et se faisant traités dans les structures sanitaires publiques. Une bouée de sauvetage pour ces jeunes qui se promettent après avoir pris le test de dépistage du VIH de se ranger surtout lorsqu’il est positif. Ils disent « c’est fini : affaires de femmes là, c’est fini ».

 

 
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