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Chad: growth monitoring and promotion / Tchad: suivi et promotion de la croissance

UNICEF/WCARO/2008/Pirozzi
© UNICEF/WCARO/2008/Pirozzi

SAHEL - Percentage of under-fives who suffer from stunting (chronic malnutrition): 41%
Number of under-fives who suffer from stunting: 4 million

After losing her first-born son when he was only two, Seide Douta told herself that she had to go about things differently with her newborn daughter. But how could she save a child from malnutrition? It is a frightfully common condition in Djoukil-kili, a village nestled at the foothills of a mountain chain known as the “Queen of Guera,” 570 km north of N’Djamena.

Seide Douta was interested to hear that a woman in the village, a sister-in-law, had been chosen by nutrition workers from the CNNTA (National Centre for Nutrition and Food Technology) to take part in a community-based initiative. This mother was chosen for a simple reason: like many others, she had a malnourished boy and the CNNTA workers thought that he could be helped. They gave his mother guidance, which they asked her to follow closely: she should continue breastfeeding him and at the same time give him complementary food. In Djoukilkili, this food is made out of niébé (beans), sorghum, oil, sugar, sprouted millet flour and lemon (or tamarind) juice. These foods, readily available in Djoukilkili, are not usually given to children.

As a rule, children start eating out of the family meal dish from the age of six months. If they are given complementary food at all, it is, at best, a “porridge” made of flour and water with little nutrition value. By eating fortified “porridge” every day, the malnourished boy quickly got better. What’s more, village mothers said that the change was dazzling. Before, the child was batil (very thin), Seide Douta says in Chadian Arabic. After, he became guirgit (fat). This initiative, repeated in 128 other villages in the area, gave Djoukilkili the opportunity to establish a programme for monitoring and promoting child growth on a community scale. Seide Douta was won over by her sisterin- law’s achievements and wanted to get involved. So she decided to feed this fortified “porridge” to her youngest daughter. The girl is now chubby-cheeked and her mother says she is as fit as a fiddle – unlike her elder brothers and sisters, who often have health problems.

Seide’s success led the women in her neighbourhood to give her certain responsibilities: she was chosen to take part in a nutrition group made of five women who monitor and promote the growth of children in the village. That is why mothers sometimes ask Seide for her opinion. In Chad, community-based initiatives are helping villagers to monitor and promote their children’s growth.All of the questions are in a similar vein: is the effort worthwhile? Seide Douta tells them to just take a look at her daughter. The child is obviously in better health than many others. “At the start, some women didn’t believe me,” Seide Douta says. “But when they saw my daughter grow, they changed their minds.” To monitor the children’s growth, women from the nutrition group wind a tape measure around the youngsters’ arms every two weeks. By measuring arm circumference, they can detect cases of malnutrition. “There are children whose weight goes up and children whose weight goes down,” Seide Douta remarks. “In these cases we ask the mothers if their children have been ill. They often tell us that they have had diarrhea. So we advise them to go to the health centre.” More village women would like to give their children complementary food. Unfortunately, they do not have enough niébé. If someone in the village has any, the women sometimes offer to exchange it for millet. Otherwise, they have to buy it. But it is expensive: before the harvest, when niébé is hard to come by, the price can go up to 1,000 CFA francs (about 1.85 US$) for one coro (about 500 grams). To be able to afford it, Seide Douta works in nearby millet, peanut and sesame fields. Unfortunately for her, her farmer husband does not always make a contribution to what their children eat.

Like many other men and in keeping with local tradition, his responsibility is to ensure that there is millet in the family storehouse. “All mothers would like to give complementary food to their children, but they can’t,” says Zacharia Idriss, the general secretary of the village development association. “It is a question of means.” Due to the shortage of nutrient-rich niébé, only a minority of young children actually receive complementary foods. But the women in the nutrition group, who watch over the youngsters in the same way the Queen of Guera towers over their village, have no plans to give up.

by Michel Arseneault

UNICEF/WCARO/2008/Pirozzi
© UNICEF/WCARO/2008/Pirozzi

SAHEL - Pourcentage d’enfant s de moins de cinq ans souffrant de retard de croissance (malnutrition chronique) : 41%
Nombre d’enfants de moins de cinq ans souffrant de retard de croissance : 4millions


Après avoir perdu son fils aîné, alors qu'il n'avait que de deux ans, Seidé Douta s'est promis qu'elle s'y prendrait autrement avec la petite fille qu’elle venait de mettre au monde. Mais comment faire pour sauver un enfant de la malnutrition? Ceci est une question très fréquente à Djoukilkili, un village niché dans les contreforts d’une chaîne de montagnes connue comme « la reine de Guera », à 570 km au nord de N’Djamena.

Seidé Douta a porté attention lorsqu'elle a appris qu'une femme du village, une de ses belles-soeurs, avait été désignée par des agents de nutrition du CNNTA (Centre national de nutrition et de technologie alimentaire) pour participer à une initiative à base communautaire. Cette mère avait été choisie pour une raison fort simple: comme tant d'autres, elle avait un enfant malnutri, et les agents du CNNTA pensaient qu’ils pouvaient lui venir en aide. Ils donnèrent à sa mère des conseils qu'ils lui demandèrent de suivre scrupuleusement: elle devait continuer à allaiter son fils tout en lui donnant des aliments de complément. A Djoukilkili, cette « bouillie enrichie », comme on l’appelle ici, est faite de « niébé » (haricots), de sorgho, d’huile, de sucre, de farine de mil germé et de jus de citron (ou de tamarin). Ces aliments sont facilement disponibles à  Djoukilkili, mais ils ne sont habituellement pas donnés aux enfants.

En règle générale, l’enfant commence, dès l’age de six mois ou avant, a manger directement le plat familial. S’ils reçoivent des aliments de complément, c’est, au mieux, une « bouillie » faite avec de la farine et de l’eau dont la valeur nutritive est faible. En consommant chaque jour une « bouillie enrichie», le garçonnet malnutri s'est vite remis. Les femmes du village ont même constaté que le changement était fulgurant! Avant, dit Seidé Douta en arabe tchadien, l’enfant était batil (très maigre). Après, il est devenu guirgit (gros). Cette initiative, reproduite dans 128 autres villages des environs, donna l’occasion à Djoukilkili de se lancer dans un programme de suivi et de promotion de la croissance à assise communautaire. Seidé Douta, convaincue par les bons résultats obtenus par sa belle-soeur, souhaita être impliquée. Elle décida donc de donner cette « bouillie enrichie » à sa benjamine. Cette dernière a désormais l’air bien joufflu et, selon sa mère, se porte comme un charme – contrairement à ses frères et soeurs aînés qui ont souvent de problèmes de santé. Au Tchad, une initiative communautaire permet à des villageois de suivre et de promouvoir la croissance des enfants.

Cette réussite a poussé les femmes de son quartier à confier des responsabilités à Seidé Douta: elle a été désignée pour faire partie d'un groupe de nutrition, un groupement de cinq femmes qui assurent le suivi et la promotion de la croissance des enfants dans le village. C'est pour cela que les mères lui demandent parfois son avis. Leurs questions vont toutes dans le même sens: le jeu en vaut-il la chandelle? Seidé Douta leur répond qu'elles n'ont qu'à regarder sa fille! Elle est manifestement en meilleure santé que les autres. « Au début, certaines femmes ne me croyaient pas, dit Seidé Douta, Mais quand elles ont vu ma fille grandir, elles ont changé d’avis. » Pour assurer le suivi de la croissance des enfants, les femmes du groupe de nutrition enroulent un ruban métrique autour du bras des enfants tous les quinze jours. En mesurant le périmètre brachial, elles peuvent dépister les cas de malnutrition. « Il y a des enfants dont la masse augmente et des enfants dont la masse diminue, fait remarquer Seidé Douta. Dans ces cas, nous demandons aux mères si l’enfant a été malade. Elles nous disent souvent qu’ils ont eu de la diarrhée. Nous les dirigeons alors vers le centre de santé. »

Au village, un plus grand nombre de femmes voudrait donner des aliments de complément à leurs enfants. Malheureusement, elles manquent de « niébé ». Si quelqu'un en a au village, les femmes proposent parfois du mil en échange. Sinon, elles doivent l’acheter. Mais c'est cher. Avant la récolte, lorsque le niébé se fait rare, son coût peut atteindre jusqu’à 1000 francs CFA (environ 1,85 dollar) le coro (environ 500 grammes). Pour pouvoir se le permettre, Seidé Douta travaille dans les champs de mil, d’arachide et de sésame des environs.  Malheureusement pour elle, son mari cultivateur ne contribue pas systématiquement à l’alimentation des enfants.

Comme tant d’autres hommes et conformément à la tradition locale, il se borne à approvisionner le grenier à mil. « Toutes les mères voudraient donner de la bouillie enrichie à leurs enfants, mais elles ne le peuvent pas », dit Zacharia Idriss, secrétaire général de l’Association villageoise de développement. « C’est une question de moyens. » Par manque de « niébé », riche en nutriments, seule une minorité d’enfants en bas âge reçoit, dans les faits, des aliments de complément. Mais les femmes du groupe de nutrition, qui veillent sur les petits comme la reine de Guera veille sur leur village, n'ont pas l'intention de rester les bras croisés.

par Michel Arseneault

 

 
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