Mali: promoting exclusive breastfeeding in "baby-friendly" maternities / Mali: promouvoir l'allaitement maternel exclusif dans les maternités "amies des enfants"
[Français]
SAHEL: Percentage of infants under 6 months who are exclusively breastfed: 17% Clearly exhausted after a difficult delivery, Aminata Lea rests under a bednet in the maternity ward of the health centre in Djenné, 380 km northeast of Bamako, the capital of Mali. She has just given birth to a girl who is sleeping peacefully, nestled against her mother. Aminata, a 20-year-old mother of two, does not want her daughter to undergo the same experience as her son, who was given date juice at birth. Her voice is weak, but she makes herself understood: “If my mother says we should give her date juice, I will tell her that date juice contains water and that you should not give water to babies younger than six months. In any case, breast milk already contains water.” At the Djenné health centre, which was named a Baby Friendly Hospital in 2005, Aminata has repeatedly been told about the importance of exclusive breastfeeding for an infant. A list of breastfeeding guidelines is posted on the door to the midwife’s office. One rule bans feeding bottles from health centre premises. In Mali, exclusive breastfeeding during a child's first six months of life is slowly gaining ground. The proportion of mothers following this practice rose from 12% to 38%, according to the latest Demographic and Health Survey. But much remains to be done. Breastfeeding itself is not a problem – Malian mothers often breastfeed their children up to the age of two years and beyond – but exclusive breastfeeding is a stumbling block. Mothers and grandmothers traditionally give plain water, date juice diluted with water or herbal teas to infants. It is a different story in the Djenné health centre, the Baby Friendly facility. According to Fatoumata Tolo Togo, one of the centre midwives, health agents urge mothers to put their baby to the breast in the first hour after birth. “In the maternity ward, mothers used to express their colostrum, even though the first milk is the best,” she says. “They don’t do it any more.” When mothers note that they themselves drank water as infants, Mrs. Togo explains that breast milk already contains water. This usually comes as a surprise. This midwife wastes no time in telling them that they need to change their ways. “Things move on,” she says. “The olden days are over. We have to change our old ways. The water our grandparents gave children was not safe to drink. That is why infants died.” Supporting mothers to promote breastfeeding At the Djenné health centre, the medical staff – made up of three midwives, two matrons and four doctors – are trying to tackle other bad habits, including the practice of feeding babies from both breasts in a single feeding. The mothers are told that they must feed from only one breast at each feeding and make sure it is quite empty to ensure that their infant gets the maximum benefit. It is no small matter, as switching breasts without properly emptying each one can have serious consequences, such as malnutrition, a condition that traditional healers might then aggravate by prescribing leaves, roots or herbs. To convey the importance of feeding their babies from only one breast at each feeding, the health centre staff draws a comparison with cow’s milk. “At first, it is water, then it is milk, finally it is cream,” Mrs. Togo says. It is a colorful way of explaining that, when breastfeeding is done properly, breast milk is the only food an infant needs in the first six months of life.
[English]
SAHEL - Pourcentage de nourrissons de moins de six mois qui sont exclusivement allaités au sein: 17% Visiblement épuisée par un accouchement difficile, Aminata Lea se repose sous une moustiquaire dans la salle de maternité du centre de santé de Djenné, à 380 km au nord-est de Bamako. Elle vient de donner naissance à une fille qui dort paisiblement, blottie contre sa mère. Aminata, vingt ans et jeune mère de deux enfants, ne veut pas que sa fille connaisse le sort de son frère aîné, lequel s’est vu donner du jus de dattes à la naissance. Sa voix est faible mais son propos est clair: « Si ma mère dit que nous devons lui donner du jus de dattes, je vais lui expliquer que le jus de dattes contient de l’eau et qu’il ne faut pas donner d’eau aux bébés de moins de six mois. Dans tous les cas, le lait maternel contient déjà de l’eau. » Au centre de santé de Djenné, certifié « hôpital ami des bébés » en 2005, Aminata s’est fait dire et redire l’importance de l’allaitement maternel exclusif pour un nourrisson. Une liste de directives sur l’allaitement maternel est affichée sur la porte du bureau de la sage-femme. Une des règles interdit les biberons dans l’enceinte du centre de santé. Une tradition d'allaitement à améliorer Cette pratique traditionnelle est encore très répandue à Boro, un village en Pays Dogon, dans l'est du Mali. Après le jus de dattes, du jus de citron est également donné aux nouveaux nés en croyant que celui-ci nettoie leur bouche. Les femmes locales considèrent habituellement les bébés comme de petits adultes plutôt que comme des personnes aux besoins nutritionnels spécifiques. C’est pourquoi elles sont souvent tentées de donner de l’eau aux nouveaux nés, d’autant plus que le climat est chaud. Hawa Tapily admet facilement avoir donné du jus de dattes à ses huit enfants et à son petit-fils, né récemment. Sa belle-fille ne s’y est pas opposée. Ces coutumes, insiste Hawa Tapily, sont encore très suivies à Boro. « On ne sait pas ce que chaque femme fait chez elle, mais je n’en connais pas une seule qui ait fait différemment de moi» dit-elle. Aux mères qui objectent qu’elles ont-elles-mêmes consommé de l’eau étant nouveau-nés, Mme Togo explique que le lait maternel en contient déjà. Elles en sont habituellement surprises. La sage-femme ne perd pas de temps en leur disant qu’elles devraient changer leur façon de faire. « Les temps changent, dit-elle. L’ancien temps est révolu. » Nous devons changer nos vieilles habitudes. L’allaitement maternel exclusif gagne du terrain au Mali, particulièrement dans les maternités « amies des bébés ». Mais beaucoup reste à faire toutefois.L’eau que nos grands-parents donnaient aux enfants n’était pas toujours propre à la consommation. C’est pour cette raison que les nouveau-nés décédaient. » Afin de sensibiliser sur l’allaitement maternel exclusif, le centre de santé a fait appel à des chefs religieux, qui ont enregistré des messages radiophoniques dans trois langues nationales maliennes (bambara, songhaï et peul). Le défi est d’atteindre non seulement les mères, mais toutes les personnes susceptibles de donner de l’eau aux bébés, en particulier les grands-mères. Mme Togo pense qu’un grand nombre de personnes a reçu le message, y compris les femmes plus âgées. Au centre de santé de Djenné, le personnel soignant – composé de trois sages-femmes, deux matrones et quatre médecins – luttent contre d’autres mauvaises habitudes, entre autres celle de donner les deux seins à l’enfant lors d’une même tétée. Il est expliqué aux femmes qu’elles doivent nourrir le nouveau-né à partir d’un seul sein lors de chaque tétée et le vider suffisamment, afin de s’assurer que le nourrisson en tire tous les bénéfices. C’est loin d’être un détail puisque le fait de changer de sein sans le vider de façon appropriée peut avoir des conséquences graves, comme la malnutrition, un état que les guérisseurs traditionnels pourraient alors aggraver en prescrivant l’utilisation de feuilles, de racines ou d’herbes. Afin de faire comprendre l’importance de nourrir le nourrisson à partir d’un seul sein à chaque repas, le personnel établit une comparaison avec le lait de vache. « Au début, c’est de l’eau; puis du lait; et enfin du lait avec de la crème », dit Mme Togo. Une façon visuelle de faire comprendre que lorsque l’allaitement maternel est réalisé de façon adéquate le lait maternel est le seul aliment dont un nouveau-né a besoin dans les six premiers mois de la vie. par Michel Arseneault
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