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Guinée: la réalité du travail des enfants

Conakry, Guinée, 12 novembre 2008 - Nombreux sont les enfants de Guinée qui passent le plus clair de leur temps à faire le travail des adultes. Selon une étude du Ministère guinéen des Affaires sociales, les enfants travailleurs étaient  estimés à 600 000 en 2005. S’ils n’exécutent pas en temps et heure les tâches qui leur sont assignées, ils sont taxés de paresseux et punis en conséquence.

L’enfant qui travaille pour ses parents est béni, dit-on. D’ailleurs en Afrique les parents considèrent le travail domestique comme étant le premier pas vers l’école de la vie. N’est-il pas considéré comme la forme d’éducation la plus courante en Guinée ? Néanmoins, il n’est pas rare de voir dans maintes familles des enfants, mieux des adolescentes pour la plupart, qui effectuent des travaux ménagers à plein temps alors que ceux de leurs tuteurs n'ont pour seule occupation que d’aller à l’école. Cela est une violation déplorable et injuste de leurs droits tels que reconnus par la Convention relative aux droits de l’enfant.

Une réalité contredisant le droit
La Guinée a ratifié en 2001 les deux Conventions internationales de l’Organisation Internationale du Travail règlementant le travail des enfants, à savoir les Conventions 138 et 182. La première porte sur l’âge minimum de l’accès au  travail fixé à 14 ans et la seconde sur les pires formes du travail des enfants. Mais, la ratification de ces deux Conventions n’a pas encore été  suivie de la production de texte d’application.
 
Fatoumata B. est arrivée chez sa tante à l’âge de cinq ans. C’était après le décès de son père des suites d’un accident de la circulation. Sa mère, une ménagère, ne pouvait subvenir aux besoins de 3 enfants, décida alors de se faire aider par l’une des cousines de son défunt époux résidant dans un des quartiers populaires de la capitale Conakry.

Aujourd’hui, Fatoumata a quinze ans et n’a jamais été inscrite à l’école. Tous les jours les yeux embués de larmes, elle assiste la peine au cœur, au départ vers l’école des enfants de la maison.  Les travaux domestiques et la vente du « yé glassé » (entendez, de l’eau fraîche en sachet plastique) au marché de Matoto à Conakry rythment sa journée. Elle est la première à se lever le matin et la dernière à aller au lit. En plus, elle est battue ou maltraitée au quotidien si elle n’atteint pas son quota de vente du « yé glassé ». L’autre jour, alors qu’elle revenait du marché, elle fut attaquée, battue et violée par des inconnus. Elle raconte d’une voix sourde, les yeux baissés car le souvenir ravive en elle de douloureux moments : « Je veux rentrer chez ma mère. Je ne veux plus rester chez ma tante… je veux aller à l’école auprès de ma mère répète t-elle. »

Moussa C. a environ lui neuf ans et vit avec ses parents qui sont très pauvres. Le petit garçon, dans son uniforme d’écolier, est contraint de porter chaque matin un plateau rempli de citrons qu’il vendra de 7 heures 30 à midi avant d’aller à l’école. L’argent ainsi obtenu servira à la popote et à d’autres besoins. Ses deux sœurs âgées de treize et dix sept ans et qui ne sont pas scolarisées par manque de moyens aident à subvenir aux besoins de la famille en vendant des oranges et des cacahuètes. 

Un symptôme de la pauvreté 
Les enfants travailleurs en Guinée sont généralement, issus de familles très pauvres vivant à l’intérieur du pays. Les parents ont hâte de confier la garde de leurs enfants à des parents ou à des amis résidant dans un centre urbain. Et ce,  même si ces derniers connaissent des conditions d’existence difficile comme eux. Pour ces parents, la meilleure chose qui puisse arriver à leurs enfants  serait de vivre dans une grande ville. La ville restant ces derniers un genre d’eldorado.
 
Fort malheureusement, dans beaucoup de cas, ces enfants sont victimes à l’intérieur de la famille accueillante de mauvais traitements et mêmes exposés à des abus sexuels de la part d’adultes, de jeunes de la maison ou du quartier.

Suite à une récente enquête du BIT en Guinée on estime que les enfants qui travaillent dans les secteurs de l’agriculture, de la pêche, de l’élevage, des carrières/mines, du transport et du commerce exercent des activités économiques et résident en milieu rural pendant que ceux qui effectuent des travaux domestiques et autres enfants exerçant dans d’autres secteurs non économiques tels que les apprentis sont considérés comme des Enfants exerçant les activités non économiques. Eux résident en milieu urbain. Ils sont 58,0% dans les centres urbains considérés comme Enfants soumis aux Pires Formes de Travail (PFTE) contre 88,5% en milieu rural contre.

Dans un pays où les droits des parents sont violés au quotidien, ceux des enfants seront-ils vraiment respectés un jour ? En tout état de cause, même si les droits des adultes sont confisqués, leur conscience ne l’est pas. Aussi, il s’agit de traiter les enfants d’autrui de la même manière que l’on traite ses propres enfants. Ne faisons donc pas travailler ces enfants comme des adultes.

En vue de favoriser la jouissance par les enfants travailleurs de leurs droits l’UNICEF/Guinée apporte aux structures de l’Etat concerné, son appui technique, financier et matériel de même qu’à des Ongs (AGUIAS, Association guinéenne des assistantes sociales, Sabou Guinée) qui dans le secteur offrent des services sociaux spécialisés de prévention, de réhabilitation et de réinsertion.
 
par Amadou Sadio Diallo

 

 
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