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Tchad: promouvoir les bonnes pratiques d'alimentation du jeune enfant en toutes circonstances.

Am Nabak, Tchad, 20 octobre 2008 - Dans le contexte tchadien, plus de 44 pour cent des enfants reçoivent un allaitement irrégulier et une mauvaise alimentation. La majorité des ménages en insécurité alimentaire sévère soit 64 pour cent, est localisée dans les régions sahéliennes parmi lesquelles le Ouaddai et le Wadi-Fira à l’Est du Tchad.

Dans la maternité du camp de réfugies d’Am Nabak, localisé au Nord-Est du pays, nous rencontrons deux sages-femmes et trois matrones. "Toutes les femmes qui accouchent à la maternité du camp suivent notre conseil concernant l’allaitement maternel exclusif," dit Mariam, 45 ans et mère de six enfants dans un ton qui se veut convaincu. "On leur explique l'importance de l’allaitement maternel exclusif lors de chaque consultation pré- et post natale. En plus, il y a chaque semaine des sessions de sensibilisation dans le camp, auxquelles participent toutes les femmes enceintes ou en âge de procréer."

Promouvoir l'allitement maternel exclusif
Après un moment d’hésitation, elle ajoute: "Ce n’est pas facile de les faire changer d’avis. On donne du lait et ensuite de l’eau à l’enfant, puisque le lait donne soif. Cela a toujours été comme ça. De plus en plus, les femmes comprennent qu’il ne faut pas donner d’autres aliments, comme le lait en poudre, les sardines ou la viande - mais donner de l’eau, cela semble tellement évident qu’elles ne se rendent même pas compte que cela est contraire à nos instructions."

Les discussions avec des femmes réfugiées au poste de santé et ensuite sur le marché du camp semblent confirmer ces comportements: "Oui, je fais l’allaitement exclusif. Je donne seulement le lait du sein à mon petit. Puis quelques gouttes d’eau pour qu’il s’endorme," répond Salima, 37 ans, à l’instar de beaucoup d’autres.

La situation est similaire à l’Est du Tchad et au Soudan. En schématisant, trois cas de figure semblent se dessiner : la femme dans le contexte rural continue à suivre les traditions en donnant à son bébé du lait, des aliments et de l’eau car elle n’a pas d’accès aux services de santé et donc aux sensibilisations pré et post natales. La femme dans le contexte urbain nourrit son bébé avec du lait artificiel ou d’autres aliments. Bien qu’elle ait pris connaissance des avantages théoriques de l’allaitement exclusif, elle n’a pas le temps d’allaiter régulièrement son bébé à cause du travail. Le souhait de garder un ‘sein de jeune fille’ est aussi un facteur qui influence sa décision. La femme dans les espaces circonscrits, tel que le camp d’Am Nabak, a toutes les informations à sa disposition et le temps de les appliquer, mais elle se trouve devant le dilemme de suivre soit les traditions de sa famille soit les conseils des agents de santé.

Entre tradition et sensibilisatition
Nous rencontrons Fatime, 32 ans. Elle a accouché il y a peu de temps et continue à suivre les consultations post-natales soutenues par l’UNICEF dans la maternité d’Am Nabak comme dans tous les 12 camps a l’Est du Tchad. Au milieu de la conversation son nouveau-né commence à pleurer. "Mais donne lui de l’eau qu’il se calme bon sang," s’exclame son mari. Fatime s’empresse de suivre l’ordre et – le petit Mahamat se rendort. "Tu vois, c’est l’eau qui l’a calmé. Ma mère faisait comme ça et ma grand-mère aussi. Il ne faut pas croire tout ce que l'on te dit ailleurs," dit le chef de famille satisfait. Fatime acquiesce lentement de la tête. Pas encore entièrement convaincue, elle nous regarde.

"Mais à la maternité ils nous ont dit qu’il faut donner seulement du lait jusqu'à six mois," elle ose répondre. "C’est le seul moyen pour éviter à votre fils des diarrhées et d’autres complications." renforce Docteur Saléh qui est venu rendre visite à la famille. Fatime va retourner à la maternité encore trois fois pour des consultations post-natales. Il reste à voir si le message de Mariam pèsera plus lourd que le poids des traditions.

par Cornelia Walther.

 

 
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