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Togo: soutenir l'allaitement maternel dans un contexte de malnutrition aiguë

© UNICEF/Togo/2007/Pudlowski
Chaque mère allaitante doit recevoir les informations utiles, une aide pratique et qualifiée, l'écoute et les encouragements pour assurer un allaitement optimal

L’allaitement maternel exclusif (AME) est recommandé chez  le nourrisson de 0 à 6 mois. Les micronutriments qu’il contient assurent la bonne croissance de l’enfant. Les anticorps présents dans le lait maternel protègent le bébé contre les maladies auxquelles il peut être exposé, particulièrement dans les milieux défavorisés comme les zones rurales.

Promouvoir la santé des mères
« Mais pour que la mère puisse jouer correctement ce rôle, elle doit avoir une alimentation riche et équilibrée.  Soit  des  aliments suffisants, en qualité comme en quantité. Un véritable défi à l’heure actuelle où la crise alimentaire fait l’objet de toutes les préoccupations. C’est l’occasion d’encourager, de soutenir les femmes enceintes et allaitantes pour une prise en charge adéquate de leur santé, particulièrement dans les villages où la lutte contre la pauvreté et la malnutrition constituent déjà un combat de chaque instant », précise M. Vincent MAKU, nutritioniste à UNICEF Togo.

Selon les résultats de l’enquête par grappe à indicateurs multiples (MICS 2006), le taux national d’AME au Togo est faible (28%), aggravant la situation nutritionnelle particulièrement dans les régions des Savanes, de la Kara et de la  Maritime. 108 enfants sur 1000 meurent avant leur cinquième anniversaire et la malnutrition est associée à un bon nombre de ces décès. Le taux national de malnutrition aiguë chez les enfants de moins de 5 ans s’élève à 14,3% (MICS 2006).
Avec l’appui de l’UNICEF, le Ministère de la Santé a mis en place des Groupes de Soutien à l’Allaitement Maternel (GSAM) regroupant des femmes chargées de promouvoir les bonnes pratiques de l’alimentation de l’enfant, de la femme enceinte et allaitante au sein de leur communauté. Ceci renforce la réponse à l’urgence nutritionnelle dans les trois régions concernées.

Des volontaires montre l'exemple
A Zowla un des villages de la région Maritime, situé à 50Km de Lomé, Véronique est une femme que l’on connaît bien. Pas pour ses talents de couturière, sa profession, mais pour son dévouement au sein du  GSAM dont elle est la présidente. Chaque semaine, Véronique sacrifie une de ses journées pour rendre visite aux femmes enceintes et aux mères qui relèvent de son secteur. Elle veille à ce que les membres de son groupe maîtrisent et dispensent correctement les conseils prodigués au dispensaire. Leur soutien  permet aux mères de faire front aux traditions qui trop souvent favorisent la malnutrition et ont la vie dure.
Adjoko, 25 ans, pourrait en témoigner. A son accouchement, choisir l’AME a été difficile. Elle avait vu tant de mères compléter l’alimentation de leur bébé avec de l’eau ou de la bouillie bien avant les six mois… Pourtant grâce aux explications et aux conseils de Véronique, elle a pu tenir bon jusqu’au bout. « Dès les premières semaines, j’ai vu de mes propres yeux les résultats. Ma fille Emefa se portait bien, grandissait normalement et jusqu’à présent elle n’a eu aucun problème de santé », nous a confié Adjoko, avec un regard attendri pour sa fille.

Aujourd’hui, selon Véronique, presque sept femmes sur dix acceptent de nourrir leur bébé au sein exclusivement. Cependant les difficultés demeurent, à Zowla comme ailleurs. Une des femmes du GSAM d’Anfoin, localité située à 3 km de là, nous explique :
 « Lorsque nous allons visiter les femmes enceintes ou allaitantes, nous ne sommes pas toujours les bienvenues. Quand ce ne sont pas les femmes âgées qui nous accusent de vouloir tuer les bébés, ce sont les maris qui nous poussent dehors. Le problème c’est que les gens ont du mal à accepter que les anciennes pratiques aient des effets néfastes pour les bébés. De plus ici, les ressources du foyer proviennent essentiellement de la femme, qui pour pouvoir vaquer librement à ses activités, introduit des aliments de compléments avant six mois».

Combattre les pratiques et croyances néfastes
Malgré tout, les membres du GSAM d’Anfoin persévèrent dans l’information et la sensibilisation. Une persévérance qui porte ses fruits. Selon la sage femme du dispensaire de la localité, les femmes commencent par comprendre qu’il est beaucoup plus avantageux pour elles d’allaiter le bébé exclusivement au sein. Celles qui l’ont fait sont très satisfaites et leurs maris aussi. « Quand ma femme m’a dit que la sage femme lui avait interdit de donner quoi que se soit d’autre à notre  fils Paul, j’ai été très surpris mais j’ai accepté. Au bout du compte, tout s’est bien passé et je m’en réjouis car avec la hausse des prix, je ne sais pas comment j’aurais fait s’il était tombé malade ! Ça a été dur pour ma femme, mais ça en valait la peine», nous a raconté un des villageois.

La tâche est encore grande pour un changement de comportement dans les communautés en faveur de la survie de l’enfant. C’est pourquoi l’UNICEF, en collaboration avec le gouvernement poursuit ses interventions communautaires. Pour exemple, la stratégie avancée de dépistage et de prise en charge lancée en mars 2008 dans les régions des Savanes et Kara qui a permis d’examiner  environs plus de 30 000 enfants dans 123 villages et de prendre en charge 1333 enfants malnutris.
Mais l’appui du Bureau pays va plus loin avec l’équipement, l’approvisionnement de nouveaux centres de réhabilitation nutritionnelle, la distribution d’aliments thérapeutiques et d’autres vivres en collaboration avec le PAM et le Service National de Nutrition ainsi que le renforcement de capacité des Agents de Santé.

par Essi Fafa Soule

 

 

 

 

Faits et chiffres

Le point sur l'allaitement maternel au Togo


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