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Au Bénin, les groupes de femmes soutienent les femmes pour un allaitement exclusif optimal

Benin Pudlowski
© UNICEF/Benin/2006/Pudlowski
Créer un cercle de soutien autour des mères allaitantes pour donner à chaque enfant le meilleur départ dans la vie

Selon les dernières données disponibles au Bénin, plus de 9 enfants sur 10, sont allaités au sein. Cependant, la proportion d’enfants exclusivement  nourris au sein jusqu’à l’âge de 6 mois est très faible. Elle ne représente que 2 enfants sur 5.

Le soutien aux mères fait ses preuves
Cette proportion est néanmoins passée de 8% en 2002 à 22% en décembre 2007, selon les statistiques locales de la zone sanitaire Pobé, Adja Ouèré, Kétou. Ceci résulte des activités de communication pour le changement de comportement, visant la promotion des pratiques clés en matière d’allaitement et d’alimentation de complément du jeune enfant.

Situées en zone rurale à environ 2 heures de Cotonou la capitale du Bénin, ces 3 zones sanitaires font de l’allaitement maternel exclusif un défi permanent à relever. Parce que l’entourage familial de la nouvelle accouchée influence négativement la pratique de l’allaitement maternel exclusif (AME), des groupes de femmes dont Henriette Akouta est membre, se mobilisent pour la soutenir.

Les belles mères, tantes, grands-mères, qui accueillent par leurs chants l’arrivée d’un nouveau né sont aussi les gardiennes incontestées des croyances ancestrales. Aussi ne comprennent-elles  pas l’importance de nourrir exclusivement le nouveau né au sein, dès les premiers instants de sa vie et cela, jusqu’à l’âge de 6 mois.

Combattre les pratiques et croyances néfastes
Henriette  nous rapporte certaines de ces croyances, connues de toute nouvelle accouchée.  « Les décoctions rendent plus solides et plus vifs les nourrissons »,  le  « lait jaune» n’est pas bon parce que le lait doit être blanc », « le lait seul ne peut pas satisfaire la faim de l’enfant et étancher sa soif ». On a donc recours dès 3 mois à  l’eau, et à la bouillie légère, pour couvrir les besoins nutritionnels de l’enfant. L’entourage familial de la jeune accouchée, lui rappelle  aussi  que c’est « grâce à toutes ces pratiques ancestrales que les adultes d’aujourd’hui ont grandi. C’est dire la méconnaissance de la richesse et des bienfaits de  lait maternel.

Henriette et son groupe de femmes soutiennent l’Initiative d’assistance à la nouvelle accouchée les 30 premiers jours de vie de son bébé. Au départ, les hommes de la communauté,  comme identifiés comme relais par les agents de santé, n’étaient pas toujours crédibles à cause de la nature de l’activité qui concerne directement les femmes. Les femmes  ont donc été encouragées à se constituer en groupes de soutien pour l’AME. Il existe 3  groupes de soutien de 120 femmes dans la zone PAK.

Une Initiative au service de la nouvelle accouchée…
Après les séances collectives au centre de santé organisées par des agents de santé lors de la CPN, les Groupes de soutien animent des discussions et des séances d’éducation et de sensibilisation par les pairs. Chaque femme encadre un groupe composé de 5 femmes enceintes. Elles engagent ainsi un dialogue avec les mères,  pour lever les barrières à l’adoption de l’allaitement maternel exclusif et répondre aux questions spécifiques soulevées par les futures mamans.

Comme les autres, Henriette a été formée sur les activités de suivi des femmes enceintes, de l’accouchée et du nouveau-né, gâce à l’appui technique et financier de l’UNICEF. Ces bénévoles sillonnent les villages, les quartiers pour faciliter l’acceptation de l’AME. Après que les femmes ont accouché, elles sont suivies chaque semaine, dans leur milieu de vie.  Chaque femme membre du Groupe de soutien est responsable  du suivi d’environ 20 nouvelles accouchées. Elle organise ainsi des visites à domicile sur le  lieu de l’accouchement et dans le ménage de la nouvelle  accouchée, pendant les 30 premiers jours de la vie du nouveau né. Ces visites sont un moment d’apprentissage actif et intensif sur la mise au sein, le positionnement du bébé, le respect de mise au sein du bébé à la demande et les soins du nouveau né, qui s’accompagne de  discussions et d’échanges avec les autres membres du ménage souvent le mari, la belle tante, la belle mère, la grand-mère. Ces échanges conduisent souvent à l’adhésion de l’environnement familial qui va encourager la nouvelle accouchée à pratiquer l’AME. Toutes les activités de communication s’appuient sur une boîte à images et sont renforcées par 3 radios communautaires  qui diffusent des messages dans les diverses langues nationales.

Depuis 2 ans, les résultats sont modestes mais encourageants. La perception de l’AME a changé puisque les mères constatent que les enfants nourris au sein sont moins malades que les autres, qu’ils sont plus résistants face à la maladie »  nous confie Henriette, avec enthousiasme.  De plus, affirme t-elle, pour éviter que les membres de la famille  ne donnent autre chose au bébé, les mères ne laissent plus leur bébé dans les cases lorsqu’elles doivent faire une course dehors. Cependant, le problème des occupations des mamans qui ne peuvent pas mener leurs activités économiques et allaiter en même temps leurs bébés, reste réel. 

par Gisèle Langue-Menye

 

 
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