Au Bénin, les groupes de femmes soutienent les femmes pour un allaitement exclusif optimal
Selon les dernières données disponibles au Bénin, plus de 9 enfants sur 10, sont allaités au sein. Cependant, la proportion d’enfants exclusivement nourris au sein jusqu’à l’âge de 6 mois est très faible. Elle ne représente que 2 enfants sur 5. Le soutien aux mères fait ses preuves Situées en zone rurale à environ 2 heures de Cotonou la capitale du Bénin, ces 3 zones sanitaires font de l’allaitement maternel exclusif un défi permanent à relever. Parce que l’entourage familial de la nouvelle accouchée influence négativement la pratique de l’allaitement maternel exclusif (AME), des groupes de femmes dont Henriette Akouta est membre, se mobilisent pour la soutenir. Les belles mères, tantes, grands-mères, qui accueillent par leurs chants l’arrivée d’un nouveau né sont aussi les gardiennes incontestées des croyances ancestrales. Aussi ne comprennent-elles pas l’importance de nourrir exclusivement le nouveau né au sein, dès les premiers instants de sa vie et cela, jusqu’à l’âge de 6 mois. Combattre les pratiques et croyances néfastes Henriette et son groupe de femmes soutiennent l’Initiative d’assistance à la nouvelle accouchée les 30 premiers jours de vie de son bébé. Au départ, les hommes de la communauté, comme identifiés comme relais par les agents de santé, n’étaient pas toujours crédibles à cause de la nature de l’activité qui concerne directement les femmes. Les femmes ont donc été encouragées à se constituer en groupes de soutien pour l’AME. Il existe 3 groupes de soutien de 120 femmes dans la zone PAK. Une Initiative au service de la nouvelle accouchée… Comme les autres, Henriette a été formée sur les activités de suivi des femmes enceintes, de l’accouchée et du nouveau-né, gâce à l’appui technique et financier de l’UNICEF. Ces bénévoles sillonnent les villages, les quartiers pour faciliter l’acceptation de l’AME. Après que les femmes ont accouché, elles sont suivies chaque semaine, dans leur milieu de vie. Chaque femme membre du Groupe de soutien est responsable du suivi d’environ 20 nouvelles accouchées. Elle organise ainsi des visites à domicile sur le lieu de l’accouchement et dans le ménage de la nouvelle accouchée, pendant les 30 premiers jours de la vie du nouveau né. Ces visites sont un moment d’apprentissage actif et intensif sur la mise au sein, le positionnement du bébé, le respect de mise au sein du bébé à la demande et les soins du nouveau né, qui s’accompagne de discussions et d’échanges avec les autres membres du ménage souvent le mari, la belle tante, la belle mère, la grand-mère. Ces échanges conduisent souvent à l’adhésion de l’environnement familial qui va encourager la nouvelle accouchée à pratiquer l’AME. Toutes les activités de communication s’appuient sur une boîte à images et sont renforcées par 3 radios communautaires qui diffusent des messages dans les diverses langues nationales. Depuis 2 ans, les résultats sont modestes mais encourageants. La perception de l’AME a changé puisque les mères constatent que les enfants nourris au sein sont moins malades que les autres, qu’ils sont plus résistants face à la maladie » nous confie Henriette, avec enthousiasme. De plus, affirme t-elle, pour éviter que les membres de la famille ne donnent autre chose au bébé, les mères ne laissent plus leur bébé dans les cases lorsqu’elles doivent faire une course dehors. Cependant, le problème des occupations des mamans qui ne peuvent pas mener leurs activités économiques et allaiter en même temps leurs bébés, reste réel. par Gisèle Langue-Menye
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