Les enfants pris dans les conflits

Histoire vécue

Une mission dangereuse : aller à l'école en dépit de la violence permanente en Iraq

© UNICEF 2004
Un jeune garçon en Iraq

Chaque année, au début de l'été, les enfants iraquiens présentent un examen dont le résultat leur permettra de passer dans la classe supérieure ou les contraindra à redoubler. Cet examen de fin d'année est donc le plus important de l'année scolaire.

Aujourd'hui, l'enseignement, comme tout en Iraq, a été fortement perturbé. Le système éducatif, déjà en mauvais état avant la guerre, a été très endommagé par les dégâts causés par le conflit et par les pillages et incendies qui l'ont suivi. L'insécurité quotidienne - des attentats à la bombe, des enlèvements et des agressions se produisent chaque jour - a rendu les taux de fréquentation scolaire irréguliers et relativement faibles, en particulier chez les filles. Le pillage des écoles a privé les élèves et les enseignants de matériel leur permettant d'apprendre ou d'enseigner. Par ailleurs, il est difficile de travailler à la maison et en classe du fait de l'extrême chaleur et de l'absence d'électricité - à l'exception de quelques heures par jour - dans la plupart des zones.

« Aujourd'hui, je suis arrivée en retard au lycée en raison des embouteillages, puis il a fallu attendre que les agents de sécurité fouillent l'établissement pour s'assurer que personne n'y avait posé de bombe, » Rana Rasheed, élève de sixième au lycée Ak-Kahira.

En raison de ces conditions difficiles, les examens de fin d'année 2003 allaient être annulés. Des millions d'enfants iraquiens auraient donc perdu en fait toute une année scolaire et auraient dû redoubler.

Ramener les enfants en classe

Mais l'histoire ne se termine pas ainsi.
Début juillet 2003, 5,5 millions d'enfants iraquiens -- 96 à 99,8 % des élèves iraquiens des niveaux primaire, moyen et secondaire -- se sont présentés à l'examen de fin d'année ont été en mesure de passer leur examen de fin d'année. Les filles, dont un bon nombre n'allaient plus à l'école pour des problèmes de sécurité, ont été tout particulièrement encouragées à passer l'épreuve et elles ont obtenu de meilleurs résultats que les garçons à tous les niveaux.

La campagne de l'UNICEF « Rentrée des classes »

Les examens de fin d'année entraient dans le cadre de la campagne de l'UNICEF Rentrée des classes 2003/2004, qui est devenue la plus grosse opération logistique de toute l'histoire de l'organisation. Cette opération a compris la fabrication et la distribution de plus de 68 000 mallettes « écoles en boîte », ainsi que l'impression et la distribution de 46 millions de manuels. En outre, 220 écoles, qui avaient subi des dégâts du fait de la guerre, ont été réhabilitées, alors que des travaux sont en cours dans 25 autres écoles.

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