Coin aux celebs

Angélique Kidjo

Ne soyez pas égoïstes, aidez tous ceux qui vous entourent. Si vous ne pensez qu'à vous, votre monde va se rétrécir de plus en plus, jusqu'à ce qu'il n'en reste plus rien !

Angelique performing in New York, USA
© UNICEF/HQ02-0191/Bronstein
Angelique Kidjo chante au concert « Célébration du leadership » organisé au siège des Nations Unies à New York en 2002.

Angélique Kidjo est une chanteuse-compositrice ouest-africaine. C'est l'une des artistes les plus dynamiques de la musique pop contemporaine, et l'une de ses célébrités les plus engagées. Elle a particulièrement à coeur la cause des enfants et des jeunes. Mme Kidjo est devenue ambassadrice itinérante de l'UNICEF en juillet 2002.

Le point de vue d'Angélique sur l'UNICEF et l'Éducation

VDJ : Comment vous êtes-vous intéressée à cette question ?
AK : Dans tous mes voyages, j'ai découvert que le sort des enfants, notamment des filles, est très différent en fonction du pays où ils vivent. C'est injuste et tragique. De nombreuses difficultés se posent lorsqu'on essaie d'améliorer leur vie. Pour moi, pour changer l'avenir, la seule solution est d'éduquer les enfants. J'ai eu la chance d'aller à l'école quand j'étais petite. Je le dois à mes parents. Je voudrais que beaucoup d'enfants aient la même chance que moi. J'ai vu tant de mes amies d'enfance obligées de quitter l'école pour aider à la maison. Ça me rendait folle de rage.

VDJ : Quelles sont quelques-unes des raisons pour lesquelles vous vous êtes engagée ?
AK : Mon amour de la justice et mon amour des enfants. J'ai eu une enfance fabuleuse. Ça me met mal à l'aise de penser à tous ces enfants qui n'ont pas la même [chance].

VDJ : Vous rappelez-vous d'un moment précis où vous vous êtes rendu compte que vous vouliez faire quelque chose pour les enfants ?
AK : Quand j'étais enfant, une fois, j'ai aidé ma mère à mettre un bébé au monde. Ça m'a beaucoup impressionnée. C'est à ce moment-là que j'ai commencé à aimer les enfants.

VDJ : Pourquoi êtes-vous devenue ambassadrice itinérante de l'UNICEF ?
AK : J'ai donné pas mal de concerts pour les Nations Unies, notamment pour le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Mais quand je suis montée sur scène avec des centaines de jeunes musiciens lors du concert de la campagne « DIRE OUI POUR LES ENFANTS »  à New York, je me suis vraiment sentie dans mon élément !

VDJ : Comment le fait d'être ambassadrice itinérante de l'UNICEF a-t-il changé votre vie ?
AK : Ça m'aide à me sentir utile en dehors du monde de la musique. Je rencontre tant de gens qui travaillent si dur pour améliorer la vie des enfants : c'est une bouffée d'air frais comparé à tous ces égocentriques qui peuplent le monde de la musique.

VDJ : Faites-vous certaines choses différemment d'avant ?
AK : Non, pas vraiment.

VDJ : Pensez-vous que des célébrités peuvent faire une vraie différence ? Ou est-ce simplement du tape-à-l'oeil ?
AK : Je crois que nous sommes tellement bombardés d'informations, de publicité et de biens matériels qu'il nous faut quelque chose pour nous rappeler la chance que nous avons. Lorsque ce message est véhiculé par des célébrités, il est ressenti plus profondément et d'une manière plus plaisante (j'espère). Notre accès aux médias contribue aussi à la cause. Nous savons tous que les médias ont tendance à ne parler que du sensationnel...

VDJ : Selon vous, quelle est la principale priorité dans le domaine de l'éducation ?
AK : Les hommes politiques doivent comprendre que l'éducation des filles ajoutera à la richesse de leur pays : c'est, comme on dit en politique, une situation où tout le monde est gagnant !

VDJ : Avez-vous effectué de nombreuses missions pour l'UNICEF ?
AK : Quelques-unes seulement : en Finlande, en Tanzanie, au Bénin, en Afrique du Sud, au Brésil .

VDJ : Qu'est-ce que vous y avez fait ?
AK : Je parle, je chante, je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour communiquer ma passion et mes préoccupations sur l'avenir des enfants, leur éducation, leur santé et leurs droits !

VDJ : Y a-t-il une mission dont vous gardez un souvenir particulier ? Et si oui, pourquoi ?
AK : Quand j'ai travaillé en Tanzanie avec Carol Bellamy, la Directrice générale de l'UNICEF, j'ai été impressionnée par l'énergie, le professionnalisme et l'amour dont fait preuve le personnel de l'UNICEF dans son travail.

VDJ : Pouvez-vous nous parler un peu de vous ?
AK : Je suis une chanteuse africaine née au Bénin, en Afrique de l'Ouest. J'ai commencé à chanter sur scène à l'âge de six ans. Et je ne me suis jamais arrêtée ! J'ai donné des concerts dans plus de 60 pays et j'ai enregistré 7 albums.

VDJ : Quelle est la chose la plus importante dans votre vie ?
AK : Eh bien. En dehors de la musique, ma fille et ma famille.

VDJ : Selon vous, quelle est votre plus grande réussite ?
AK : Enregistrer des chansons dont je suis fière et qui parlent de ce qui compte le plus pour moi.

VDJ : Et votre pire échec ?
AK : Je ne sais pas !

VDJ : Y a-t-il un message que vous aimeriez transmettre aux jeunes ?
AK : Ne soyez pas égoïstes, aidez tous ceux qui vous entourent. Si vous ne pensez qu'à vous, votre monde va se rétrécir de plus en plus, jusqu'à ce qu'il n'en reste plus rien !

VDJ : Si vous deviez leur donner un conseil que vous auriez aimé avoir reçu et suivi, quel serait-il ?
AK : Ne soyez pas impatient : mais c'est trop tard pour moi !

VDJ : Vous avez des enfants ?
AK : Une fille.

VDJ : Que pense-t-elle de votre action au sein de l'UNICEF ?
AK : Je crois que ma fille est fière de moi. Elle commence déjà à militer. Et elle n'a que dix ans.

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