Mettre les enfants à l'abri

Législation et application

© UNICEF/HQ92-0944/Delhalle
Un soldat français membre des forces de protection spéciales de l'ONU en ex-Yougoslavie monte la garde à Sarajevo.

Si son pays avait adopté et appliqué une législation adéquate, Nazmie aurait pu éviter ce genre de situation.

Par exemple, si l'éducation secondaire avait été obligatoire et le travail des enfants illégal, elle serait peut-être restée à l'école. Si les lois interdisant le mariage précoce et la traite d'êtres humains avaient été dûment appliquées, Stephan n'aurait pas pu exploiter Nazmie.

La Convention relative aux droits de l'enfant oblige les gouvernements à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour protéger les droits des enfants et des jeunes et les mettre à l'abri du danger.

Si les pouvoirs publics avaient aidé Nazmie, elle aurait pu échapper à sa situation plus vite, et ceux qui l'ont exploitée auraient pu être punis.


« Beaucoup de policiers et de militaires sont eux-mêmes des clients [exploiteurs]. Parfois, les filles sont rouées de coups par les policiers. Elles n'ont nulle part où aller quand elles sont attaquées comme ça. » Jaqueline, une ex-prostituée qui a créé un service d'aide aux jeunes sexuellement exploités au Rwanda

En fait, la justice et les forces de l'ordre s'en prennent plus souvent aux exploités qu'aux exploiteurs. Par exemple, les enfants victimes de la traite comme Nazmie peuvent être arrêtés comme clandestins, ou pour prostitution. Au lieu de les traiter comme des criminels, la police et le personnel du système judiciaire devraient considérer les besoins des enfants, et leur donner la priorité. Ils devraient aussi tenir compte de ce que veulent les enfants.

© UNICEF/HQ95-0819/Lemoyne
Des réfugiés serbes sur une route de campagne cherchent à se mettre à l'abri près de Banja Luka, en Bosnie-Herzégovine.
L'histoire de Boriana

Les pays doivent collaborer pour mettre fin à la traite.

Des accords entre les pays et des contrôles aux frontières auraient pu protéger Boriana, 14 ans, par exemple. Boriana a reçu une offre pour travailler comme serveuse dans un pays voisin et la promesse d'un bon salaire. Mais à son arrivée, elle a été forcée de vendre son corps. Elle avait passé la frontière seule comme touriste, sans que personne ne vérifie si elle avait un visa en bonne et due forme et la permission de voyager de ses parents.

L'arrivée de 4 000 enfants voyageant en « touristes » la même année que Boriana n'a pourtant pas éveillé les soupçons. Si le personnel des frontières avait constitué des dossiers exacts, avait su identifier certains indices, et avait utilisé ces informations pour améliorer ses interventions, Boriana aurait pu être protégée.

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