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L’école de la deuxième chance, pour plus d’équité

 

© UNICEF Maroc/2013/Van Holsbeek

 

Le Maroc est sur la bonne voie pour la généralisation de la scolarisation primaire. Néanmoins, plus de 2% des enfants n’a pas accès à l’école primaire. Et chaque année, environ 10% des adolescents et des jeunes qui vont à l’école décrochent, soit près de 340.000 enfants (MEN 2009-2010). Ahmed (16 ans) était un de ces enfants qui avaient abandonné. « Je ne faisais que tourner dans la rue et là on n’apprend rien de bien, on ne fait qu’imiter des mauvais comportements comme fumer les cigarettes. Mais j’ai entendu parler d’une initiative qui fait revenir les enfants à l’école et c’est ce que moi et mes amis avons fait », raconte-t-il avec enthousiasme.

Cette initiative qui donne aux enfants une deuxième chance pour accéder à l’école est le système de l’éducation non-formelle (ENF). Effectivement, l’ENF offre une deuxième chance aux enfants entre 9 et 15 ans qui n’ont jamais été scolarisés ou qui ont abandonné l’école. Durant trois ans, les enfants suivent un cycle d’adaptation qui les prépare à réintégrer l’éducation formelle. Grâce à l’ENF, ces enfants peuvent faire valoir leur droit à l’éducation. Oumayma (14 ans) raconte : « J’avais quitté l’école quand on a déménagé à Rabat. Quand je voyais les autres enfants aller à l’école, je pleurais. Un jour ma mère est allée avec moi  à une association qui a accepté de m’inscrire dans l’école de la deuxième chance en 2010. Je veux devenir enseignante et je dis à tous les enfants du monde qui veulent apprendre de venir à l’école ».

Au Maroc, environ 550 000 enfants ont déjà bénéficié de l’ENF depuis son lancement il y a quelques années. Pour arriver à ce résultat, l’ENF réunit plusieurs partenaires. La Direction de l’éducation non-formelle du Ministère de l’Education Nationale (MEN) est le service central qui travaille sur les curricula pendant que les Académies Régionales pour l'éducation et la formation et les Délégations provinciales assurent le suivi et la mise en œuvre à travers l’encadrement pédagogique des associations locales. Celles-ci mènent les actions de proximité pour inscrire les enfants en dehors du système scolaire et embauchent les animateurs/trices qui accompagnent les classes de l’ENF. Les directeurs des établissements scolaires acceptent d’ouvrir les classes de l’ENF et d’impliquer leurs élèves dans des activités parascolaires. L’UNICEF appuie toutes ces actions à travers le MEN avec une assistance technique.

Il n’est pas toujours facile de retenir les enfants dans l’ENF. Malheureusement, il y a un taux de déperdition d’environ 40%. Mais des cas de réussite l’emportent. La classe de l’animatrice Fatiha Sadiq en est l’exemple parfait. Vingt-neuf enfants de sa classe à l’école Omar Ben Abdelaziz au quartier Taqqadum, Rabat étaient prêts en 2012 pour passer l’examen de fin d’année afin d’obtenir le certificat de l’éducation primaire. De ces 29 enfants, 25 ont réussi et ont déjà réintégré le système scolaire au collège. Ahmed (16 ans) en fait partie : « Avant mon père me grondait et me disait d’aller travailler, même si je n’avais pas l’âge de travail, mais maintenant je poursuis mes études en toute liberté », explique-t-il avec fierté.

 

 
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