Présentation du Guide et de l’Etude Violence à l’Egard des Enfants au MarocRabat, le 05 février 2008 Discours de M. Lenin Guzman
Monsieur Le Ministre de la Justice ;
La réalisation de ces deux travaux témoigne encore une fois, de l’engagement, au plus haut niveau, du Maroc pour la promotion et la protection des droits de l’enfant et la mobilisation de tous les acteurs de la société marocaine à travers les différents départements ministériels, les acteurs de la société civile et les organisations internationales. Ces efforts doivent être maintenus et soutenus pour garantir un environnement protecteur à tous les enfants et les chiffres sont là pour nous le rappeler. En effet, la dernière analyse de la situation des enfants au Maroc, réalisée par l’UNICEF sur la base de l’approche fondée sur les droits humains, révèle que près de 05 enfants sur 100 meurent encore avant l’âge de 5 ans ; que le taux d’abandon scolaire est de 6% au niveau du cycle primaire et que d’importants efforts restent à fournir en matière de droit à la participation. En ce qui concerne le droit à la protection, 642.000 enfants travaillent avant l’âge réglementaire ; un million et demi d’enfants en âge scolaire ne vont pas à l’école ; le travail des enfants dans le milieu rural et sous notifié ; le travail domestique n’est pas pris en compte etc. . L’étude qui nous sera présentée ce matin dresse la situation en matière de violence à l’égard des enfants. Elle s’inscrit dans le cadre de l’étude globale sur la violence à l’égard des enfants lancée par le Secrétaire Général des Nations Unies et du volet protection de l’Enfance du plan d’action « pour un Maroc digne de ses enfants 2005-2015 ». Elle dégage un certain nombre de conclusions. La première est que l’incidence réelle et l’évolution des différentes formes de violence à l’égard des enfants reste mal connue d’où l’importance d’activer la mise en place d’un système standardisé d’information et de collecte des données entre les différents intervenants ; d’harmoniser les concepts ; d’instaurer un mécanisme de reporting et de publier un rapport annuel sur la violence à l’égard des enfants. La deuxième conclusion est que la violence à l’égard des enfants est exercée aussi bien dans l’espace privé, c'est-à-dire la famille, que dans l’espace public (dans la rue, à l’école, chez la police, dans les institutions de bienfaisance etc.). Elle serait même perçue comme une méthode éducative d’où l’importance de mener des campagnes d’information et de sensibilisation régulières et permanentes sur les droits de l’enfant. La troisième conclusion est que la violence n’est pas sanctionnée, qu’elle n’est pas dénoncée par les victimes et que les dispositifs mis en place sont peu connus d’où l’importance d’instaurer des mécanismes de recours et d’informer sur ces mécanismes. Le sujet de la violence à l’égard des enfants nous préoccupe profondément tous et le Maroc a démontré depuis plusieurs années sa mobilisation pour contrer ce fléau. Il a d’ailleurs été précurseur dans la région en créant en 1995 l’Observatoire national des droits de l’enfant. Et ces dernières années les travaux de recherche et initiatives relatifs à la protection de l’enfant se sont multipliés. Et je cite à titre d’exemple la mise en place par le ministère de la Santé de plusieurs cellules d’accueil des enfants victimes de violence au niveau des hôpitaux et l’étude réalisée dernièrement par le Ministère de l’Education et qui a permis de lever les tabous sur les violences à l’école et d’élaborer la stratégie de lutte contre ces violences. Ceci, en plus de l’expérience novatrice menée par le ministère du Développement social à travers les Unités de protection de l’enfance. Cependant, beaucoup reste à faire. Je profite de l’occasion qui m’est donnée aujourd’hui pour attirer l’attention de nos partenaires sur l’urgence :
Je vous remercie de votre attention.
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